Le grand scandale du dépistage du cancer prostatique

7 novembre

Une opinion publiée sur linked’In, traduction et résumé par Cancer Rose

LE GRAND SCANDALE DU CANCER DE LA PROSTATE : Quand les médecins trahissent et nuisent aux patients

Par le Dr Bert Vorstman et Ron Piana

  • Dr. Bert Vorstman est un chirurgien urologue à la retraite (et ancien praticien) connu pour ses critiques virulentes contre les pratiques médicales conventionnelles concernant le cancer de la prostate. Il remet en cause la fiabilité du test PSA (antigène prostatique spécifique), qu’il qualifie souvent de canular ou de source de surdiagnostic et de surtraitement.
  • Ron Piana est un journaliste scientifique et écrivain, connu pour ses enquêtes critiques dans le domaine de l’oncologie. Il a notamment co-écrit le livre The Great Prostate Hoax (Le grand canular de la prostate) avec le défunt Dr. Richard Ablin (qui a découvert le PSA)

Nous avons rédigé un grand dossier sur le dépistage prostatique car ce cancer (et son dépistage) présente des analogies avec celui du sein.
Lire : https://cancer-rose.fr/2017/01/05/en-parallele-au-depistage-du-sein-celui-de-la-prostate-du-surdiagnostic-aussi/

Voici le point de vue de ces deux auteurs.

L’industrie du cancer de la prostate formule de nombreuses affirmations audacieuses sur les avantages du dépistage par le PSA, de la détection du cancer et de ses traitements. Pourtant, ces affirmations soulèvent de très graves inquiétudes. De nombreux hommes décèdent d’autre chose bien avant que leur cancer de la prostate ne devienne une menace, et pourtant, d’innombrables patients sont traités inutilement. Ces traitements s’accompagnent souvent de complications potentiellement dévastatrices qui bouleversent la vie.

Il est fréquent que les traitements échouent, que le cancer récidive et que des interventions supplémentaires soient nécessaires. De plus, des procédures sont souvent requises pour corriger les complications causées par les traitements précédents, générant parfois encore plus de complications qui demandent à leur tour de nouveaux soins. Les épouses et les partenaires sont également touchés, car l’intimité sexuelle est souvent détruite au cours du processus. Sans surprise, le regret lié au traitement est important, tandis que des décennies de dépistage et de traitement systématiques n’ont pas réussi à démontrer un bénéfice clair sur la survie globale.

Malgré cela, d’innombrables hommes continuent d’être orientés vers la machine à sous du dépistage, de la détection et du traitement du cancer de la prostate, en l’absence de preuves scientifiques reproductibles démontrant que ces interventions sauvent un nombre substantiel de vies.


1. LA TROMPERIE DU CANCER DE LA PROSTATE : UNE SEULE ÉTIQUETTE POUR DES MALADIES RADICALEMENT DIFFÉRENTES

Croire que le cancer de la prostate est une maladie unique, dangereuse et potentiellement mortelle est tout simplement faux. Le problème fondamental réside dans le fait que l’appellation « cancer de la prostate » regroupe des cancers dont l’agressivité biologique varie du tout au tout, comme s’ils étaient tous aussi dangereux. Beaucoup présentent un potentiel létal faible ou nul et les hommes finissent par mourir d’autre chose, tandis qu’une minorité s’avère agressive et potentiellement mortelle.

Une seule étiquette, des cancers très différents : L’adénocarcinome prostatique représente environ 95 à 99 % des cancers de la prostate diagnostiqués, mais ces cancers varient énormément dans leur agressivité biologique. Beaucoup évoluent lentement et ne menaceront jamais la vie du patient, alors qu’une minorité est potentiellement mortelle.

Le cancer de la prostate est extraordinairement fréquent chez les hommes âgés : Des études autopsiques révèlent des zones de cancer de la prostate insoupçonnées chez environ 60 % des hommes de plus de 65 ans. La plupart ont vécu une vie normale sans jamais savoir que ce cancer existait.

Certains cancers mettent 40 ans ou plus à se développer : Certains cancers de la prostate à faible risque ont un temps de division cellulaire d’environ 479 ± 56 jours. Cela signifie qu’il leur faut parfois 40 ans ou plus pour atteindre la taille de 1 cm. Un cancer détecté aujourd’hui peut donc être présent depuis des décennies sans causer de tort.

La plupart des hommes meurent AVEC un cancer de la prostate, pas À CAUSE de lui : Comme ce cancer apparaît généralement tard dans la vie, les maladies concurrentes (comme les crises cardiaques ou les AVC) déterminent souvent l’espérance de vie. Beaucoup d’hommes survivent tout simplement à leur cancer.

Seule une minorité de cancers est très agressive : Environ 10 à 15 % des cancers de la prostate sont de haut grade et potentiellement mortels. Ce sont eux qui représentent la grande majorité des quelque 35 000 décès annuels liés à ce cancer aux États-Unis.

La tromperie fondamentale consiste à traiter le cancer de la prostate comme une maladie uniformément dangereuse. La plupart des études de dépistage et de traitement mélangent systématiquement des cancers aux scores de Gleason, volumes tumoraux et agressivités biologiques totalement différents. Cela conduit à des conclusions trompeuses et à des affirmations exagérées qu’aucune randomisation ou manipulation statistique ne peut scientifiquement valider.


2. LA TROMPERIE DU TOUCHER RECTAL : UN EXAMEN PEU FIABLE QUI NE PEUT DISTINGUER LE CANCER

On croit souvent que le toucher rectal (TR) est un test de dépistage fiable et utile. Les faits prouvent le contraire : c’est un outil obsolète et peu fiable qui passe souvent à côté de cancers agressifs et manque de preuves reproductibles quant à sa capacité à sauver des vies.

Seule une petite partie de la prostate peut être examinée : Le doigt du médecin n’atteint que la surface postérieure de la prostate adjacente au rectum, laissant une grande partie de la glande hors de portée. De plus, la procédure peut être inconfortable ou douloureuse en cas d’hémorroïdes ou de fissures anales.

Les petits cancers agressifs échappent souvent à la détection : un cancer doit être suffisamment gros ou accessible pour être palpable. Un examen normal ne permet donc pas d’exclure un cancer agressif.

La plupart des anomalies suspectes ne sont pas du cancer : L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), les nodules bénins, l’inflammation ou les calcifications peuvent imiter un cancer, générant de fausses alertes et une anxiété inutile.

L’examen dépend fortement du jugement subjectif : L’interprétation varie selon l’expérience et la perception tactile du médecin. Deux examinateurs peuvent arriver à des conclusions différentes pour la même prostate.

Aucun bénéfice direct sur la survie : Le dépistage systématique par toucher rectal n’a jamais démontré de réduction significative des décès par cancer de la prostate, mais il pousse souvent les hommes vers des biopsies à l’aiguille invasives et inutiles.


3. LA TROMPERIE DU DÉPISTAGE PAR LE PSA : UN TEST SANGUIN INCAPABLE DE TRANCHER SÛREMENT

Le PSA (antigène prostatique spécifique) est présenté comme un moyen fiable d’identifier le cancer et de sauver des vies. En réalité, le PSA est une enzyme produite par la prostate pour liquéfier le sperme, et non un marqueur exclusif du cancer. Son taux ne peut pas distinguer de manière fiable une affection bénigne d’un cancer inoffensif ou mortel.

L’étiquette trompeuse de « spécifique à la prostate » : Un PSA élevé ne signifie pas forcément un cancer, et un PSA normal ne l’exclut pas. La valeur limite conventionnelle de 0 à 4 ng/mL est un seuil arbitraire basé sur un consensus médical plutôt que sur une réalité biologique absolue.

Faux positifs et faux sentiments de sécurité : Le test PSA affiche un taux de faux positifs d’environ 75 %. À l’inverse, certains cancers très agressifs produisent peu de PSA et échappent au dépistage.

Des taux faussés par de nombreux facteurs : Une simple infection urinaire, une inflammation, une activité sexuelle récente ou une hypertrophie bénigne peuvent faire grimper le PSA. À l’inverse, certains médicaments (comme le finastéride) ou l’obésité peuvent abaisser artificiellement les résultats.

Une industrie de santé colossale : À la fin des années 1980, le PSA est passé d’un outil de suivi des cancers avérés à un outil de dépistage de masse de la population, avant même d’avoir prouvé son efficacité sur la mortalité. Cela a donné naissance à une machine de plusieurs milliards de dollars (tests répétés, biopsies, imageries, chirurgies).


4. LA TROMPERIE DE L’IRM DE LA PROSTATE : UNE IMAGERIE SOPHISTIQUÉE QUI NE DIT PAS TOUTE LA VÉRITÉ

L’IRM multiparamétrique (IRMmp) est aujourd’hui encensée, mais elle présente de nettes limites de détection, des faux positifs et des erreurs d’interprétation.

Les petits cancers restent invisibles : L’IRM peine à identifier de manière fiable les tumeurs de moins de 5 mm. De petits cancers agressifs de haut grade peuvent donc être totalement invisibles à l’image.

Le système PI-RADS formalise un jugement subjectif : Les radiologues attribuent un score de 1 à 5 pour estimer la probabilité d’un cancer significatif. Toutefois, l’interprétation reste dépendante de la qualité de l’équipement et de l’expérience subjective du lecteur.
Le système PI-RADS (pour Prostate Imaging Reporting and Data System) est un standard international utilisé par les radiologues pour analyser et rédiger les comptes rendus des IRM de la prostate.
Son objectif principal est d’évaluer le risque qu’une anomalie visible à l’imagerie soit un cancer cliniquement significatif (c’est-à-dire un cancer agressif qui nécessite une prise en charge, par opposition aux formes très lentes et inoffensives).
Voici comment fonctionne ce système de notation : La classification des scores va de 1 à 5, à la suite de l’examen, le radiologue attribue une note à chaque zone suspecte détectée :
PI-RADS 5 : Risque très élevé. Il est hautement probable qu’un cancer cliniquement significatif soit présent. Une biopsie est fortement recommandée.
PI-RADS 1 : Risque très faible. Il est hautement improbable qu’un cancer cliniquement significatif soit présent.

Les cancers multifocaux compliquent la donne : Dans 80 à 90 % des cas, le cancer de la prostate est multifocal (présent dans plusieurs zones distinctes avec des grades différents). Détecter une lésion visible n’exclut pas la présence d’une tumeur plus petite et agressive ailleurs.


5. LA TROMPERIE DE LA BIOPSIE À L’AIGUILLE : ÉCHANTILLONNER UNE FRACTION DE LA GLANDE EN PRÉTENDANT CONNAÎTRE LE TOUT

On fait croire aux hommes que la biopsie révèle la vérité biologique absolue de leur prostate. C’est faux. La biopsie n’analyse que d’infimes fragments d’un organe complexe, et ce processus comporte des risques réels : anxiété, douleur, saignements, infections graves (sepsis), rétention urinaire et troubles sexuels.

Des erreurs d’échantillonnage massives : Une biopsie standard à 12 carottes ne prélève qu’environ 0,1 à 0,6 % du volume total de la prostate. Même en doublant le nombre de prélèvements, plus de 98 % de la glande reste non examinée. Prendre des décisions de vie ou de mort sur un tel échantillon est scientifiquement contestable.

La nature multigrade du cancer : Au sein d’une même tumeur, différentes zones peuvent présenter des scores de Gleason différents. L’aiguille peut traverser une zone de bas grade et rater de quelques millimètres la partie la plus agressive, sous-estimant ainsi la gravité réelle de la maladie.


6. LA TROMPERIE DE L’ANATOMOPATHOLOGIE : LE SCORE DE GLEASON N’EST PAS UNE VÉRITÉ ABSOLUE

L’analyse au microscope dépend fortement du jugement subjectif du pathologiste, en particulier lorsqu’il s’agit de différencier le motif de Gleason 3 du motif 4. Ces désaccords peuvent modifier radicalement le score d’un homme et déterminer s’il sera simplement surveillé, irradié, castré chimiquement ou opéré.


7. LA TROMPERIE DU GLEASON 6 : UN PSEUDO-CANCER QUALIFIÉ DE MALADIE DANGEREUSE

Le score de Gleason est un système de classification qui mesure le degré d’agressivité d’un cancer de la prostate en observant l’organisation des cellules au microscope sur des échantillons de biopsie.

Comment est-il calculé ?
Il s’obtient en additionnant deux grades (notés de 3 à 5 aujourd’hui) :

  1. Le grade dominant (le plus représenté dans le tissu analysé).
  2. Le grade secondaire (le deuxième plus représenté).

Absence de comportement mortel : Les mécanismes moléculaires responsables de l’invasion et des métastases semblent inactifs ou absents dans le profil Gleason 6 pur. Il n’existe aucun cas documenté de décès attribuable à un cancer Gleason 6 purement vérifié (sans composant de grade supérieur manqué par la biopsie).

Une peur injustifiée : Utiliser le mot « cancer » pour cette anomalie indolente génère une terreur massive, poussant les hommes vers des chirurgies ou des radiations inutiles dont ils subissent ensuite les complications (incontinence, impuissance). Ces hommes sont les survivants de leur traitement, et non de la maladie.


8. LA TROMPERIE DU BILAN D’EXTENSION : UN SCANNER NÉGATIF NE PROUVE PAS L’ABSENCE DE MÉTASTASES

Même les examens de pointe comme le TEP-scan à la PSMA ont des limites physiques de détection (environ 4 à 5 mm). Des cellules cancéreuses agressives peuvent déjà s’être disséminées de manière invisible dans la moelle osseuse bien avant que la tumeur principale ne soit visible à l’IRM. Retirer la prostate ne garantit donc pas l’élimination de ces cellules dormantes.


9 ET 10. LA TROMPERIE DES TRAITEMENTS : UN MENU CORNUCOPIEN MAIS PEU DE VIES SAUVÉES ET UNE FOULE DE COMPLICATIONS DÉVASTATRICES

Chirurgie ouverte, robotique, radiothérapie, curiethérapie, ultrasons focalisés (HIFU), cryothérapie… Les options sont légion. Cette profusion reflète surtout l’incapacité à trouver un traitement parfait exempt de séquelles lourdes.

La chirurgie robotique n’est pas « minimale » : Présentée comme mini-invasive en raison de petites incisions cutanées, la prostatectomie robotique retire un organe entier et lèse fréquemment les mécanismes urinaires et érectiles. Elle n’a pas prouvé sa supériorité en matière de survie par rapport à la chirurgie ouverte.

Le traitement engendre le traitement : Les taux de récidive biologique (remontée du PSA) atteignent 20 à 50 % dans les 10 ans suivant une intervention. Les patients se retrouvent piégés dans un engrenage : radiothérapie de rattrapage, hormonothérapie, pose de sphincters urinaires artificiels ou d’implants péniens pour réparer les dégâts des premières chirurgies.

Le fardeau de l’hormonothérapie (ADT) : Près de la moitié des patients recevront une thérapie de privation androgénique (suppression de la testostérone). Les effets secondaires sont majeurs : perte de libido, fonte musculaire, ostéoporose, prise de poids, bouffées de chaleur, dépression et risques cardiovasculaires accrus. De plus, elle n’est pas curative, car les cellules résistantes finissent par se multiplier.


11 À 15. LA PROPAGANDE PAR LA PEUR, LES INTÉRÊTS FINANCIERS ET LE MYTHE DE L’IA

De grandes études à long terme (comme l’étude ProtecT sur 15 ans) ont montré que les taux de survie globale étaient globalement similaires chez les hommes assignés à la chirurgie, aux radiations ou à la simple surveillance active.

Le piège du marketing de sensibilisation : Les campagnes de communication (notamment en septembre) matraquent le slogan « le dépistage précoce sauve des vies » en s’appuyant sur des histoires de célébrités (comme l’annonce du cancer métastatique de l’ancien président Joe Biden). Pourtant, ces anecdotes ne constituent pas des preuves scientifiques.

L’intelligence artificielle n’est pas un remède miracle : Introduire l’IA pour mieux détecter les anomalies à l’imagerie ne sert à rien si les traitements qui en découlent n’augmentent pas l’espérance de vie et causent des dommages majeurs. Pire, une IA entraînée sur des directives médicales biaisées ne fait que recycler et accélérer la désinformation commerciale existante.


16 ET 17. QUAND LA CRITIQUE DEVIENT UNE HÉRÉSIE

Les médecins et scientifiques qui ont osé dénoncer cette situation (tels que le Dr Richard Ablin, découvreur du PSA, ou le Dr Anthony Horan) ont souvent été marginalisés par l’establishment médical. En médecine, le phénomène de « renversement médical » (lorsqu’une pratique établie s’avère finalement inutile ou nocive après des tests rigoureux) concerne pourtant près de 40 % des pratiques courantes.

En conclusion :

Les auteurs affirment que le discours actuel autour du cancer de la prostate s’apparente à une vaste opération commerciale alimentée par la peur. Tant que la médecine ne disposera pas d’outils précis pour cibler exclusivement la minorité de cancers réellement mortels, la priorité absolue devrait être d’informer honnêtement les hommes et de les protéger contre le surdiagnostic et les traitements aux conséquences mutilantes.


https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-prostate/depistage – ce dépistage est l’objet d’une NON-recommandation de la Haute Autorité de Santé


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