Par Cancer Rose, 27 mai 2025
Breast Cancer Mortality in Younger Women Plummets Over Decade
De 2010 à 2020, les décès par cancer du sein chez les femmes âgées de 20 à 49 ans ont diminué de manière significative dans tous les sous-types de cancer du sein et tous les groupes raciaux/ethniques, avec des baisses marquées à partir de 2016, selon une analyse des données du registre Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER) présentée lors de la réunion annuelle 2025 de l’American Association for Cancer Research (AACR), qui s’est tenue du 25 au 30 avril 2025.
Les taux d’incidence du cancer du sein chez les femmes âgées de 20 à 49 ans auraient augmenté au cours des 20 dernières années dans la plupart des groupes raciaux et ethniques, mais peu d’études ont examiné les données de mortalité pour les patients de ce groupe d’âge,
Les résultats de l’étude, actuellement en cours d’évaluation par les pairs en vue de publication, suggèrent que les progrès dans la prise en charge du cancer du sein ont un impact significatif sur la survie des jeunes femmes, selon le Dr Adetunji Toriola, professeur au Département de chirurgie et au centre de cancérologie Siteman de l’École de médecine de l’Université de Washington. qui a présenté les résultats lors d’une conférence de presse à l’AACR (American Association for Cancer Research).
La recherche présentée lors de la réunion porte spécifiquement sur les jeunes femmes âgées de 20 à 49 ans, un groupe souvent sous-représenté dans les analyses de mortalité par cancer.
On a constaté comme dit plus haut, selon une publication du JAMA Network une augmentation dans l’incidence des cancers du sein chez les jeunes femmes aux États-Unis, et les chercheurs cherchent à examiner si les tendances de mortalité suivaient des tendances similaires. À partir des données du registre SEER-17, ils ont analysé 112 826 cas de cancer du sein et 11 661 décès spécifiques par cancer du sein chez les femmes âgées de 20 à 49 ans ayant reçu un diagnostic de cancer du sein invasif primitif entre 2010 et 2020.
Dans tous les sous-types et les groupes raciaux/ethniques, la mortalité basée sur l’incidence a diminué de 9,70 pour 100 000 femmes en 2010 à 1,47/100 000 en 2020. Le cancer du sein luminal A* a connu la baisse la plus prononcée parmi les quatre sous-types génomiques qu’on connaît, avec une baisse tout au long de la période et avec la plus forte baisse en 2017 (-32,88 % APC).
Le cancer du sein triple négatif a suivi une tendance similaire, 2018 marquant sa plus forte baisse (-32,82 % APC). Notamment un nouveau traitement plus ciblé dans ce type de cancer (Olaparib) apporte des résultats très encourageants, par son mécanisme d’action en bloquant un mécanisme de réparation de l’ADN des cellules cancéreuses, favorisant ainsi l’accumulation de dommages irréparables de l’ ADN de ces cellules pathologiques, conduisant à la mort cellulaire.
Aux Etats Unis où ce genre d’étude est possible, lorsque sont examinées les données par race et origine ethnique, ces données montrent des améliorations substantielles dans tous les groupes, bien que des disparités raciales persistent.
* Il s’agit d’une classification génpmique, les cancers du sein dits « luminaux » : luminal A et luminal B, sont caractérisés par l’expression du récepteur œstrogène et de bon pronostic (surtout le luminal A) car mieux accessibles à des traitements basés sur le blocages des récepteurs hormonaux.
Le professeur Toriola qui a présenté l’étude a expliqué que les baisses les plus drastiques observées après 2016 reflètent probablement les progrès des options thérapeutiques, l’adoption accrue de la médecine de précision et l’élargissement de l’accès aux soins et au dépistage chez les femmes de 40 à 49 ans.
Selon une étude les progrès thérapeutiques ont contribué à environ 75 % des décès évités, et le dépistage par mammographie aurait contribué aux 25 % restants des décès évités.
Pour conclure
Professeur Toriola suggère qu’un dépistage ciblé dans les populations à haut risque des femmes âgées de 40 ans ou moins pourrait être nécessaire (A réserver aux femmes à haut risque, en effet le dépistage de routine chez toutes les femmes de tranches d’âge en dessous de 50 ans n’a pas fait ses preuves en termes de bénéfices et comporte des inconvénients rendant la balance bénéfices/risques négative dans cette tranche d’âge).
Selon ce chercheur, il faut poursuivre des recherches efficaces pour garantir une réduction continue de la mortalité et pour comprendre les mécanismes biologiques qui déterminent la réponse au traitement.
L’étude plaide en faveur d’un dépistage plus ciblé chez les femmes jeunes qui sont à haut risque, et en faveur de l’accès à des traitements et des soins de qualité pour toutes les femmes.
Commentaires et critiques
Par Dr Alain Rauss, biostatisticien
Selon Dr Rauss, dans un pays qui promeut le dépistage et où on observe une augmentation de l’incidence vraisemblablement liée à l’activité même du dépistage, il y a une probabilité que la baisse de la mortalité soit attribuable à l’augmentation de formes non mortelles de cancers, ce qui donne alors une fallacieuse impression que la mortalité baisse. Nous ne disposons pas de toutes les données et ne ne savons pas quels sont les modèles statistiques qui ont été utilisés.
Un moyen pourtant simple de savoir si le dépistage est un facteur trompeur dans ce résultat serait de construire un modèle en tenant compte de la variable « dépistage » (si chez les femmes dépistées comme chez les femmes non dépistées la mortalité baisse alors c’est qu’il y a autre chose qui explique la baisse de mortalité ; pourquoi pas de meilleurs traitements sinon, c’est tout simplement une tromperie liée à un dépistage de formes de cancers non mortels et qui font baisser artificiellement la mortalité !)
Si on veut tenir compte, comme il le faut, de toutes les conséquences du dépistage, il est impératif de s’intéresser non pas à la mortalité par cancer du sein mais à la mortalité GLOBALE qui est la seule donnée prenant en compte le surtraitement lié au dépistage. (Ce surtraitement occasionne lui-même des décès).
Pour Dr Rauss il existe une manipulation assez grossière de la part des auteurs car on ne retrouve pas de modèle statistique qui ajuste sur tous les critères y compris le facteur dépistage. Il est clair que si l’on veut mettre en avant le dépistage 1) on s’intéresse à la mortalité par cancer du sein uniquement et 2) on ajuste sur toutes les variables du cancer du sein…sauf le dépistage.
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