Qu’est-ce que la radiotoxicité ?

Ce qu'il faut savoir :

Des recommandations concernant la mesure de l'exposition aux rayonnements ionisants ont été édictées en 1991 par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). Elles sont valables pour la population humaine entière mais ne tiennent pas compte des susceptibilités individuelles.

La commission estime l’irradiation naturelle (radon, tellurique, cosmique) à 2.5 mSv/an, l’irradiation médicale moyenne admissible à 1.2 à 2 mSv/an et le nucléaire civil à 0.2 mSv/an.

Pour la population, la dose est limitée 5 mSv (tellurique+médicale) par an, le maximum tolérable sur la vie entière est de 70 mSv.

Les trois unités de mesures du rayonnement ionisant sont : le Becquerel, le Gray et le Sievert.

Le Becquerel (Bq) est l’unité de l’activité radioactive, celle qui sort de la source irradiante.

Le Gray (Gy) est l’unité de la dose de rayonnement absorbée par unité de masse : il représente l’énergie transmise à la matière par une source de rayonnements ionisants située à proximité.

Le Sievert (Sv) lui, va tenir compte de l'effet de ce rayonnement sur la matière qui l'a absorbé, c'est à dire qu'il montre l'effet spécifique provoqué selon le tissu exposé. (Une certaine dose n'a pas le même effet selon qu'elle traverse un cerveau ou une structure osseuse.)

En France la limite d'irradiation médicale annuelle admissible est fixée à 2,5 mSV

Quelques exemples pour avoir un ordre d'idées :[1]

  • 0 µSv en utilisant un téléphone cellulaire (micro-Sievert)
  • 5 µSv par une radiographie dentaire
  • 20-40 µSv par une radiographie des poumons 
  • 30-40 µSv durant un vol en avion Paris New York
  • 10-25 mSv lors d’un scan corporel entier. (milli-Sievert) 

Pour la mammographie :

En moyenne la dose reçue durant une mammographie est de  3 mSv à 4 mSV par  mammographie ; en une mammographie la femme reçoit déjà la dose annuelle admissible...

Les doses de rayonnement reçues par la tomosynthèse (technique mammographique 3D) lorsqu'elle est ajoutée à la mammographe de base, sont cumulatives. Cette technique, irradiante, n'a pour l'instant pas reçu l'agrément par la Haute Autorité de Santé pour être intégrée dans le dépistage de routine, en raison de ce problème.

La dose reçue est une chose, mais qu'il faut tenir compte aussi de la radio-susceptibilité individuelle, certains sujets présentant, du fait de leur sensibilité accrue au rayonnement, un risque supplémentaire de développer une maladie radio-induite . [2]

Le cancer radio-induit :

il dépend certes de la dose mais pas seulement, il dépend aussi de la sensibilité aux radiations de chacun. En théorie, le cancer radio-induit concerne 1-5 femmes pour 100 000 femmes suivant un dépistage sur 10 ans depuis l'âge de 50 ans.

Lorsqu'on débute des mammographies systématiques à 40 ans, ce risque, encore une fois théorique (ce sont des modélisations), concernera 10 à 20 femmes pour 100 000 femmes. C'est donc un évènement rare. Mais non nul.

La consommation d’actes d’imagerie médicale explose avec 70 millions d’actes en France par an, et, toujours pour la France, la dose annuelle reçue pour le diagnostic médical est de 1 mSv/habitant/an en moyenne mais peut atteindre 20 mSv/an selon l’Académie de Médecine elle-même qui ne cache pas son inquiétude[3]. Les femmes en subissent plus que les hommes, du fait de la pression sociétale et médicale avec le dépistage.

Pour aller plus loin :

Article de Dr A.Lexa, toxicologue :  https://cancer-rose.fr/2019/07/18/radiotoxicite-et-depistage-de-cancer-du-sein-prudence-prudence-prudence/

Présentation du radiobiologiste Nicolas Foray (INSERM) http://www.hctisn.fr/IMG/pdf/3b_-_foray_23_mars_2016_HCTISN_cle03eb88.pdf

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[1] http://agora.qc.ca/documents/radiation_des_depistages_aux_accidents_nucleaires

[2] https://cancer-rose.fr/2016/11/05/mammographies-et-radiosensiblite/

[3] http://www.academie-medecine.fr/de-lusage-des-rayons-x-en-radiologie-diagnostique-et-interventionnelle-a-lexclusion-de-la-radiotherapie-rapport-et-recommandations/

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