Rapport entre expériences personnelles des médecins et prescription du dépistage du cancer du sein

Lettre publiée dans le JAMA : résumé par Dr Bour, 11 décembre 2017

Auteur :

Craig Evan Pollack, MD, MHS, Division of General Internal Medicine, Department of Medicine, Johns Hopkins University, Baltimore

Research letter

 

Contexte

 

Les recommandations médicales influencent fortement les décisions des femmes de se soumettre au non au dépistage mammographique.

L’adhésion des médecins aux directives en évolution qui recommandent moins de dépistage au vu des preuves insuffisantes de son efficacité, ne sont pas toujours suivies.

Les cas cliniques rencontrés et les expériences de l’entourage (amis, collègues, membres de la famille diagnostiqués porteurs d’un cancer du sein) sont susceptibles d’affecter le médecin par rapport aux recommandations officielles.

Ces expériences personnelles « anecdotiques » induisent des informations sur le dépistage du cancer du sein dans l’esprit du professionnel de santé, qui peuvent être en totale contradiction avec les évaluations scientifiques, par exemple sur la réelle réduction de mortalité.

Une enquête a été réalisée sur des médecins gynécologues et médecins généralistes pour évaluer si leurs propres expériences personnelles (patientes, collègues, amis, famille) influençaient leurs recommandations vis à vis des patientes sur le dépistage du cancer du sein.

 

Méthode

 

Il s’agit d’une enquête réalisée par voie postale de mai 2016 à septembre 2016 qui a inclus 2000 généralistes, gynécologues, internistes, afin d’examiner leurs pratiques.

On a demandé aux médecins de rapporter en détail leurs expériences vécues en rapport avec ceux de leur réseau social (amis, patients, famille) qui avaient eu un diagnostic de cancer du sein.

Bien que la majorité des médecins interrogés rapportaient les cas de bon pronostic, une large proportion de médecins racontaient les cas à mauvais pronostic, proportion plus large qu’attendu compte tenu des 6% de femmes (chiffre national) souffrant d’une maladie disséminée.

 

Conclusion

 

L’évocation disproportionnée de mauvaises expériences (entendues ou vécues) est conforme à ce qui est relaté dans l’abondante littérature sur le comportement, qui explique comment ce qui est redouté et craint est plus volontiers rappelé, et peut accroître la perception du risque.

La description d’une patiente dont le cancer à évolution défavorable n’a pas été diagnostiqué par la mammographie de dépistage, se trouve associée à un comportement (de la part du praticien) de recommander le dépistage de façon accrue à des femmes de tranches d’âges inappropriées, pour lesquelles les recommandations officielles ne préconisent pas ce dépistage.

Les résultats de l’enquête suggèrent que les praticiens doivent tenir compte de l’influence de leurs propres expériences sur leurs modes de prescription du dépistage. Ceci peut constituer une bonne approche pour l’amélioration de leur adhésion aux révisions des directives sur le dépistage du cancer du sein.

 

 

 

 

 


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