Cancer Rose, 30 juillet 2026
https://pgtzsche1.substack.com/p/why-mammography-screening-doesnt
https://pgtzsche1.substack.com/p/annals-of-internal-medicine-invites
https://pgtzsche1.substack.com/p/how-the-uk-cancer-empire-killed-the
Dépistage du cancer du sein : les vérités dérangeantes du Pr Peter Gøtzsche
Dans une série de publications récentes, le professeur Peter C. Gøtzsche — médecin, chercheur et cofondateur de la Cochrane Collaboration — réitère et approfondit ses critiques du dépistage systématique du cancer du sein par mammographie. À travers trois articles incisifs, le scientifique dénonce l’inefficacité médicale du dépistage de masse, les biais méthodologiques des études officielles et le rôle des institutions médicales dans le maintien d’un dogme industriel et politique, au détriment des femmes.
Dans un twitt sur le réseau social X il écrit, à la suite d’un refus de la revue Annals of Internal Medicine de publier sa prise de position :

Voici la synthèse des trois grands axes développés dans ses analyses.
1. Pourquoi la mammographie de masse ne fonctionne pas (Why mammography screening doesn’t work)
Dans ce premier volet, Peter Gøtzsche remet directement en cause la promesse centrale de la mammographie systématique : sauver des vies.
- L’absence d’impact sur la mortalité globale :
Si les campagnes de santé publique mettent en avant une réduction de la mortalité spécifique liée au cancer du sein, les données probantes montrent que la mortalité globale (toutes causes confondues) ne diminue pas chez les femmes dépistées.
Lire : https://cancer-rose.fr/2021/10/19/quest-ce-que-la-mortalite/
La diminution de mortalité est constatée partout :
a elle existe autant chez les femmes non dépistées (étude Miller, étude 2023)
b est encore plus importante chez femmes de tranches d’âges jeunes, par définition non dépistées.
c elle est moindre que pour d’autres formes de cancers, alors que des moyens colossaux sont mis en oeuvre pour le dépistage du cancer du sein.
d d’autres formes de cancers sont aussi concernées dans cette baisse de mortalité, alors que ces cancers ne sont pas intégrés dans des campagnes de dépistage.
e les études d’impact démontrent que la réduction de mortalité est imputable aux thérapeutiques anti-cancéreuses, en développement depuis les années 90.
f La décroissance de mortalité n’est pas corrélée avec le temps d’instauration du DO, on la perçoit dès les années 90, alors qu’aux US et en Suède le dépistage intervient dans les années 80, en France seulement en 2004.
Au Royaume-Uni, entre 1985 et 1993, baisse de 11 % de la mortalité par cancer du sein alors que le dépistage n’a été opérationnel qu’en 1988.
g l’étude de 2023 montre que le risque de décès par cancer du sein diminue bien ces dernières décennies, dépistage ou pas, en raison des progrès thérapeutiques significatifs en matière de cancer du sein ; et ça c’est une excellente nouvelle à donner aux femmes.
- Le problème majeur du surdiagnostic : la mammographie détecte de très nombreuses lésions à évolution lente ou inoffensives (comme les carcinomes ductaux in situ, ou CDIS) qui n’auraient jamais causé de symptômes ni menacé la vie de la patiente. Lire : https://cancer-rose.fr/2021/10/23/quest-ce-quun-surdiagnostic/
- Le surtraitement et ses dégâts : Ce surdiagnostic entraîne des opérations chirurgicales inutiles (tumorectomies, mastectomies), de la radiothérapie et des chimiothérapies toxiques. Ces traitements lourds causent des dommages cardiaques et peuvent paradoxalement induire d’autres cancers.
- Le manque de consentement éclairé : Le chercheur dénonce le manque de transparence des brochures d’information distribuées aux femmes, qui exagèrent systématiquement les bénéfices tout en minimisant ou en ignorant totalement les risques de surdiagnostic et de faux positifs.
Il y a eu même une étude comparant les différentes brochures délivrées aux femmes, et on peut dire que l’Institut National du Cancer français n’en sort pas grandi, avec la présentation trompeuse des statistiques et la représentation déséquilibrée des dommages par rapports aux risques du dépistage ; lire : https://cancer-rose.fr/2021/04/20/les-methodes-dinfluence-du-public-pour-linciter-aux-depistages/ - Progrès thérapeutiques vs dépistage : La baisse constatée de la mortalité par cancer du sein au cours des dernières décennies s’explique principalement par l’amélioration des traitements ciblés et une meilleure prise en charge clinique, non par la détection précoce par mammographie. Il s’agit d’un consensus scientifique actuel : plus les thérapeutiques s’améliorent, moins le dépistage est pertinent d’autant qu’il ne sauve pas des vies et qu’il comporte des risques.
2. Le débat scientifique et la remise en question des revues médicales (Annals of Internal Medicine invites…)
Dans sa seconde analyse, le chercheur s’intéresse à la manière dont les institutions et revues médicales gèrent ce débat contradictoire. Voici le déroulé de ce qui s’est passé avec la revue Annals of Internal Medicine :
Une ouverture progressive du débat : Bien que les critiques du dépistage aient longtemps été marginalisées, de grandes revues médicales de premier plan (à l’image des Annals of Internal Medicine) accordent désormais un espace aux chercheurs dissidents pour pointer du doigt les failles des recommandations actuelles.
La dénonciation des biais méthodologiques : Gøtzsche souligne que les essais cliniques historiques initiaux sur lesquels repose le dépistage souffraient de biais graves (défauts de randomisation, mauvaise classification des causes de décès, etc..).
Ci-dessous, lire l’extrait « un peu d’histoire » du livre de Dr Bour, « mammo ou pas mammo? » éditions Souccar.
La revue Annals of Internal Medicine, par la rédactrice Christine Laine, a tout d’abord invité Peter Gotsche à éditer son point de vue de scientifique, invitation à laquelle le chercheur a répondu. Ensuite le journal a refusé de publier sa critique.
L’explication et la dénonciation de Peter Gøtzsche
Selon Peter Gøtzsche, les raisons de ce refus s’apparentent à de la censure éditoriale et à un manque d’indépendance de la revue.
Pour lui, la direction du journal a paniqué en réalisant la portée de sa critique une fois le manuscrit rédigé, craignant d’offenser des partenaires institutionnels ou l’industrie pharmaceutique. Il dénonce un processus où la décision d’un éditeur vient étouffer un débat contradictoire qu’il avait lui-même initialement sollicité.
En résumé, le refus d’afficher le travail de Gøtzsche découle du décalage entre la posture de dénonciation sans concession du chercheur et les exigences d’encadrement, de neutralité et de gestion du risque de l’équipe éditoriale de Annals of Internal Medicine. Ce qui est vu par le journal comme un arbitrage éditorial légitime est dénoncé par l’auteur comme un acte de censure visant à protéger l’establishment médical.
3. L’empire du cancer et la suppression de l’information critique (How the UK cancer empire killed…)
Dans ce troisième volet centré sur le modèle britannique (NHS, Cancer Research UK, etc.), Gøtzsche décortique ce qu’il qualifie de « complexe militaro-industriel » de la cancérologie.
Ses principaux arguments et critiques incluent :
- Un débat biaisé et étouffé : L’auteur affirme que ses recherches rigoureuses et ses revues systématiques, publiées dès 2000, ont démontré que la majorité des essais cliniques historiques en faveur du dépistage étaient méthodologiquement défaillants. Il accuse la revue médicale The Lancet et les institutions britanniques d’avoir délibérément enterré le débat scientifique en 2012 en publiant un rapport officiel biaisé (le rapport Marmot) afin de protéger des intérêts politiques et institutionnels.
- Des bénéfices inexistants face à des risques réels : Selon ses analyses, le dépistage par mammographie ne réduit pas la mortalité globale et ne sauve pas de vies. À l’inverse, il entraîne un surdiagnostic massif (des milliers de femmes en bonne santé sont faussement diagnostiquées comme ayant un cancer) et conduit à des traitements agressifs, inutiles et potentiellement mortels, tels que des mastectomies supplémentaires ou des complications liées à la radiothérapie.
- Une éthique médicale bafouée : Il condamne fermement les invitations officielles et les brochures d’information des organismes de santé, qu’il juge mensongères et culpabilisantes pour les femmes. En occultant les risques de surdiagnostic et en gonflant artificiellement les bénéfices, ces institutions empêcheraient, selon lui, les patientes de faire un choix libre et éclairé.
- Des conflits d’intérêts institutionnels : Les organismes de santé publique, les associations caritatives de lutte contre le cancer et l’industrie médicale se sont structurés autour de programmes de dépistage de masse générateurs de financements et de légitimité politique.
- La résistance face aux preuves scientifiques : Face au cumul des données remettant en cause la mammographie, les institutions britanniques ont souvent préféré maintenir le dogme plutôt que d’adapter leurs recommandations ou d’informer honnêtement le public.
- Le blocage du consentement éclairé : Les tentatives visant à diffuser des brochures équilibrées — mentionnant clairement le nombre de femmes surdiagnostiquées pour une vie théoriquement sauvée — ont été écartées ou neutralisées sous la pression des lobbyistes de la santé.
En conclusion, l’auteur qualifie le dépistage par mammographie de vaste « supercherie » et conseille aux femmes de ne pas s’y soumettre.
En résumé : Vers un changement de paradigme ?
Pour le Pr Peter Gøtzsche, le dépistage systématique du cancer du sein est un exemple frappant de médecine paternaliste qui privilégie les statistiques d’affichage au détriment de la santé réelle des femmes.
L’enjeu n’est pas d’interdire la mammographie aux femmes qui présentent des symptômes ou un risque élevé, mais de mettre fin au dépistage de masse chez les femmes asymptomatiques et de leur fournir enfin une information loyale, claire et objective sur les risques et bénéfices réels.
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