En parallèle dans l’actualité, la faillite du dépistage du cancer colo-rectal

Résumé par Dr C.Bour, 14 octobre 2019

Le dépistage du cancer colo-rectal n'apporte visiblement pas non plus les résultats escomptés, avec le recul dont on dispose à présent.

Une méta-analyse a été publiée dans le BMJ cette année.[1]

 

Il s'agit d'une revue systématique et méta-analyse en réseau portant sur les 3 méthodes de dépistage actuellement proposées, l'analyse immunochimique des selles à la recherche de sang dans les fécès, la sigmoidoscopie et la coloscopie, en comparant avec l’absence de tout dépistage et sur un suivi de 5 ans.

Son objectif était d'évaluer l’efficacité, les méfaits et le fardeau pour les populations d'un dépistage effectué par les analyses de sang dans les selles, la sigmoïdoscopie et la  coloscopie sur une période de 15 ans.
Ses résultats :
Par rapport à l’absence de dépistage, il y a une grande probabilité que le dépistage par sigmoïdoscopie réduise légèrement l’incidence du cancer colorectal et la mortalité. Mais aucun test de dépistage n’a réduit la mortalité ou l’incidence de plus de 6 pour 1000 dépistés sur une période de 15 ans.

Malheureusement, on ne connait pas les effets à long terme sur l’incidence du cancer colorectal et sur la mortalité avec l'utilisation de l' analyse immunochimique des selles ou par la coloscopie.

Surtout aucune technique n'a permis une réduction de la mortalité toutes causes confondues. (Une procédure médicale efficace fait que le retentissement est tel qu'il se ressent sur la mortalité globale ; si la mortalité globale ne chute pas il est aussi envisageable que le dépistage entraîne une possible surmortalité imputable à la procédure elle-même ou aux traitements, ce qui contrebalance négativement l'effet du dépistage.)

Cette méta-analyse a appuyé l’élaboration d’un guide de pratique clinique fondé sur des données probantes, avec des lignes directrices, ce que rapporte la rédactrice en chef du British Medical Journal, Fiona Godlee. [2]

 

Un dépistage fondé sur le risque

 

L’évaluation par un panel international de 22 médecins, infirmières, représentants des patients, et des méthodologistes a abouti à la conclusion que, compte tenu des avantages, des méfaits et des questions sans réponse, les données probantes appuyant le dépistage du cancer colorectal demeurent fragiles et que des recommandations solides ne peuvent être émises pour le moment. La principale directive du comité émettant les recommandations était que toutes les personnes invitées au dépistage du cancer colorectal soient en mesure d’accepter ou de refuser l’invitation en fonction des avantages et des préjudices qu’elles pourraient s’attendre à recevoir du dépistage. Le groupe a également proposé que le dépistage soit recommandé pour les hommes et les femmes présentant un risque cumulatif de cancer colorectal de 3 % ou plus au cours des 15 prochaines années, et que le choix du test soit laissé à la préférence personnelle de l’individu. Le seuil de 3 % représente le risque cumulatif au-delà duquel l’équilibre des avantages et des inconvénients penche en faveur du dépistage.

Un changement radical

 

Cette approche personnalisée et axée sur le risque peut sembler évidente mais représente un changement radical, comme le détaille le Pr Philippe Autier[3], chercheur à l'IRPI (international research and prevention institute) , dans son éditorial lié. [4]

Ces nouvelles recommandations réduiront très probablement la participation au dépistage du cancer colo-rectal. Mais justement à l’avenir, les programmes de dépistage devront être jugés non pas sur l'adhésion de toute une population, mais sur la qualité de la prise de décisions éclairées.

Selon Pr Autier, les recommandations de dépistage qui encouragent les décisions éclairées individuellement contrastent nettement avec les formulations traditionnelles. Les recommandations sur le dépistage du cancer colorectal émises par la plupart des établissements de santé publique véhiculent le message implicite selon lequel, une fois qu’un sujet devient admissible, il devrait participer au dépistage. De plus, le fait de ne pas participer au dépistage mettrait en danger la santé. Dans cette logique, l’objectif primordial des politiques de santé publique est de persuader les gens d’assister au dépistage : ce qui compte, c’est l'adhésion et, pour maximiser cette adhésion, les messages ont tendance à surestimer les avantages du dépistage et à minimiser les conséquences indésirables.[5]
Toujours selon ce chercheur, la prise de décision personnalisée fondée sur le risque individuel présente plusieurs avantages par rapport à l’offre de dépistage à tous les groupes d’âge admissibles au dépistage en question.

  • Premièrement, les caractéristiques et les préférences d’une personne sont priorisées lorsqu’on pense aux avantages et aux inconvénients du dépistage.
  • Deuxièmement, les professionnels de la santé qui ont des contraintes de temps peuvent décider de se concentrer d’abord sur les personnes à risque élevé pour les informer lors de la consultation.
  • Troisièmement, on sait, grâce à des essais randomisés et à des études d’observation, que les personnes admissibles, qui seraient donc candidats de par leur risque pour un dépistage du cancer colo-rectal et qui ne participent pas aux programmes de dépistage, courent un plus grand risque de mourir d’un cancer colorectal.Une approche fondée sur le risque peut particulièrement bien fonctionner pour les personnes qui, autrement, resteraient réfractaires au dépistage.
  • Quatrièmement, le fait d’accorder la priorité aux personnes à risque élevé est susceptible d’optimiser l’efficacité du dépistage tout en réduisant le surdiagnostic chez les personnes à faible risque qui choisissent de ne pas participer.

En conclusion

 

En sachant qu’aucune des 3 méthodes de dépistage du cancer colo-rectal n’est associée à une réduction de la mortalité toutes causes confondues, que toutes les 3 seraient associées à une réduction de la mortalité spécifique par cancer colorectal, l'intention est de passer d’une logique de promotion du dépistage pour tous à celle d’un dépistage proposé aux patients plus à risque (risque de cancer colorectal à 15 ans ≥3%), avec une information loyale, en laissant le patient choisir la méthode de dépistage. La prise de décision éclairée étant essentielle car la priorité est de s’assurer que les adultes admissibles ont bien reçu des informations appropriées et équilibrées sur le dépistage.

En tous cas force est de constater que la plupart des dépistages se sont perdus dans l'arrogance de leurs ambitions... Trop de surdiagnostics, de procédures invasives et lourdes (coloscopies, biopsies etc..), et des résultats décevants. Les dépistages partent d'une bonne intention, sont basés sur des théories fausses et des schémas d'évolution des cancers ne correspondant pas à la réalité, puis se soldent par des échecs couteux, en dommages humains et en fardeaux financiers pour la collectivité.

 

Différences avec l'essai Mypebs pour un dépistage individualisé pour le cancer du sein

 

Une étude pour un dépistage individualisée du cancer du sein était tout à fait séduisante et nous l'appelions de nos voeux.

Un essai randomisé, c'est à dire en attribuant par tirage au sort des femmes dans deux groupes, un "dépistage stratifié sur le risque" versus "pas de dépistage" était, d'un point de vue théorique, tout à fait possible.

On inclurait des femmes sans opinion catégorique sur le dépistage et surtout bien informées sur le but de l'étude. Cette information comporterait une exposition neutre et objective de la balance bénéfice/risques du dépistage actuel, et c'est là où le bât blesse, le dépistage actuel peine à montrer son efficacité avec les dernières études les plus récentes, mais il est toujours présenté dans la brochure Mypebs de façon très optimiste ; ses risques sont fortement minimisés, le surtraitement même absolument pas évoqué du tout.

Ce qu'on pouvait imaginer aussi est de comparer des femmes soumises à un dépistage organisé stratifié sur le risque à des femmes non soumises à un dépistage organisé, mais libres de passer des mammographies à titre individuel. Dans ce cas on ne répondrait pas à la question "le dépistage organisé stratifié fait-il mieux que pas de dépistage du tout ?" mais on répondrait à la question : "le dépistage organisé stratifié fait-il mieux que pas de dépistage organisé ?".

Pour estimer correctement la valeur du surdiagnostic imputable au dépistage du cancer du sein, il faudrait imaginer une étude dédiée, suffisamment longue, avec une cohorte "pure" de femmes sans dépistage, c'est à dire sans contamination du groupe témoin ; en somme refaire l'étude d'Oslo de 2008 faite sur 200 000 femmes, par deux groupes randomisés, l'un dépisté tous les deux ans, l'autre pas du tout..

Malheureusement, pour le cas d'un dépistage individualisé du cancer du sein, la réalisation d'une vraie étude avec un groupe sans dépistage aucun paraît très difficile, même avec une bonne information des femmes, vu le caractère angoissant des messages médicaux, sociaux et médiatiques qui sont infligés aux femmes se soustrayant au dépistage.

 

Biblio

 

[1] Colorectal cancer screening with faecal testing, sigmoidoscopy or colonoscopy: a systematic review and network meta- analysis

Henriette C Jodal, Lise M Helsingen , Joseph C Anderson, Lyubov Lytvyn, Per Olav Vandvik, Louise Emilsson

Jodal HC, et al. BMJ Open 2019;9:e032773. doi:10.1136/bmjopen-2019-032773

[2] BMJ 2019;367:l5931 doi: 10.1136/bmj.l5931 (Published 10 October 2019)

 

[3] Philippe Autier, professeur d'épidémiologie à l'IPRI Lyon (International Prevention Research Institute (iPRI), 95 Cours Lafayette, 69006 Lyon, France; Strathclyde Institute for Global Public Health at iPRI)

 

[4] BMJ 2019;367:l5558 doi: 10.1136/bmj.l5558 (Published 2 October 2019)

 

[5] C'est exactement la situation à laquelle nous assistons pour le dépistage du cancer du sein.

La campagne rose 2019, c’est parti !

24 septembre 2019

Nous ne sommes pas encore en octobre que déjà l'Institut National du Cancer lance sa campagne 2019 :

....en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé, lance aujourd’hui une nouvelle campagne d’information visant à sensibiliser les femmes aux moyens d’agir pour lutter contre les cancers du sein. Centrée sur la prévention et le dépistage, cette campagne nationale a pour principal objectif de leur faire prendre conscience des actions simples et quotidiennes qui s’inscrivent dans la lutte contre ce cancer.  En 2018, près de 59 000 nouveaux cas ont été détectés et plus de 12 100 femmes en sont décédées. (taux inchangés depuis 1996)

Campagne axée sur la prévention primaire

 

Il s'agit cette année de renforcer la prévention primaire en mangeant des melons ("les petits gestes pour prévenir 20 000 cancers"). Bah nous aussi on a utilisé des fruits dans notre communication de 2018.

 

Sans oublier le sacro-saint dépistage

 

Mais L'INCa n'oublie quand-même pas d'inciter à ce très cher dépistage mammographique dont l'utilité est de plus en plus questionnée au fil des études récentes que nous vous décortiquons régulièrement sur le site, au point qu'on essaie d'inventer un nouveau mode de dépistage avec l'étude Mypebs  dont la supercherie vous est détaillée sur notre sous-site dédié.

L'argument sempiternel est que "cinq ans après le diagnostic, 99 femmes sur 100 sont toujours en vie lorsque le cancer du sein est diagnostiqué à un stade précoce".

Merci au "jeune médecin quinquagénaire"

 

Et là nous vous renvoyons à l'excellente analyse du blog d'un "jeune médecin quinquagénaire", et à son article L’INCa et le quotient magique

La pertinence de son analyse contraste avec l'indigence du livret de l'INCa et de son site web, dont nous avions analysé les insuffisances ici : livret et ici : site INCa

Et notre campagne ?

La voilà !

Que voulons-nous faire pour aider les femmes ?

  • D’abord les informer.
  • Les inciter à revendiquer cette information sur la balance benefice/risques. auprès des autorités et des professionnels de santé.
  • Les  éloigner des messages incitatifs.
  • Leur faire comprendre qu’elles ne peuvent espérer une guérison meilleure en se soumettant à un dispositif qui ne prouve toujours pas son efficacité.
  • Leur faire comprendre qu’à l’inverse elles peuvent connaitre une maladie qu’elles n’auraient pas eue sans le dépistage.
  • Faire comprendre que le dépistage ne change rien, ni pour un cancer grave, ni dans le cas d’un cancer peu agressif. Il faut reprendre la recherche fondamentale sur l'histoire naturelle du cancer.

Le dépistage mammographique comporte des risques, n'apporte pas le bénéfice qu'on en attendait ; la détection dite précoce n'est pas un bénéfice universel !

Retours presse, livre « dépistage du cancer du sein, la grande illusion »

 

Voici les relais presse présentant le livre de Dr B.Duperray, "dépistage du cancer du sein, la grande illusion", aux éditions Th.Souccar.

 

 

Deux livres d’éminents spécialistes du dépistage et du surdiagnostic parus !

Deux livres d'importance voient le jour simultanément.

En France celui de Bernard Duperray :

 

Dépister pour mieux guérir : un leurre.

Telle est la conviction de nombreux scientifiques et le Dr Bernard Duperray explique brillamment pourquoi dans ce livre. Depuis 2004, les autorités sanitaires invitent toutes les femmes (de 50 ans à 74 ans) à effectuer une mammographie tous les 2 ans. Objectif : diagnostiquer les cancers du sein précocement afin de réduire la mortalité ainsi que la lourdeur des traitements. Après quinze ans de dépistage, le constat est sans appel : le cancer du sein est diagnostiqué de plus en plus tôt, on découvre des tumeurs de plus en plus petites et pourtant le dépistage n’a réduit ni la mortalité, ni le nombre de formes avancées, ni la lourdeur des traitements. Le dépistage ne permet pas de moins mourir du cancer du sein. Après plus de quarante années consacrées au diagnostic du cancer du sein, le Dr Bernard Duperray arrive à la conclusion que le dépistage comme pratique de santé publique est une grave erreur dont les femmes sont les premières victimes. Pourquoi le dépistage fait plus de mal que de bien ? Parce qu’il génère du surdiagnostic. Le dépistage fabrique de la « maladie ». Il révèle des cancers qui ne se seraient pas manifestés sans lui. En clair, plus on cherche et plus on trouve. Ce surdiagnostic, aujourd’hui massif en France, est lourd de conséquences car il est à l’origine de surtraitements inutiles. Non seulement le surdiagnostic précipite des milliers de femmes bien portantes dans un état pathologique imaginaire terrifiant mais il entraîne des traitements qui, par leur nature et l’intensité de leurs effets secondaires, sont intolérables chez des femmes qui n’en ont pas besoin.

 

Le second ouvrage voit le jour au Royaume Uni, il est écrit par Pr. Michaël Baum, professeur émérite de chirurgie, oncologue britannique spécialisé dans le traitement du cancer du sein, sous le titre "histoire et mystère du cancer du sein".

Description du livre

Le cancer du sein et son traitement constituent un problème terriblement complexe qui implique toutes les intrications du corps humain, l'anatomie anatomique et microscopique du sein, le système endocrinien et le métabolisme osseux, ainsi que la nature de la transformation maligne. Même les experts ont encore des incertitudes. Cependant, les spécialistes ont maintenant l'obligation légale et éthique de partager leurs incertitudes avec leurs patients lorsque nous recherchons un consentement éclairé lors de procédures invasives. Les rumeurs obsessionnelles sur la menace du cancer du sein signifient que peu de citoyens non-initiés savent que le cancer du sein a disparu des sept principales causes de décès chez les femmes. Les traitements du cancer du sein peuvent augmenter le risque de décès par maladie cardio-vasculaire, tandis que, d'autre part, refuser la thérapie de substitution hormonale aux femmes de cette tranche d’âge en raison de la crainte injustifiée du cancer du sein peut altérer leur qualité de vie, leur fonction cognitive et leur densité minérale osseuse. La considération de l'ensemble ' santé de la femme et son attente en matière de qualité de vie' doit toujours l'emporter sur les fanatiques de la pensée unique, qui ne voient la femme que comme la somme de ses deux seins.

C’est plus qu’un livre d’entraide, mais il doit également être considéré comme une introduction à l’histoire et au mystère du cancer du sein, depuis l’époque des anciens Égyptiens jusqu’à l’ère moderne, ainsi que comme un espoir pour l’avenir.

Et ailleurs ?

A la suite de la concertation citoyenne et scientifique sur le dépistage où l'arrêt du dépistage du cancer du sein était demandé par les citoyennes, la France n'a effectué aucun changement de pratique. Après deux ministres de la santé que se sont succédées, on n'assiste qu'à des ajustements cosmétiques (un livret, un site internet), sans réelle amélioration de l'information des femmes sur les risques d'y participer, et sans remise en cause de l'utilité du dispositif, sans proposition d'aide à la décision aux femmes.

Que fait-on dans d'autres pays ?

 

A- les recommandations

 

  • Etats Unis, American College of Physicians

 

https://cancer-rose.fr/2019/04/09/note-dorientation-de-lacp-american-college-of-physicians/

 

  • Canada

https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2019/03/180463-guide-FR_Dec6_FINAL.pdf

 

  • Australie

https://cancer-rose.fr/2018/10/15/un-plan-daction-national-contre-le-surdiagnostic-en-australie/

 

  • Suisse

https://cancer-rose.fr/2016/11/13/cancer-du-sein-recommandations-suisses/

https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2016/11/Swiss-Medical-Board.pdf

 

  • Europe

https://cancer-rose.fr/2019/02/09/les-recommandations-europeennes/

 

  • France

https://cancer-rose.fr/2019/01/03/quen-est-il-des-recommandations-de-la-haute-autorite-de-sante/

 

 

B- L'information donnée aux femmes

 

  • Royaume Uni

http://www.uhs.nhs.uk/Media/SUHTInternet/Services/BreastImagingUnit/NHS-Breast-Screening---helping-you-decide.pdf

  • Allemagne

https://cancer-rose.fr/2016/11/13/cancer-du-sein-exemple-de-lallemagne/

brochures :

IQWiG_Auf_den_Punkt_gebracht

Brochure de  L'IQWiG, Institut für Qualität und Wirtschaftlichkeit im Gesundheitswesen ; c'est un organisme allemand chargé d'évaluer la qualité et l'efficacité des traitements médicaux .

BrustkrebsFrueh_Internet

Exemple d'une brochure d'information d'une caisse fédérale allemande. Il en existe ainsi plusieurs.

  • Australie

brochure australienne copie

  • Belgique

https://kce.fgov.be/fr/publication/report/dépistage-du-cancer-du-sein-messages-en-support-d’un-choix-informé – .VQa0tPmG_6J

  • Harding Center

https://www.harding-center.mpg.de/en/fact-boxes/early-detection-of-cancer/breast-cancer-early-detection

 

  • Collaboration Cochrane (collectif indépendant nordique)

https://www.cochrane.org/CD001877/BREASTCA_screening-for-breast-cancer-with-mammography

 

  • Canada

https://www.crfht.ca/files/2613/7787/4862/Renseignements_sur_la_mammographie-fra.pdf

 

C- Prises de positions critiques (articles, documentaires)

 

  • Patti Chiari : c'est revue hebdomadaire d'information sur les droits des citoyens et des consommateurs, de la télévision publique suisse italienne RSI

https://www.rsi.ch/la1/programmi/informazione/patti-chiari/Inchieste/inchieste-andate-in-onda/Mammografia-serve-davvero-11683454.html

Synthèse en français ici : https://cancer-rose.fr/2019/04/29/emission-tele-sur-lenjeu-du-depistage-par-la-revue-dinformation-italophone-patti-chiari/

  • Royaume Uni

Coût de l’extension de la fourchette d’âge du dépistage du cancer du sein du NHS en Angleterre

https://cancer-rose.fr/2019/04/10/3924-2/

Lettre de Pr.Michael Baum

https://cancer-rose.fr/2019/03/25/lettre-de-michael-baum-the-times/

 

  • Articles de Vinay Prasad

https://mdedge-files-live.s3.us-east-2.amazonaws.com/files/s3fs-public/issues/articles/kim_cancerscreening.pdf

https://pdfs.semanticscholar.org/a85e/a6882916c171564738b1c9db456c1e774b6d.pdf

Lire aussi nos synthèses :

 https://cancer-rose.fr/2019/03/15/retours-et-considerations-sur-les-programmes-de-depistages/

 

https://cancer-rose.fr/2019/01/23/de-la-pertinence-des-depistages-de-nos-jours-a-propos-de-deux-articles/

 

  • Allemagne

https://www.aerzteblatt.de/nachrichten/87593/Ueberdiagnosen-bei-Screeningprogrammen-oft-unterschaetzt

  • Norvège, éditorial de Mette Kalager,

https://www.bmj.com/content/359/bmj.j5625.full

Dans les "responses" commentaire de Hazel Thornton citant dans ses références l'étude de P.Autier sur les Pays Bas ainsi que notre étude sur les mastectomies (https://www.bmj.com/content/359/bmj.j5625/rapid-responses )

  • France

cliquez sur "regardez sur Viméo"

 

 

  • Belgique

Rapport sur les estimations nationales d’incidence et mortalité par cancer entre 1990 et 2018

9 juillet 2019

Dr C.Bour

Le rapport de l’ Institut National Du Cancer et de Santé Publique France, "Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018", publié ce mois de juillet 2019, allègue l'utilisation d'une méthodologie différente, avec estimations à partir des registres du réseau FRANCIM.

L'incidence et la mortalité par cancer sont évaluées, sur des données provenant de registres qui couvrent entre 19 et 22 départements selon le cancer étudié.

Conclusions générales du rapport

La conclusion générale est celle d'une augmentation, depuis 1990, de l'incidence des cancers (nombre de nouveaux cas), dont 45 % est attribuable, chez la femme, au risque de cancer, contre 6 % seulement chez l’homme ; ce chiffre est indépendant du  risque de cancer imputable au vieillissement de la population. La mortalité, dans sa part attribuable au cancer, a enregistré une baisse relative, moindre chez la femme que chez l'homme.

Chez l’homme  on constate une diminution de l’incidence et de la mortalité pour deux des trois cancers les plus fréquents (de la prostate et cancer colorectal), et une diminution de l’incidence ainsi que de la mortalité de cancers liés à l’alcoolisme et au tabagisme (lèvre, bouche, pharynx, larynx, oesophage).

Les résultats seraient en faveur d'une stabilité de l’incidence du cancer du poumon chez l’homme mais d'une augmentation préoccupante chez la femme, liée, selon le rapport, au tabagisme féminin.

Pour le cancer du sein, le rapport énonce la constatation suivante : "Cette étude, contrairement à la précédente qui montrait une baisse puis une stabilisation de l’incidence entre 2005 et 2010, met en évidence une poursuite de l’augmentation de l’incidence de ce cancer durant les années plus proches. Cette hausse est décrite pour toutes les classes d’âge, excepté pour les femmes âgées de 60 ans."

 

Décryptage et remarques

 

1°Nous ne disposons pas en France de registre national du cancer.

Les conditions de vie, environnementales, la composition des populations sont inhomogènes à travers les départements français.

Il est toujours compliqué de différencier la partie augmentation 'vraie' des cancers de ce qui relève des cancers radio-induits, des carcinogènes environnementaux etc.., difficulté à laquelle se rajoute l'imperfection des techniques d'ajustement sur l'âge. Il faut donc se garder de conclure hâtivement et de se rendre ridicule en parlant de " finesse d’interprétation venant renforcer considérablement la connaissance épidémiologique de ces pathologies" dont certains médias se font l'écho enthousiaste. La situation est bien plus complexe.

 

2° Le standard choisi

Le standard utilisé est le 'standard monde', celui qui est généralement le plus utilisé et le plus universellement appliqué, préconisé par l'ONU. Mais ce n'est pas le mieux adapté pour une population européenne.

Qu'est-ce qu'un standard, et pourquoi ?

Le taux de décès annuel est un reflet de ce qu'il se passe pour une population mais doit être corrigés du fait des variations démographiques et du vieillissement de la population. C'est ce qu'on appelle la standardisation, ce qui donne un résultat plus litigieux, car plus approximatif.

Le taux monde utilisé le plus souvent par les instituts s'appuie sur une population dont la structure ne correspond pas à la population européenne, laquelle est habituellement plus vieille. Avec le taux monde, on donne massivement un poids prépondérant aux classes jeunes, ce qui tend à minimiser les taux de mortalités dans un pays comme la France. De plus, la standardisation selon les classes d'âge est sujette à critique car les variations de mortalité peuvent ne pas être uniformes pour chaque âge à l'intérieur de la tranche considérée.

Ainsi selon le standard choisi, le taux pour une même population apparaît plus ou moins élevé. Les taux de mortalité 'monde' basés sur une population plus jeune sont plus bas que les taux européens avec une population plus âgée.

 

3°taux standardisés et taux bruts

Actuellement, selon le rapport de 2019, la diminution de la mortalité entre 1990 et 2018 serait de -1,3 % par an et constante sur toute la période d’étude. En examinant le tableau 2 page 11, on voit notamment que la "constance" de la baisse est toute relative puisque de -1.3% par an de 1990 à 2018, et de -1.6% par an de 2010 à 2018 (avec des intervalles de confiance qui se recouvrent à peine ; autrement dit, la différence entre -1.3 et -1.6 est très probablement à la limite de la non-significativité).

Mais admettons que la mortalité baisse de manière constante, cela signifie alors que cette diminution a une cause qui est elle-même restée constante, et que la généralisation du dépistage n'a eu aucun effet sur la mortalité, puisque sinon on constaterait une décroissance bien plus importante, le dépistage étant actif depuis 20 ans. En réalité En France la décroissance de la mortalité par cancer du sein a commencé bien avant 2005 (vers les années 1993) et ne s'est pas accélérée après 2004. Cette décroissance a donc probablement une autre origine que le dépistage. Ce fait est constaté aussi dans d'autres pays.

Ce qui est vrai en revanche, c'est que les taux bruts de mortalité (11000 à 12000 décès par cancer du sein par an) et que les taux des cancers graves n'ont, eux, pas chuté.

 

Interprétations....et "omissions"

 

En page 4 du rapport on nous explique :

"Une augmentation du taux d’incidence peut s’accompagner d’une diminution du taux de mortalité si des progrès thérapeutiques sont réalisés et/ou la proportion des cas diagnostiqués à un stade avancé diminue."

Etonnamment pour un même phénomène les mêmes explications ne sont pas invoquées.

Page 5et 6, concernant la thyroïde :

"L'augmentation du taux d'incidence.....majoritairement expliquée par l’évolution des pratiques médicales et l’amélioration des techniques diagnostiques, qui tendent à induire un surdiagnostic de ces cancers."

"Pour le cancer de la thyroïde, la mortalité, déjà très faible pour ce cancer, est en recul constant. Cette augmentation de l’incidence est liée à celle des cancers papillaires, type histologique de très bon pronostic, qui contribuent à cette différence d’évolution entre incidence et mortalité ."

Pour le sein on a aussi un recul de la mortalité et une augmentation de l'incidence, mais là, l'explication donnée est :

"la diminution de la mortalité entre 1990 et 2018 (-1,3 % par an) est constante sur toute la période d’étude. Elle est liée à des avancées thérapeutiques majeures et à des diagnostics réalisés à un stade plus précoce (meilleure sensibilisation des femmes et des professionnels, amélioration des techniques d’imagerie diagnostiques et des pratiques de dépistage)."

Pourquoi pour le sein on n'invoque pas la même raison, à savoir que la différence d'évolution entre l'incidence, en augmentation, et la mortalité, en diminution, pourrait être due à l'augmentation de cancers qui ne tueraient pas ? Dans les explications de la diminution de mortalité alors que l'incidence augmente, on peut évoquer les avancées thérapeutiques, un diagnostic plus précoce, mais aussi les surdiagnostics, phénomène inhérent à tous les dépistages. La proportion, la part des cancers avancés diminue en raison de leur dilution dans un excès de diagnostics, mais pas leurs taux bruts. Cet "oubli" de la mention des surdiagnostics dans le cas du cancer du sein ne peut être dû au hasard, alors qu'il est mentionné dans le rapport pour des cancers subissant des évolutions analogues.

Autre remarque concernant le cancer du poumon cette fois ; son incidence augmente chez les femmes, le tabagisme est mis en cause, en effet le facteur de risque le plus évidemment relié au cancer du poumon est l'intoxication tabagique. Mais on risque là aussi, avec des conclusions hâtives et simplistes, de négliger d'autres facteurs, comme le surdiagnostic du cancer du sein responsable de surtraitements par radiothérapies, avec irradiation des poumons, induisant un sur-risque de cancers secondaires radio-induits. Ces cancers secondaires sont certainement sous-estimés, et cette cause nulle part évoqués dans le rapport. Parce que marginale ? Cela reste bien à prouver....

 

Conclusion

 

En pratique, l'affirmation d'une baisse constante de la mortalité mériterait d'être étayée par une analyse plus rigoureuse.

L'augmentation de l'incidence des cancers dépend de l'évolution "vraie" de l'incidence mais très certainement tout autant des effets du dépistage (l'avance au diagnostic, puis la compensation ultérieure de l'avance au diagnostic avec stabilisation de l'incidence et puis ensuite, au fur et à mesure de la poursuite du dépistage, la multiplication des surdiagnostics).

Tous ces éléments interviennent à des degrés variables, et variables dans le temps, selon les tranches d'âge (avec des interférences entre les tranches), aboutissant à une situation extrêmement complexe dont l'analyse demande l'intégration de nombreux paramètres et de nombreuses observations dans un long laps de temps.

Ce qui serait très intéressant en revanche, ce serait de suivre l’évolution des taux standardisés de mortalité depuis les années 60 en les rapportant à l’influence de certains facteurs qui émergent : le dépistage, les traitements avec à chaque fois le rapport bénéfice/ risque, les évènements intercurrents comme les traitements hormonaux substitutifs utilisés puis abandonnés, l'irradiation médicale, pas uniquement par la mammo, les paramètres nouveaux dans notre l’environnement et notre mode de vie.

Plus intéressant, et ce qui ne se résumera pas en quelques tableaux simplistes avec des barres colorées qui rendent enthousiastes nos instituts....

 

 

 

Radiotoxicité et dépistage de cancer du sein : prudence, prudence, prudence…

 

Dr Annette LEXA (PhD Toxicologie)

2 juillet 2019

 

En octobre 2017, je publiais sur ce site un texte informatif sur le risque lié à la radiotoxicité[1], expliquant que 15 années de travaux  de recherche du Groupe de radiobiologie de l’UMR 1052 INSERM (unité mixte de recherche au sein de l’Institut National de la santé et de la recherche médicale, Lyon) démontraient que nous ne sommes pas égaux devant les radiations. Cette question n’est d’ailleurs pas nouvelle dans les milieux autorisés, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) s’en inquiétait déjà en 2003, appelant à l’étude et à la protection des populations à risque « en faisant évoluer les pratiques médicales vis-à-vis des rayonnements ionisants et par le biais d’une éventuelle évolution de la règlementation. » 
.

Nous sommes en 2019, les preuves s’amoncellent et rien ne bouge. La principale raison est le manque de transversalité disciplinaire : si les radiothérapeutes et les radiophysiciens sont des collaborateurs quotidiens, les radiobiologistes sont rares et moins intégrés dans les choix thérapeutiques. Alors que les radiothérapeutes incriminent des problèmes de doses physiques reçues, ce sont  des causes biologiques qui éclairent les réactions dramatiques des patients, forçant à arrêter la radiothérapie pourtant nécessaire.

 

Il faut savoir que le contexte réglementaire actuel[2], issu des modifications du Code du travail et du Code de la santé publique introduites en 2002-2003, est basé en particulier sur le suivi des 120 000 survivants d’Hiroshima-Nagasaki. Nous sommes désormais face à un changement de paradigme qui est en train de bouleverser notre vision des événements radioinduits. Les partisans de l’hubris autour du dépistage précoce de cancers n’ont pas pensé un seul instant à ce changement de paradigme : les dépistages précoces vont induire encore plus d’imageries médicales, de surdiagnostics, de surtraitements, de cancers radioinduits chez les femmes jeunes et en bonne santé.

Ce nouveau paradigme doit impérativement être intégré dans la réglementation, dans les bonnes pratiques médicales, dans les campagnes de dépistage des populations ainsi que dans toutes les études cliniques et épidémiologiques (comme cette vaste étude européenne My PEBs, enrôlant, sans la moindre précaution, sans information ni consentement éclairé sur ce sujet, des femmes dès 40 ans[3] . Ce n’est même plus une question de principe de précaution, c’est une question de prévention car on ne peut plus dire « nous ne savions pas ».

 

Les mécanismes en cause

 

Les radiations induisent des effets chromosomiques se traduisant par des anomalies bien connues (micronoyau, translocation, insertion) qui sont la manifestation de cassures double brin (CDB) d’ADN mal réparées. La mauvaise réparation des CDB est l’évènement le plus grave que peut subir la double hélice d’ADN.

 

Pour une même dose de radiation absorbée, nos cellules subissent 40 CDB / Gy (le Gray est l’unité de mesure utilisée en médecine pour quantifier l’irradiation). Mais il existe déjà des CBD à 1mGy et l’effet est significatif aux alentours de 100-300 mGy, on parle alors d’hyper-radiosensibilité aux faibles doses. C’est la persistance de lésions non réparées qui compte et c‘est sur la signalisation et la réparation de notre ADN que nous ne sommes pas tous égaux devant les radiations.

 

Chez l’homme, il existe 2 modes de réparation des CDB : la suture (prédominante) et la recombinaison . C’est le modèle de la chaussette trouée, expliquée par Nicolas Foray : soit on rapproche les 2 morceaux et on les lie entre eux (suture), soit on fait un rapiéçage quand le trou est trop grand, comme le faisaient nos grand mères (recombinaison). Le modèle de réparation par suture est source d’erreurs pouvant conduire à une forte radiosensibilité et une immunodéficience sévère. Le modèle de réparation par recombinaisons produit forcément dans d’autres régions de l’ADN des cassures, puisqu’il faut prélever un morceau  d’ADN pour réparer la première cassure, entraînant ainsi des lésions d’ADN en chaîne.

 

Il existe tout une catégorie de protéines dites ‘suppresseurs de tumeurs’ qui sont impliquées dans la signalisation et la réparation de l’ADN. Elles fonctionnent bien chez les individus homozygotes[4] pour ces protéines comme BRCA1, BRC12, p53, Rb…

 

– Les mutations hétérozygotes BRCA1+/- de la protéine BRCA1, responsables de la majorité des cancers familiaux du sein et de l’ovaire, augmentent d’un facteur 6 à 10 le risque de cancer. BRCA1 est très liée à la protéine ATM[5]  intervenant dans la signalisation des CDB et seraient indispensable à l’action de la protéine Rad51[6] impliquée dans la réparation par recombinaison de l’ADN.

– Les mutations hétérozygote BRCA2 +/- sont impliquées dans le cancer de l’ovaire et du sein mâle. La protéine BRCA2 interagit avec la protéine RAD51 pour la réparation de l’ADN

 

– Une surexpression de la protéine Rad51 induit des hyper-recombinaisons, source de forte instabilité génétique conduisant à des processus tumoraux. Nous ssavons désormais que les personnes radiosusceptibles font des excès d’hyper-recombinaisons conduisant à des cancers radioinduits.

 

 

Les travaux  du Groupe de radiobiologie a mis en évidence 3 groupes de populations en fonction de leur résistance aux radiations :

 

– Radioresistant (Groupe I)75-85% de la population  : protéine cytoplasmique ATM sous forme dimère, très bonne reconnaissance des CDB , pas de prédisposition au cancer.

 

– Radiosensibilité modérée (Groupe II) 5-20% de la population : transit de la protéine ATM  dans le noyau retardé, mauvaise reconnaissance des CDB, mauvaise réparation, radiosensibilité modérée, haut risque de cancer.

 

– Hyper radiosensibilité  (Groupe ) >1% de la population : mutation de la protéine ATM, mauvaise reconnaissances des CDB, mauvaise réparation, hyper-radiosensibilité, haut risque de cancer.

 

 

La radiosensibilité de l’ADN aux faibles doses de rayonnements ionisants

 

On sait déjà que le sein est un organe radiosensible. La mammographie, par la réalisation de clichés successifs, entraîne la répétition de faibles doses 2 mGy envoyées à 3 minutes d’intervalle. Ces radiations vont induire chez certaines femmes une réaction tissulaire : apoptose[7] cellulaire, cassures de l’ADN double brin (CDB) avec des défauts de réparation tardifs pouvant induire soit un cancer secondaire à partir de cellules mal réparées, soit la mort cellulaire. Lorsque les mécanismes de contrôle sont efficaces, la mort cellulaire est plus probable que sa transformation en lignée de cellules cancéreuses immortelles.

 

Cette radiosensiblité est connue depuis longtemps en radiothérapie, ses effets attendus tardifs, durables et très difficiles à soigner (brûlure, nécrose, fibrose, apoptoses) touchent 5-15% des patients traités pour des cancers (8000-25000 personnes par an).

 

Une radiosensibilité extrême existe dans plusieurs syndromes de déficience génétique rare (ataxie telangiectasie, progeria, xeroderma pigmentosum, chorée de Huntington, anémie de Fanconi , Syndrome de Li-Fraumeni…) : les malades, homozygotes pour les gènes impliqués ne sont pas en mesure de supporter les doses utilisées en imagerie médicale. Si ces cas sont rares mais décelables, il se pourrait que dans la population générale on observe un grand nombre d’hétérozygotes, source d’ instabilité génomique chez ces porteurs et posant des problèmes lors de radiothérapies et d’imageries médicales répétées.

 

La radiosusceptibilité signe une prédisposition aux cancers radioinduits même à faibles doses.

 

L’effet est aléatoire, probabiliste et il va concerner 5% des patients ayant reçu une radiothérapie. Ils développeront avec une probabilité importante un cancer radio-induit secondaire, sachant que ces patients porteurs de cancers sont déjà plus radiosensibles que la majorité de la population .

 

Cette radiosusceptibilité est majorée en condition mammographique  (clichés délivrant 2+2 mGy  espacés de 3 minutes avec répétitions immédiates empêchant les génomes mutés de mettre en place une signalisation et une réparation efficace). Les femmes à haut risque familial de cancer du sein (15% des cas de cancer du sein) présentent des défaut de signalisation et de réparation de leur ADN : c’est la cas de la protéine BRCA1 qui est au cœur des complexes formés pour réparer les CDB de l’ADN.  Or les femmes porteuses d’une mutation de ce gène devenu ainsi défectueux, donc plus enclines à développer des cancers faute de réparation correcte de leur ADN, sont incitées à s’engager précocément dans une surveillance rapprochée, cumulant les mammographies voire les tomographies, certains médecins – ignorant tout de la radiosusceptibilité – exigent d’elles des examens tous les 6 mois ou tous les ans, alors que la plus grande prudence devrait être de mise : espacement d’au moins ½h à 1 h des clichés (50% des CDB  sont réparées normalement en 50 minutes), éviter les produits de contraste et les rayons X.

 

 

L’heure du bilan

 

Ces connaissances impliquent une nouvelle stratégie de dépistage chez les femmes à haut risque familial (comme ne faire qu’un seul cliché mammographique, proposer des IRM et des échographie ne  délivrant pas de rayonnement ionisant) . Elle remettent également en cause le maintien d’un dépistage organisé tel qu’il est détaillé dans la Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, version consolidée au 16 avril 2019. Personne n’a jamais songé à interroger les spécialistes de la radiobiologie française sur ce « point de détail ».

Des travaux actuels se poursuivent pour la validation de tests prédictifs de la radiosensibilité avant toute radiothérapie.

En attendant que des tests prédictifs faciles et peu coûteux soient disponibles et remboursés pour toutes les dizaines de millions de femmes, jeunes et moins jeunes, mais surtout saines, enrôlées dans des dépistages mammographiques, ces connaissances des causes biologiques de la radiosensibilité et de la radiosusceptibilité exigent, et ce au nom du principe de précaution, que le projet d’extension de la surveillance mammographique des jeunes femmes soit arrêté. Les radiologues, gynécologues et oncologues doivent être informés des risques de cancers radioinduits qu’ils font prendre à leurs patientes avec ce malheureux «dépistage qui sauve des vies ». Ne dit on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ? Ne dit on pas aussi que « l’erreur est humaine, l’entêtement (par arrogance) est diabolique ? ».

 

Lire aussi, dans l’actualité :

  1. Les mises en garde de l’Académie de Médecine, le risque lié aux examens d’imagerie doit être mis en balance avec les risques de la maladie elle-même.

http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2016/12/16.11.15-DUBOUSSET-rapport-v-16.12.8-AK.pdf

page 8 et 9

L’incidence de Cancers (sein et endomètre) est multipliée par 5 pour les adolescentes traitées pour scoliose 25 ans auparavant (avec une moyenne de 16 radiographies par dossier) dans une étude danoise de 2016 (26). Ces travaux ont abouti à la recommandation de faire ces clichés selon une incidence postéro–antérieure plutôt que l’inverse, de façon à moins exposer la glande mammaire. Les nouveaux systèmes, hélas insuffisamment répandus (EOS)(15), permettent une réduction de dose d’un facteur 6 à 40 par rapport aux radiographies conventionnelles. Le suivi complet d’une scoliose peut donc être effectué pour l’équivalent d’une seule radiographie conventionnelle. Une fois le diagnostic précisé sur la radiographie initiale, la meilleure protection est de suivre cette scoliose à l’aide de moyens non irradiant comme le scoliomètre, ou des systèmes de topographie de surface (27), un contrôle par rayons X n’étant effectué que si l’on constate un changement significatif de la topographie de surface. c) L’Incidence des cancers à l’âge adulte serait augmentée
.
Certaines populations ont une radiosensibilité particulière liée à des troubles de la réparation de l’ADN (30,31). A l’évidence, le risque lié aux examens d’imagerie doit être mis en balance avec les risques de la maladie elle-même (p.ex. la mucoviscidose) et l’utilisation de techniques non irradiantes (IRM, échographie) doit être systématiquement privilégiée si possible

 

  1. https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/les-nouveaux-cas-de-cancers-en-hausse-surtout-chez-les-femmes-1562060451

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/07/02/les-nouveaux-cas-de-cancer-en-forte-hausse-en-france_5484200_1650684.html

Pas de réduction des cancers du sein malgré dépistage, augmentation des cancers du poumon chez les femmes.  Nous nous interrogeons sur la part de ces cancers du poumon chez les femmes imputables aux surdiagnostics et ainsi secondaires aux surtraitements par radiothérapies inutiles.

 

Bibliographie

 

Radiosensibilité et irradiation mammaire, Toxicité des polluants et cancers du sein , Nicolas Foray, Unité UA8 Radiations Défense, Santé et Environnement, Groupement de Recherche sur les Radiations de Lyon (GRRAL) , 2019, Communication personnelle à Cancer Rose

https://its.aviesan.fr/getlibrarypublicfile.php/cd704e89988a4e3bcf2e1217566876cf/inserm/_/collection_library/201800012/0001/J1-098ITS-2017.foray.lyon.ITMO.TS..21.nov.2017.pdf.pdf

 

La susceptibilité individuelle aux rayonnements ionisants, Pr. Michel Bourguignon Commissaire ASN, 2014

https://www.irsn.fr/GT-CIPR/Documents/15-05-2014/GT-CIPR_15-05-2014_3-Bourguignon.pdf

 

La radio-susceptibilité individuelle: 3 défis et une vision pour la radioprotection, Pr Michel Bourguignon, ASN, 2015

http://reseau-ramip.fr/wa_files/06-TOULOUSE_20RaMiP_20RSI_20-_204_20Dec_202015_20__5BMode_20de_20compatibilit_C3_A9_5D.pdf

 

Impact du transit cytonucléaire de la protéine ATM en réponse aux radiations ionisantes : notions de pro- et anti-episkévie,  Melanie Ferlazzo, Thèse de doctorat de l’Université de lyon, 2017

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01588173/file/TH2017FERLAZZOMELANIE.pdf

 

 

[1]              Test prédictif des réactions à la radiothérapie : des femmes en grand danger, Annette LExa, 2017 .

                  https://www.cancer-rose.fr/test-predictif-des-reactions-a-la-radiotherapie-des-femmes-en-grand-danger/

[2]              La Directive 2013/59/Euratom du Conseil du 5 décembre 2013 fixe les normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisants. Une directive regroupe les directives de 1989 à 2003

 

[3]              http://mypebs.cancer-rose.fr/

[4]  Les homozygotes ont 2 allèles parentaux fonctionnels comme BRCA1 +/+ par exemple. Les porteur hétérozygotes BRCA +/- ont un allèle muté déficient entraînant une moins bonne signalisation des cassures et donc une moins bonne réparation.

[5] La protéine cytoplasmique ATM, est une dimère ayant une fonction de signal pour stimuler la réparation ADN- Voir l’importance du transit de cette proteine dans le mécanisme de signalisation pour la réparation des cassures doubles brins  :https://www.cancer-rose.fr/test-predictif-des-reactions-a-la-radiotherapie-des-femmes-en-grand-danger/

[6] Chez l’homme, la protéine RAD51 joue un rôle essentiel dans la recombinaison  lors de la réparation de l’ADN à la suite de cassures doubles brins.

 

[7] L’apoptose ou mort cellulaire programmée est le processus par lequel des cellules déclenchent leur auto-destruction en réponse à un signal

 

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Un livre :  » dépistage du cancer du sein, la grande illusion « 

DÉPISTAGE DU CANCER DU SEIN : LA GRANDE ILLUSION Dr Bernard Duperray
Parution 29 août 2019

«Le dépistage du cancer du sein ou l’art de rendre malades des femmes bien portantes et de donner l’illusion de les avoir guéries.» Dr Bernard Duperray

Lecteur, je te préviens, si tu veux aller à la Vérité comme la flèche à la cible, ne lis pas.

Si tu veux connaître l'ivresse de la certitude, n'ouvre pas ces pages. Si tu vises la divine satisfaction d'être conforté dans tes convictions par des affirmations, passe ton chemin.

Mais si la réflexion contre-intuitive te fait crever de bonheur, si le raisonnement à rebours du dogme t'émoustille, alors vas-y.

Cet ouvrage est une légitime défense contre la sottise de théories figées sur le cancer du sein et son dépistage qu'on a cru gravées dans le marbre.

Tout d'abord, lecteur, il te faudra du courage, car toutes tes croyances englouties de force dans la fureur des campagnes médiatiques terrorisantes et la coercition de thuriféraires du dépistage, sclérosés et pétris de convictions, vont être mises à mal.

Non, diagnostiquer plus tôt ne fait pas guérir mieux, non le dépistage ne sauve pas la vie, non il ne fait pas moins mourir, non on ne sera pas moins gravement malade et non on ne sera pas moins sévèrement traité. Désolée ô lecteur bien aimé.

Attends-toi à l'inattendu! Tu rencontreras un invité surprise, le surdiagnostic, cet indésirable, cet inutile cancer détecté qui se gave du dépistage et fait se gonfler de fierté les autorités sanitaires dans d'apparents succès.

Tu découvriras que plus on cherche, plus on trouve, et le plus souvent des choses dont on ne sait que faire, qui ne feront pas te porter mieux. On n'a pas trouvé ce qu'on attendait mais on a trouvé ce qu'on n'attendait pas : pas de victoire espérée sur les décès, mais un bourbier imprévu de vaines sur-détections.

Ici, il s'agit de tout balayer, de repenser à contre-courant, de questionner : Qu'est-ce qu'un cancer? Quelle est sa définition ? A partir de quand est-on malade ? Où est la maladie mortelle et où l'anodine, qu'il ne faut pas détecter ? Peux-tu vivre avec un cancer sans le débusquer à tout prix ? Serait-ce même mieux pour toi ? Le cancer surdiagnostiqué et la maladie cancéreuse évolutive sont-ils deux maladies différentes, ou deux expressions différentes d'interactions entre toi, l'hôte, et un processus pathologique qui t'atteint?

Si tu as le courage, lecteur, d'abandonner la vision mécaniciste de l'évolution cancéreuse unidirectionnelle, opportunément rabâchée pendant les précédentes décennies par l'église de dépistologie, si tu es prêt à fournir l'effort nécessaire pour comprendre que la cellule cancéreuse ne constitue pas la première marche d'une maladie évoluant inéluctablement vers la mort, mais qu'il existe un buisson de possibilités, des régressions, des stagnations, des évolutions plus ou moins lentes, alors tu seras emporté par la lecture de cet opus qui est un drôle d'oiseau.

Il ne se pose jamais, il plane pour te montrer le terrain des faits, puis pour t'orienter, lecteur, vers de plus vastes espaces de pensée sur le devenir des tumeurs, non encore défrichés, faits davantage de questionnements et de défis intellectuels, que de stériles schémas et réponses toute faites.

Tu es devant un casse-tête, celui de comprendre de nouveaux paradigmes d'une maladie loin d'être maîtrisée.... Tout est à découvrir.

Contact Presse 

Caroline Roche
04 66 53 53 68
06 98 86 48 21 presse@thierrysouccar.com

Communiqué presse

Intelligence artificielle de « prédiction »

Dr C.Bour, 4 juin 2019

Un article de Sciences et Avenir du 30 mai 2019 relatait l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA) dans le domaine du cancer du sein en affirmant qu'un algorithme parviendrait à prédire les tumeurs du sein avant leur apparition, et ainsi révolutionnerait le dépistage.[1]

Selon l'article, des chercheurs du Massachusets Institute of Technology (Cambridge, États-Unis) ont publié des travaux dans la revue Radiology en mai 2019. Cette équipe a élaboré un algorithme qui peut prédire l'apparition d'une tumeur du sein jusqu'à quatre ans avant que celle-ci ne soit détectable par l'imagerie, les anomalies seraient ainsi détectées avant l'oeil humain.

Renseignement pris : cet algorithme reposerait sur un modèle de "deep learning"  de données présentes sur un cliché mammographique autres que la seule densité mammaire, et cela permettrait à l'algorithme une évaluation du risque considérablement meilleure comparativement aux modèles qui utilisent la seule densité mammaire, dont aucun n'a réellement fait la preuve de son infaillibilité, et dont la validation scientifique est pour certains très douteuse [2] .

Ce procédé serait également plus prédictif que les antécédents familiaux de cancers et les facteurs génétiques, selon les chercheurs.

De quel enjeu s'agit-il ?

L'article de Sciences et Avenir rappelle que la "survie à cinq ans est de 26% pour un cancer du sein métastasé contre 99% si la tumeur est détectée précocement".

On sauverait donc des vies en anticipant toujours plus tôt et toujours plus petit.

Malheureusement l'article omet un écueil fort important que relève fort justement un autre article rapporté sur rtbf, de Safia Kessas, journaliste pour le media féministe 'les Grenades' [3] .

La journaliste semble davantage critique, et soulève à juste titre la controverse scientifique existante.

Premier écueil : renforcement du surdiagnostic

On présuppose, dans la course au plus petit cancer qu'on assimile à "précoce", que le cancer du sein présente une histoire linéaire, faisant que la récupération de lésions de plus en plus petites empêcherait la survenue des gros cancers plus avancés. Or il n'est est rien.

C’est pourtant la connaissance de l'histoire naturelle de la maladie qui permet de comprendre que la course effrénée à la détection de la plus petite lésion ne fait qu'amplifier les innombrables diagnostics inutiles infligés aux femmes, ce que l'on nomme surdiagnostic, et cela sans changement aucun du taux des cancers graves ni de la mortalité globale..

Tout petit ne veut pas dire détecté tôt, ne veut pas dire forcément de meilleur pronostic, ne veut pas dire diagnostic d’une lésion qui aurait forcément évolué, ne signifie pas gage contre le cancer mortel.

La survie est une donnée fallacieuse [4], elle est de 99% pour les tumeurs de bas grade parce que ces tumeurs sont de bon pronostic intrinsèquement et n'auraient pas tué leur porteur.

La survie n'est pas une donnée permettant d'évaluer l'efficacité du dépistage, mais en revanche est proportionnelle au surdiagnostic, plus celui-ci est grand, meilleure est la survie. Les femmes surdiagnostiquées sont par définition des survivantes à leur cancer...

Une fois de plus et à grande échelle, puisque les promoteurs de l'étude souhaitent que toutes les femmes passent ce test, des promesses sont faites aux femmes dans l'enthousiasme, sans information, d'emblée certaines de succès alors que nous n'avons aucun recul encore. Sans discernement on exposera les femmes à la conséquence très tangible du surdiagnostic : le surtraitement, avec radiothérapies, chimiothérapies et ablations de seins inutiles.

En effet, être porteuse d'un cancer de bas grade et de petite taille, ou d'une lésion de type carcinome in situ ou d'une lésion précancéreuse ne fait pas de la porteuse une future malade du cancer, en revanche toutes les lésions trouvées seront traitées avec agressivité, les femmes auront l'illusion d'une guérison qu'on leur assènera avec certitude alors qu'elles sont tout bonnement victimes, une fois de plus, d'une surenchère technologique qui les expose à une "maladie" entièrement fabriquée par de la sur-médecine.

On peut prendre tous les paris de voir douchés les espoirs de réduction des cancers graves, et ce sera un échec prévisible, tant qu'on continue à nous cramponner à un modèle de cancérologie qui ne marche pas dans le cas du cancer du sein. Non, détecter plus et plus petit ne règle pas les cancers rapides et intrinsèquement mauvais car il s'agit d'entités différentes. Une étude publié en 2017 dans le NEJM [5] suggère que les tumeurs de bas grade de malignité et les tumeurs de haut grade résultent de différents mécanismes moléculaires ; une tumeur de bas grade ne se dédifférencie quasi jamais en tumeur de haut grade. Il semble pouvoir être affirmé que les caractéristiques biologiques d'une tumeur représentent un facteur naturel constant.

Un visuel à points, tel que présenté sur notre page d'accueil permettra aux femmes de se faire une idée sur la balance bénéfice/risques du dépistage et en particulier du risque de surdiagnostic, et c'est l'information-là qui devrait être donnée à une femme avant toute prise de décision.

Ou ceci : (cliquez sur l'image pour agrandir)

Deuxième écueil, la collecte des data

Nous ne savons pas grand-chose de cet algorithme de deep learning, comment fonctionne-t-il, quels sont les facteurs intégrés pour ces fameuses "prédictions", est-il suffisamment robuste, ne fait-il jamais d'erreur ?

Que valent vraiment ces algorithmes comme celui vanté dans un article du Paris Match du 3 avril de cette année, couplé à la tomosynthèse ? [6]

Concernant les quantités de data nécessaires, il faudra une masse considérable de données de santé pour faire marcher ces outils, surtout si on souhaite l'appliquer à toute la population féminine. L'accès et l'utilisation de ces données posera immanquablement des questions morales, éthiques et juridiques, et de responsabilité médicale en cas de faille.

Conclusion

Les promoteurs de l'étude du du Massachusets Institute of Technology veulent faire passer ce test à l'ensemble des femmes ; lorsqu'on voit l'indigence dans l'information des femmes sur les risques du dépistage simplement, on ne peut qu'être préoccupé à propos de la loyauté de l'information des populations sur l'utilisation future de leurs data, surtout si on persiste à considérer qu'un pseudo-intérêt collectif, pas avéré du tout, prédomine sur la protection que la médecine doit à chaque individu.

Biblio

[1] https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/une-intelligence-artificielle-pour-predire-le-cancer-du-sein_134056?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1559239842

[2] http://mypebs.cancer-rose.fr/le-logiciel-mammorisk/

[3]

https://www.rtbf.be/info/dossier/les-grenades/detail_depistage-du-cancer-du-sein-et-intelligence-artificelle-controverse?id=10237653

[4] https://www.cancer-rose.fr/peurs-et-croyances-histoire-naturelle-de-la-maladie-survie/

[5] https://www.cancer-rose.fr/les-petits-cancers-du-sein-sont-ils-bons-parce-quils-sont-petits-ou-parce-quils-sont-bons/

[6] https://www.cancer-rose.fr/depistage-et-intelligence-artificielle/