Qu’est-ce qu’une mammographie de dépistage ?

Il y a une différence entre une mammographie de dépistage et une mammographie de diagnostic.

  • La mammographie de dépistage, c'est celle, routinière, qu'on vous demande de réaliser tous les deux ans, même en l'absence de tout symptôme, sur convocation.
  • La mammographie de diagnostic, c'est celle qui est motivée par l'apparition d'un signe, d'un symptôme dans le sein. Ce symptôme nécessite une exploration par mammographie, parmi d'autres techniques d'imagerie, pour identifier, diagnostiquer le problème du sein.

Quels sont les signes majeurs qui doivent vous amener à consulter ?

  • Modification de l'arrondi, de la forme générale du sein (irrégularités, déformations...)
  • Rétraction du mamelon
  • Bosse ou tuméfaction d’apparition récente, surtout si elle est peu mobile à la palpation
  • Méplat, c'est-à-dire zone plus plane du sein, qui en rompt l'arrondi 
  • Écoulement sanglant
  • Rougeur inexpliquée
  • Grosseur dans l'aisselle, persistante ou dont le volume augmente
  • "Peau d'orange" avec apparition dans la zone concernée de  « capitons », de petites boursouflures perceptibles entre deux doigts
  • Plaie sur la peau, due à un cancer ulcérant 
  • Gonflement et durcissement du sein entier
  • Masse palpable en profondeur, survenue sans déformation extérieure visible

Attention, tous ces signes ne sont pas typiques de cancer ; ils peuvent également évoquer des maladies bénignes du sein ! Ils doivent néanmoins motiver à consulter.

La mammographie de dépistage n'est pas une méthode de prévention.

Prévenir une maladie, c’est faire en sorte qu’elle ne survienne pas. Par exemple, éviter le tabagisme est une bonne attitude de prévention par rapport au cancer du poumon.

Dépister, c'est rechercher une maladie chez une personne qui n’a aucun symptôme, et qui ne se plaint absolument de rien.

Répéter des mammographie, cela ne peut en aucun cas empêcher la survenue d'un cancer du sein. L'immage mammographique restitue ce qui est déjà présent dans l'organe.

Comment se passe un dépistage mammographique ?

En pratique la femme convoquée prend rendez-vous au cabinet de radiologie de son choix. On lui effectuera l'examen mammographique suivi d'un examen échographique selon le besoin (seins denses ou anomalie radiologique à préciser).

Ces images seront interprétées par le radiologue du cabinet qui est le "premier lecteur" de l'examen. Il fera un compte rendu et proposera une classification de l'examen (voir plus loin).

Ce dossier (clichés plus compte rendu du premier lecteur) est envoyé à la structure départementale de pilotage du dépistage selon le lieu d'habitation de la patiente.

Les images y seront revues par un radiologue, le "deuxième lecteur" venant d'un autre cabinet de radiologie ou d'une autre structure d'imagerie médicale, et qui ne connaît pas la patiente. Il établira son verdict sans l'avoir vue ni l'avoir interrogée, uniquement sur les images disponibles. Il 'notera' son verdict sous forme d'une classification, en concordance avec celle du premier lecteur ou au contraire en discordance, ce qui impliquera un rappel de la patiente pour qu'elle refasse des explorations supplémentaires.

La classification de la mammographie est une classification radiologique, selon la certitude plus ou moins forte que l'imagerie plaide en faveur d'une lésion cancéreuse. Ce n'est en aucun cas une classification de pronostic.

C'est en 1990 qu'a été mise au point la classification du ACR (American College of Radiology). Nous y trouvons 5 stades.

ACR 1 : normal, le sein est "rien à signaler".

ACR 2 : images qui ne sont que des anomalies bénignes, comme des petits ganglions axillaires, des microkystes, des calcifications bénignes, des images dont on ne sait pas toujours ce qu'elles sont mais qui sont inchangées depuis des lustres, des fibro-adénomes amorphes, ou des kystes bien connus déjà.

ACR 3 : image non inquiétante mais dont on voudrait vérifier le devenir, qui n'était pas connue avant, ou connue mais s'étant légèrement modifiée par rapport à d'anciens bilans. La conduite proposée est une seule surveillance à 4 ou à 6 mois, selon qu'il s'agisse de masses ou de calcifications, puis à un an éventuellement.

ACR 4 signifie qu'il y a très probablement un cancer, et qu'il s'agit d'une anomalie de toute façon suspecte, et à prélever. ACR4 implique donc d'office une biopsie, sous échographie (micro-biopsie) ou sous contrôle radiographique, par une procédure par mammotome (macro-biopsie), ou encore directement par biopsie-exérèse.

ACR 5 : l'anomalie est très fortement suspecte de malignité et les critères sémiologiques sont tout à fait évocateurs et typiques de malignité.

ACR 0 désigne un examen incomplet auquel il faudra adjoindre d'autres examens d'imagerie.

Pour plus d'explications et de détails lire ici : https://cancer-rose.fr/2018/11/11/de-la-classification-acr-mammographique/

Voici ci-dessous un schéma qui vous montre les situations possibles lors d'un dépistage mammographique.

Vous y voyez figurée la situation dite de "fausse alerte". C'est la suspicion d'un cancer, sur une image mammographique, mais qui ne se confirmera pas, cela après d'autres examens complémentaires.

Ces examens supplémentaires sont parfois lourds, et se soldent parfois même par des biopsies dont le nombre s’est largement accru depuis qu'on dépiste, cette situation étant favorisée par la double lecture.

Connaître une fausse alerte est souvent très stressant, car la femme doit attendre parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines avant la confirmation de l’absence de maladie. Pour 1000 femmes au-dessus de 50 ans participant au dépistage pendant 20 ans, il y aurait en France environ 1000 fausses alertes conduisant à 150 à 200 biopsies inutiles.(Revue Prescrire, février 2015/Tome 35 N°376)

C'est, avec le surdiagnostic et la radiotoxicité le troisième effet néfaste du dépistage mammographique.

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Qu’est-ce qu’un carcinome in situ ?

Le carcinome in situ (CIS) du sein est défini par la prolifération de cellules cancéreuses à l’intérieur d’un canal galactophore sans que les cellules ne dépassent la paroi du canal pour envahir le reste du sein.

Il est essentiellement de découverte mammographique, en effet 90 % des femmes ayant un diagnostic de CCIS (carcinome canalaire in situ) présentaient des microcalcifications à la mammographie. Dans leur grande majorité ces lésions ne mettent pas en danger la vie des femmes si elles ne sont pas détectées, leur pronostic est très bon, la survie à 10 ans, paramètre très utilisé par les autorités sanitaires, est supérieure à 95%. Il existe la forme canalaire et la forme lobulaire considérée plutôt comme un facteur de risque de cancer du sein.

Les CIS alimentent largement les surdiagnostics. Les essais et études montrent que la croissante détection des CIS n’a pas contribué à la réduction de la mortalité par cancer du sein. Avant l’ère des dépistages, le CIS représentait moins de 5% de tous les cancers du sein pour passer à 15 à 20% dans tous les pays où les campagnes de dépistage existent. Ils ne sont pas comptabilisés dans les chiffres d'incidence (taux des nouveaux cas) donnés par l'Institut National du Cancer, car considérés à part, et non en tant que cancers "vrais".

En plus on manque d’un réel consensus parmi les anatomo-pathologistes pour le classement de ces lésions lors de l'analyse des biopsies qu'ils reçoivent, avec une tendance à les surclasser dans des catégories de pronostic plus défavorables, de peur de sous-estimer une "maladie".

la plupart des CIS sont considérés comme des lésions- précurseurs non obligatoires du cancer invasif ; paradoxalement l’augmentation spectaculaire de leur détection suivie de leur ablation chirurgicale n’a pas été suivie de baisses proportionnelles de l’incidence des cancers invasifs.

Le problème majeur est que ces entités particulières des cancers du sein sont traitées avec la même lourdeur qu'un cancer du sein.

En novembre 2016, une étude de l'université de Toronto arrive aux résultats suivants :

  • Leur traitement ne fait pas de différence sur la survie des femmes.
  • Les femmes atteintes de CIS sont lourdement traitées (parfois par mastectomie bilatérale) et ont la même probabilité de décéder d’un cancer du sein par rapport aux femmes dans la population générale.
  • La prévention des récidives par radiothérapie ou mastectomie ne réduirait pas non plus le risque de mortalité par cancer du sein.

De même, notre étude sur les mastectomies en France objectivait une augmentation régulière des actes chirurgicaux, notre hypothèse première étant le surtraitement de lésions qui ne sont pas des cancers invasifs, mais des lésions dites pré-cancéreuses et les CIS.[1] [2]

Les conséquences à long terme du surtraitement peuvent mettre la vie des femmes en danger. Par exemple, la radiothérapie faite sur ces lésions semble incapable de réduire le risque de décès par cancer du sein, mais elle est associée à une augmentation dose-dépendante (de 10 à 100% sur 20 ans) du taux d’événements coronariens majeurs.[3]

D'ailleurs dans plusieurs pays sont entrepris des essais cliniques visant à tester une simple surveillance active notamment pour le CIS de bas grade plutôt qu'un traitement agressif :

Pour Philippe Autier[4], de l'International Prevention Research Institute (IPRI) le problème est indubitablement inhérent à la mammographie routinière, en particulier la mammographie numérique qui est trop performante concernant la détection des petites calcifications ; celles-ci sont le signe radiologique le plus fréquent de ces formes, et la mammogaphie présente une excellente sensibilité pour la détection de ces microcalcifications.

Références :

[1] https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2019/09/Etude-mastectomies-en-France-.pdf

[2] https://cancer-rose.fr/2019/08/09/explication-de-letude-sur-les-mastectomies-en-france/

[3] SC Darby, M. Ewertz, P. McGale, AM Bennet, U. Blom-Goldman, D. Bronnum, et al.

Risque de cardiopathie ischémique chez les femmes après radiothérapie pour cancer du sein

N Engl J Med, 368 (11) (2013), p. 987-998

[4] https://cancer-rose.fr/2019/09/06/le-depistage-mammographique-un-enjeu-majeur-en-medecine/

Pour en savoir plus :

Un blog : https://cancer-rose.fr/2020/06/10/un-blog-pour-les-femmes-avec-cis-carcinomes-in-situ/

Une étude : https://cancer-rose.fr/2016/11/20/cis-bernard-pabion/

Des cas cliniques :

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Qu’est-ce qu’un dépistage efficace ?

Un dépistage efficace implique deux critères :

  • diminution drastique de la mortalité
  • réduction de l’incidence des cancers avancés

Exemple d'un dépistage qui répond à ces critères, le dépistage du col utérin, images provenant d'une présentation de Pr P.Autier

Qu'en est-il pour le cancer du sein ? Le dépistage du cancer du sein est-il un dépistage efficace ?

1°Critère, la mortalité

 

Depuis 1996, on constate environ 11 000 à 12 000 décès par cancer du sein par année. On n'assiste donc pas cette réduction massive et drastique qu'on constate en médecine lorsque des procédés marchent vraiment. (La découverte de l'antibiothérapie anti-tuberculeuse a entraîné la fermeture des sanatorium dans les deux ans, la stérilisation des ciseaux servant à couper les cordons ombilicaux a fait quasiment disparaître la mortalité par infections néonatales.)

De plus, il est trompeur d’avancer des chiffres de la mortalité spécifique (mortalité par la maladie, ici le cancer du sein) sans donner les chiffres de la mortalité globale (mortalité toutes causes confondues).

Dans la mortalité par cancer du sein ne sont pas comptabilisés les décès induits les conséquences de la découverte d'un cancer du sein, et qui sont conséquemment dus à des accidents chirurgicaux ou anesthésiques, aux complications de la chimiothérapie et de la radiothérapie comme par exemple les atteintes cardio-vasculaires et les cancers radio-induits.

A ce jour, il n’existe aucun signe clair de réduction de la mortalité globale grâce au dépistage par mammographie.

Concernant la mortalité spécifique par cancer du sein, on constate bien qu'elle diminue depuis 1993. Mais cette diminution intervient avant la généralisation  du dépistage en France (en 2004) et ne peut lui être attribuée.

Au Royaume-Uni, entre 1985 et 1993, on chiffre cette baisse de la mortalité par cancer du sein à 11%, alors que le dépistage n’a été opérationnel qu’en 1988.

Dans une étude d'impact, une comparaison de huit pays d' Europe et en Amérique du Nord ne démontre pas de corrélation entre la pénétration du dépistage national et la chronologie ou même l'ampleur de la réduction de mortalité par cancer du sein. L'approche comparative dans cette étude avec 14 autres types de cancers fait ressortir un déclin similaire des taux de mortalité desdits cancers, alors même que ces autres cancers ne font pas l’objet de campagnes de dépistage. L’amorce de la diminution de mortalité par cancer du sein coïncide d'ailleurs avec une désescalade thérapeutique, à un moment où on possède une meilleure maîtrise des traitements administrés aux femmes et de leurs effets adverse.

La baisse de mortalité par cancer du sein existe, d'une part elle n'est pas corrélée à l'existence du dépistage, et d'autre part, de l'aveu même des données officielles, chaque année 12 000 femmes continuent de mourir d’un cancer du sein sans compter celles qui meurent des complications à distance de leur traitement. (12 146 en 2018).

Un autre élément est que les taux de mortalité et la survie sont les mêmes dans les groupes de femmes dépistées et dans les groupes des non dépistées, au même stade du cancer lors de sa découverte, comme le montrent plusieurs études, dont celle de Miller en particulier avec un suivi long des groupes de femmes, sur 25 ans.

 2°Critère, les taux des cancers graves

 

L’accumulation des données épidémiologiques montre que dans les populations où le dépistage par mammographie est largement répandu depuis longtemps, l’incidence des cancers avancés n’a connu que peu ou pas de diminution. De nombreuses études attestent de ce fait.[1]

Une étude conséquente et récente de 2015 sur 16 millions de femmes aux Etats Unis corrobore ce constat décevant [2]:

  • Pas de réduction significative de mortalité (ligne rouge dans le graphique de gauche)
  • Pas de réduction des cancers graves (ligne rouge dans le graphique de droite)

 

La survie à 5 ans

 

Cette donnée très souvent mise avantageusement en avant par l'INCa et les promoteurs du dépistage est un indicateur de la durée de vie du cancer, et non pas de l'efficacité du dépistage.

Détecter des cancers avec un temps d'avance donne l'illusion d'une survie plus longue. 

C'est une illusion d'optique : par l'anticipation de la date de survenue du cancer, on a l'impression d'un allongement de la vie alors que l'espérance de vie n'a en rien changé. L'allongement de la survie est le résultat de deux phénomènes : l'efficacité des traitements qui rallongent la durée de vie du patient avec son cancer et le dépistage qui anticipe la date de naissance du cancer indépendamment de l’issue de la maladie.

La survie est majorée d'autant plus que le surdiagnostic est plus fort. En effet, par définition, tous les surdiagnostics guérissent !

Un bon contre-exemple est le cancer du col de l'utérus : sa survie à 5 ans est très mauvaise, mais la mortalité par ce cancer a baissé spectaculairement.

 

Comparaison de 6 dépistages différents

 

Lorsque L'incidence augmente sans retentissement sur les cancers graves ni diminution significative de la mortalité en lien avec le dépistage, cette augmentation est alors l'effet direct de l'intervention de la médecine qui sur-détecte des lésions sans utilité pour la santé des personnes.

Nous voyons pour un cancer que le contrat est rempli, c'est le cancer du col de l'utérus. Le fait d'anticiper des lésions précancéreuses fait que l'incidence de ce cancer, le taux des formes graves et sa mortalité diminuent de façon perceptible et relativement bien corrélée à l'introduction du dépistage.

En revanche pour le sein, la prostate et la thyroide, le constat est bien plus décevant, avec un problème non résolu : des surdiagnostics allant croissant, sans réduction satisfaisante des cancers graves ni allègement des traitements.

Pour le cancer du colon, actuellement il est préconisé de réserver ce dépistage pour les sujets à risques voir https://cancer-rose.fr/2017/03/14/un-autre-depistage-celui-du-cancer-colo-rectal/

Bibliographie

[1]

  • Autier, M. Boniol, A. Koechlin, C. Pizot, M. Boniol Efficacité et surdiagnostic du dépistage mammographique aux Pays-Bas: étude de population BMJ, 359 (2017), p. j5224
  • Autier, M. Boniol, R. Middleton, JF Dore, C. Héry, T. Zheng et al. Incidence avancée du cancer du sein après un dépistage mammographique en population Ann Oncol, 22 (8) (2011), p. 1726-1735
  • Bleyer, HG Welch Effet de trois décennies de mammographie de dépistage sur l’incidence du cancer du sein N Engl J Med, 367 (21) (2012), pp. 1998-2005
  • NA de Glas, AJ de Craen, E. Bastiaannet, EG Op ‘t Land, M. Kiderlen, W. van de Water, et al. Effet de la mise en œuvre du programme de dépistage de masse du cancer du sein chez les femmes âgées aux Pays-Bas: étude de population
  • Autier, M. Boniol L’incidence du cancer du sein avancé dans les West Midlands, Royaume-Uni Eur J Cancer Prev, 21 (3) (2012), pp. 217-221
  • Nederend, LE Duijm, AC Voogd, JH Groenewoud, FH Jansen, MW Louwman Tendances de l’incidence et de la détection du cancer du sein avancé à la mammographie de dépistage bisannuelle aux Pays-Bas: une étude de population Breast Cancer Res, 14 (1) (2012), p. R10
  • ML Lousdal, IS Kristiansen, B. Moller, H. Stovring Tendances de la distribution du stade du cancer du sein avant, pendant et après l’introduction d’un programme de dépistage en Norvège Eur J Public Health, 24 (6) (2014), pp. 1017-1022
  • RH Johnson, FL Chien, A. Bleyer Incidence du cancer du sein chez les femmes aux États-Unis, 1976 à 2009 JAm Med Assoc, 309 (8) (2013), pp. 800-805
  • Esserman, Y. Shieh, I. Thompson Repenser le dépistage du cancer du sein et du cancer de la prostate Jama, 302 (15) (2009), pp. 1685-1692
  • Jorgensen, PC Gøtzsche, M. Kalager, P. Zahl Le dépistage du cancer du sein au Danemark: une étude de cohorte sur la taille tumorale et le surdiagnostic Ann Intern Med, 166 (5) (7 mars 2017), pp. 313-323
  • HG Welch, DH Gorski, PC Albertsen Tendances dans le cancer du sein et de la prostate métastatique N. Engl JMed, 373 (18) (2015), pp. 1685-1687
  • Di Meglio, RA Freedman, NU Lin, WT Barry, O. Metzger-Filho, NL Keating, et al. Tendances temporelles des taux d’incidence et de la survie du cancer du sein de stade IV nouvellement diagnostiqué par histologie tumorale: une analyse basée sur la population Breast Cancer Res Treat, 157 (3) (2016), p. 587-596

[2] « Breast Cancer Screening, Incidencee, and Mortalily Across US Countrie. »
Auteurs : Harding C, Pompei F., Burmistrov D., et al.
JAMA Intern Med. Published online July 06, 2015. doi:10.1001/jamainternmed.2015.3043

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Qu’est-ce qu’un surdiagnostic ?

Un surdiagnostic se définit comme le diagnostic histologique (c'est à dire sous le microscope) d'une "maladie" qui, si elle était restée méconnue, n'aurait jamais entraîné d'inconvénient sur la santé de la patiente durant sa vie, ni n'aurait mis en danger sa vie.

Ce n'est pas une erreur de diagnostic ni une fausse alerte. C'est réellement un cancer au vu de sa définition actuelle, qui repose uniquement sur le diagnostic d'un prélèvement d'organe (le sein) sous le microscope.

Le diagnostic est juste mais sans utilité pour la patiente. C'est la médecine qui fabrique cet excédent de "maladies". En effet, être porteur de cellules cancéreuses ne fait pas de l'individu un cancéreux- malade. Mais plus on fait de la détection, et plus on trouve.

Sa réalité est absolument irréfutable de nos jours, sa démonstration se base sur des études épidémiologiques de haut niveau de preuve, c'est une réalité comptable, partout où le dépistage existe ; le surdiagnostic n'est pas identifiable à l'échelle de l'individu, car pour l'individu concerné, ou pour le médecin qui constate la présence de cellules cancéreuses, il s'agit d'un diagnostic. Le surdiagnostic est mis en évidence par la comparaison de populations soumises à des intensités de dépistage différentes.

Quelles sont les preuves du surdiagnostic en matière de cancer du sein ?

Tout d'abord plusieurs études comparatives, dont une fondamentale qui est celle de l'Institut d'Oslo en 2008 (Zahl P-H, Maehlen J, Welch HG. The natural history of invasive breast cancers detected by screening mammography. Arch Intern Med. 2008 Nov 24;168(21):2311–6.)

Deux groupes de femmes ont été comparés, l’un dépisté tous les deux ans, l’autre examiné une seule fois au bout de six ans. Résultat : 22% de cancers en excès dans le groupe dépisté. Or, si toutes les tumeurs évoluaient en cancers perceptibles, on aurait dû trouver autant de cancers dans ces deux groupes de femmes au profil identique. Si on en trouve davantage dans le groupe dépisté tous les deux ans, cela signifie qu’il y a excès de diagnostics.

Les études d'autopsies corroborent encore ce résultat. Presque la moitié des femmes (les pourcentages varient selon les tranches d'âge), décédées d'autres causes que le cancer du sein, sont porteuses de lésions mammaires inexprimées. On trouve ce même phénomène aussi chez les hommes dans leur prostate, raison pour laquelle le dépistage systématique du cancer de la prostate n'est plus recommandé par la Haute Autorité de Santé.

Le problème du surdiagnostic est qu'il s'accompagne de surtraitement, tout cela sans aucun gain de survie pour les femmes, il n'y a aucune différence dans les chiffres de mortalité entre les groupes de femmes dépistées et non dépistés.

Mais la présence de toujours davantage de diagnostics de cancers du sein qui ne se seraient jamais manifestés, permet de justifier aux yeux des promoteurs du dépistage et des autorités de santé les résultats apparemment positifs de ce dispositif de santé.

En détectant des cancers « inoffensifs », le dépistage donne l’illusion de contribuer à des guérisons. Avec le surdiagnostic généré, le dépistage fait croire à son efficacité aux patientes présentant un cancer prouvé par l'examen au microscope certes, mais qui n'impactera pas leur santé (ces cancers surdiagnostiqués restent quiescents, n'évoluent pas ou très peu ou régressent). Ainsi, en sélectionnant des femmes non-malades, le dépistage justifie un traitement et donne l'illusion à ces femmes de les guérir d'une maladie qu'elles n'auraient jamais eue sans lui.

C'est le dépistage massif qui engendre ainsi du surdiagnostic et se nourrit de lui pour convaincre le corps médical et l’opinion publique d’une efficacité qu’il ne possède pas.

Le surdiagnostic est une source de préjudice considérable pour les femmes qui se soumettent à une mammographie de dépistage. La considération du concept de surdiagnostic du cancer par la communauté médicale a été lent, mais en 2019 il n’est plus acceptable de minimiser le poids de celui-ci, ni ses conséquences, et de continuer à ne pas en informer les principales intéressées.

Probablement dans 10 ans, si on continue de la sorte, une femme sur six sera diagnostiquée porteuse d’un cancer du sein au cours de sa vie, peut-être même plus puisqu'une femme taxée de "cancéreuse" constitue elle-même un facteur de risque familial pour sa descendance, laquelle sera encore plus incitée à se faire dépister. Avec la certitude que le dommage global induit par le dépistage ne fera qu’augmenter...

Quelles sont les conséquences du surdiagnostic?

Les conséquences sont celles du surtraitement. Toutes les lésions, surdiagnostiquées ou pas, seront traitées.

Les femmes subiront les conséquences des effets secondaires des traitements.  La radiothérapie présente un risque d'induction de cancers secondaires radio-induits, elle augmente de 50% le risque coronarien lors de l'irradiation du sein gauche.

La chimiothérapie présente des effets secondaires connus, sur les lignées sanguines, peut entraîner des nausées, vomissements, perte des cheveux, ménopause induite etc...

L'hormonothérapie prescrite ensuite sur 4 à 5 ans en vue de diminuer le risque de récidive, dans le cas de  cancers à récepteurs hormonaux positifs, peut être bien tolérée, mais aussi entraîner fatigue, arthralgies, complications thrombo-emboliques et augmenter, pour le Tamoxifène, le risque de cancer de l'endomètre (muqueuse utérine).

Tous ces effets ont un retentissement non négligeable sur la vie affective, sociale, professionnelle, économique de la femme, sur sa santé physique et psychique.

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Qu’est-ce qu’une chimiothérapie ?

Une chimiothérapie est une thérapeutique qui utilise des substance chimiques présentant une toxicité cellulaire, afin de toucher les cellules malades pour les détruire.

Assez fréquemment on associe plusieurs substances pour en augmenter l'efficacité, notamment en cas de dissémination de la maladie cancéreuse. L'administration des différentes drogues peut se faire par injection intra-veineuse (perfusion) ou par voie orale (comprimé). Les molécules affectent les cellules malades, mais malheureusement indistinctement aussi les cellules saines, ce qui provoque souvent des effets secondaires plus ou moins prononcés selon la sensibilité individuelle des personnes (perte d'appétit, chute des phanères, nausées, vomissements, fatigue importante).

Concernant le cancer du sein, depuis qu'on dépiste, c'est à dire depuis une trentaine d'années, le pourcentage de patientes soumises à la chimiothérapie est passé de 20% à environ 80%.  La chimiothérapie pour le cancer du sein entraîne aussi pour ces patientes traitées des effets sur la survie, le confort de vie, et autres effets morbides.

Des chercheurs alertent sur la surdétection de cancers qui n'auraient jamais impacté la vie des patientes s'ils n'avaient pas été découverts (surdiagnostics) ; le corollaire ce sont les surtraitements, partout où le dépistage est effectué, le nombre de mastectomies, de radiothérapies (voir les chapitres concernés) et les chimiothérapies ont augmenté. Tous les cancers détectés, les vrais cancers ainsi que ceux qui n'auraient pas évolué, sont traités.

Des scientifiques alertent sur le surcroît de mortalité induit par les surtraitements, et plusieurs études avancent que ces effets toxiques des traitements administrés annulent l'hypothétique bénéfice, déjà très remis en question, du dépistage.

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Qu’est-ce qu’une radiothérapie ?

Une radiothérapie est l'application de rayonnements destinés à détruire les cellules cancéreuses et les empêchant de se multiplier. Elle doit être le plus ciblée possible afin de ne pas détruire les organes vitaux avoisinants.

La radiothérapie en cas de cancer du sein, qui suit très fréquemment le traitement chirurgical, peut néanmoins provoquer des effets secondaires, dont la révélation peut être tardive. Ces effets peuvent être locaux, affectant directement les organes irradiés, ou généraux, et d'expression variable selon la sensibilité des individus.

-Les effets locaux, plus ou moins tardifs :

  • Effets cutanés, simple rougeur jusqu'à la radiodermite
  • Fibrose pulmonaire faisant perdre son élasticité au tissu pulmonaire
  • Atteinte des coronaires, troubles du rythme cardiaque, roubles cardiaques, insuffisance cardiaque congestive.
  • Cancers secondaires radio-induits, sur l'oesophage, le poumon, la peau, les côtes.

-Les effets généraux :

  • Fatigue
  • Anémie
  • Inappétance
  • Baisse du nombre de cellules sanguines
La radiosensibilité individuelle

Un autre problème insuffisamment abordé de la radiothérapie pour cancer du sein est la radiosensibilité inégale selon les femmes. Les sein est un organe très radio-sensible et les cassures des brins de l'ADN contenu dans les cellules du sein de façon répétée  peuvent entraîner à la longue des mutations et favoriser des cancers secondaires, induits par les traitements. Mais cet effet survient de façon variable selon qu'on est radiorésistant ou radio-sensible modéré ou encore hyper-radiosensible. Or il se trouve que 25% de la population présente cette hypersensibilité aux radiations qui les prédispose, en raison d'un déficit de leurs mécanismes de réparations cellulaires, à des mutations accrues et à de potentiels cancers secondaires radio-induits.

Comme expliqué précédemment, les traitements par radiothérapie pour cancer du sein, qui délivrent par séance des doses répétées plusieurs fois et ce en plusieurs séances, sont bien sûr ciblés au mieux, néanmoins il y a un risque de cancer radio-induit au-delà de la zone ciblée, surtout si l'on fait partie de ces 25% de personnes particulièrement vulnérables aux radiations . Malgré la très grande variabilité individuelle, les thérapeutes continuent à délivrer les mêmes doses pour tous, sans que soient mis en place des tests permettant de prédire la radiosensibilité individuelle des patients. Ces tests existent pourtant, il serait urgent d'informer les patientes sur l'existence de ces tests permettant d'évaluer leur propre radiosensibilité, tous n'étant pas de valeur égale, et de demander le remboursement des tests scientifiquement éprouvés.

Pour approfondir le sujet, lire :

et aussi : https://cancer-rose.fr/2016/11/05/mammographies-et-radiosensiblite/

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Qu’est-ce qu’une métastase ?

Une métastase est un foyer tumoral secondaire, provenant de cellules d'une tumeur principales qui s'en sont détachées, puis véhiculées vers des ganglions ou vers des organes secondaires par la circulation lymphatique et/ou sanguine.

Le cancer du sein, s'il présente des caractéristiques biologiques péjoratives, est susceptible de produire des métastases.

Les organes pouvant être secondairement atteints sont les os, le cerveau, le fois, le poumon.....

Le risque de développer des métastases dans le cas du cancer du sein dépend des caractéristiques moléculaires de la tumeur initiale. En effet d'après plusieurs études les cancer du sein agressifs, à croissance rapide, qui deviennent rapidement volumineux et sont d'emblée métastatiques, ne se développent pas à partir de chaque petite lésion, mais bien à partir d'une sous-population de petites lésions comportant des facteurs biologiques d'emblée péjoratifs.

Depuis qu'on dépiste, les taux des cancers métastatiques n'a pas baissé depuis 20/30 ans, alors que c'est, avec la baisse de la mortalité, un des objectifs du dépistage. Lire : https://cancer-rose.fr/2018/01/03/le-depistage-mammographique-un-enjeu-majeur-en-medecine/

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Qu’est-ce qu’une mastectomie ?

Une mastectomie c'est l'ablation d'un sein. Elle peut -être partielle (on n'enlève que la partie malade), ou totale (on enlève la totalité du sein), lorsque la tumeur est trop volumineuse par rapport au volume du sein, lorsqu'il y a plusieurs lésions, ou dans les formes retro-mamelonnaires.

Les défenseurs du dépistage du cancer du sein invoquent le fait qu'avec la détection de plue petites lésions, on est moins agressif sur les seins des femmes, et que de ce fait on réalise moins d'actes chirurgicaux lourds.

Pourtant, beaucoup d'études et notamment des méta-analyses suggèrent l'inverse.  (Une méta-analyse est une méthode permettant de combiner les résultats de plusieurs études indépendantes autour du même problème afin de synthétiser les résultats et d'en tirer une conclusion globale). Or la revue indépendante Prescrire, la méta-analyse du collectif de chercheurs nordiques Cochrane, la publication de Pr P.Autier, l'étude étatsunienne Harding allèguent une augmentation des actes chirurgicaux.  Plus on dépiste, plus on enlève de seins.

Nous avons nous-mêmes vérifié avec notre étude sur les mastectomies en France, dont vous trouverez l'intégralité ainsi que l'explication sur le site.  Ses résultats sont sans appel : aucune diminution des mastectomies, totales ou partielles, ne peut être mise en évidence après la généralisation du dépistage organisé.

Indépendamment de cet état de fait, l'enjeu pour les femmes n'est pas de leur promettre des acts chirurgicaux plus "légers", mais de ne leur faire subir aucun traitement chirurgical si elles n'en ont pas besoin, en ne les exposant pas inutilement à une maladie qu'elle n'aurait jamais dû connaître en l'absence de dépistage (surdiagnostic).

 

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Qu’est-ce que le cancer ?

Un cancer c'est une multiplication anarchique et incontrôlée de cellules, échappant alors aux mécanismes de régulation de l'organisme qui en assurent l'organisation et le développement harmonieux.

  • Cancer et cancer

Dans l’esprit du public, un cancer et des cellules cancéreuses c’est la même chose. Eh bien non. Des cellules cancéreuses nous en fabriquons tous les jours, des centaines, et heureusement notre immunité en vient à bout. Parfois, nos défense sont dépassées, et là il se peut qu’un cancer se développe.

  • De la cellule au nodule

Parfois ces cellules s’amassent en petits nodules ou tumeurs (petites boules) cancéreuses. Ces tumeurs peuvent croître, ou rester latentes du vivant de la personne, et même disparaître. Dans des situations plus rares, ces cellules échappent à tout contrôle, se multiplier, envahir l’organisme et conduire au décès du patient.

  • Des cellules, chez tout le monde !

Dans le cas de la prostate par exemple, chez l'homme, des cellules c’est d’une très grande banalité. La moitié des hommes de plus de 60 ans, et presque tous les hommes de plus de 90 ans ont des cellules cancéreuses dans leur prostate. 80% des hommes de plus de 80 ans ont un cancer muet.

Dans le cas du cancer du sein, une étude sur des autopsies de femmes décédées d’autre chose montre que 37% des femmes sont porteuses de cancers inexprimés entre 40 et 54 ans, 39% entre 40 et 49 ans. Sur 686 femmes autopsiées, décédées d’autre cause que le cancer : le taux de tumeurs trouvées dans les seins est de 4X celui de la population vivante, dans le même temps de l’étude. Ces tumeurs sont restées « silencieuses »

Il faut remettre les choses en perspective :

Sur 100 décès de femmes, il y en a 4 par cancer du sein, 20 par autre cause de cancer, 30 par maladie cardio-vasculaire. (réf. : Hill C. Dépistage du cancer du sein. Presse med. 2014 mai;43(5):501–9.)

Les deux seuls critères pour évaluer l'efficacité d'un dépistage d'un cancer sont :

  • une diminution significative de la mortalité par ce cancer,
  • une chute du taux des cancers avancés.

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Comment se développe un cancer ?

Le cancer ne se développe pas toujours comme on l'imagine, de manière linéaire et inéluctable d'une cellule vers la généralisation puis le décès.

Le modèle longtemps enseigné était celui d'une cellule qui devient hors contrôle, se multiplie de façon incontrôlée, devient une tumeur d'organe, s'étend de façon loco-régionale, puis générale pour entraîner fatalement la mort de l'organisme si on n'intervient pas.

Comment se développe le cancer du sein ?

Les données modernes de la sciences, les études épidémiologiques et les études d'autopsies permettent de concevoir d'autre modèles de croissance des cancers du sein.

On sait maintenant que le cancer du sein ne se développe pas de façon linéaire, mais qu'il existe un buisson de possibilités, avec des cancers lents, stagnants même, qui, s'ils sont méconnus, n'impacteront pas la vie ou la santé de la personne ; certains peuvent même régresser, au contraire d'autres peuvent évoluer très rapidement, et sont intrinsèquement, de par leurs caractéristiques moléculaires d'emblée agressifs, ce sont eux qui conduisent à une véritable cancer-maladie.

Les schémas ci-dessous expliquent pourquoi le dépistage a failli, avec plusieurs types de développements cancéreux.

  • Le cancer à croissance rapide, intrinsèquement agressif a une grande vélocité et un temps de séjour court dans l'organe, il sera manqué par le dépistage.  Les métastases sont souvent présentes, même si non encore visibles, dans les noeuds lymphatiques ou les organes à distance. Il est souvent gros au moment du diagnostic car rapide, gros ne signifie donc pas diagnostic tardif.
  • Le cancer très lent, stagnant, ou régressif, qui n'aurait pas impacté la vie de la patiente, a un temps de séjour très long dans l'organe et sera de ce fait préférentiellement détecté par des dépistages répétés. Son diagnostic est inutile pour la patiente, il sera pourtant traité avec la même agressivité. Il est petit au moment du diagnostic car lent ; petit ne signifie donc pas obligatoirement "précoce".
  • Le cancer qui croît progressivement sera un jour symptomatique et détecté par la patiente par l'apparition d'un signe clinique, ce cancer pourra être traité en temps et en heure, car l'évolution vers le stade de généralisation se fait dans un laps de temps très long (10, 20 à 30 années).

Avoir une tumeur cancéreuse, cela ne conduit pas automatiquement à un cancer-maladie. C'est pourtant ce qu'on fait croire aux femmes en les convaincant de les avoir guéries grâce au dépistage d'une tumeur qui ne les aurait jamais tuées. En revanche, le taux de cancers graves lui, ne faiblit toujours pas depuis qu'on dépiste.

Lire aussi : https://cancer-rose.fr/2019/09/09/halsted-avait-tort/

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