Billet d’humeur, par Dr C.Bour, 5 février 2026
Notre collectif a été auditionné au mois de juin dernier par la Cour des Comptes dans le cadre de l’évaluation de politique publique dans le dépistage du cancer du sein, analyse de la prévention et de la prise en charge du cancer du sein.
https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-01/20260128-communique-Prevention-et-prise-en-charge-cancer-du-sein.pdf
Rapport et cahier de méthodologie ici : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-prevention-et-la-prise-en-charge-du-cancer-du-sein
Vous trouverez à la fin de ce post :
-le rapport complet de la Cour des Comptes ainsi que
–les réponses de Pr Philippe Autier et de moi-même au questionnaire envoyé préalablement à notre audition commune.
Cette audition a duré une bonne heure dans les locaux de la Cour des Comptes, 13 Rue Cambon, 75001 Paris, menée par trois hauts fonctionnaires et a nécessité de ma part une préparation soigneuse en compagnie de Mr le Pr Autier, épidémiologiste de renom*, à fin de présenter un powerpoint exhaustif sur tous les aspects de ce dispositif de santé.
Comme on peut constater en page 7 du cahier méthodologique, ont été auditionnées beaucoup d’autres personnes bien sûr, majoritairement en faveur du dépistage mammographique, et les contestataires sur la pertinence du dispositif n’ont pas vraiment fait le poids.
Nous tenons donc à nous désolidaiser des conclusions orientées en faveur d’une intensification du dépistage mammographique, que nous ne partageons pas.
*Professeur Autier : 1989: MPH Epidémiologie à la School of Public Health Harvard, 1991-1996: Institut Jules Bordet: initiateur et responsable du
Programme de Dépistage du Cancer du Sein en Région Bruxelloise, 1996-2000: “Deputy Director” European Institute of Oncology, Milan, Italie, 2005-2010: Chef de Groupe au CIRC-IARC, Lyon, 2011-2022: VP, International Prevention Research Institute, Lyon
Quelles conclusions dans le rapport de la Cour des Compte ?
Dès le premier chapitre du rapport et en début du communiqué de presse on peut lire » Le dépistage organisé du cancer du sein, un dispositif efficace qui doit être renforcé-
Le dépistage organisé du cancer du sein constitue un axe central de la politique de prévention, dans un contexte où la précocité du diagnostic conditionne directement le pronostic et la lourdeur des traitements.
Lorsqu’il est détecté à un stade précoce, le cancer du sein présente des taux de survie très élevés, tandis qu’une détection tardive conduit à des prises en charge plus lourdes et à un pronostic nettement dégradé. »
Ce qui est prodigieux, c’est la faculté d’aligner autant d’affirmations fallacieuses dans une même phrase. Dépistage n’est pas prévention, la précocité du diagnostic est effectivement précieuse, car si on détecte un cancer précocément et de petite taille, bien entendu les traitements seront moins lourds.
Mais, comme nous nous sommes évertués à l’expliquer et le démontrer, pensant que cela pouvait être compris par de hauts fonctionnaires sortis de hautes études de grandes écoles françaises, la question est mal posée.
La détection précoce est certes louable mais la bonne question est la suivante : est-ce que le dépistage parvient à détecter suffisamment tôt et petits les cancers les plus péjoratifs, ceux qui donnent des formes avancées, qui sont les plus agressifs et les plus véloces ? Et la réponse est NON – (https://cancer-rose.fr/2025/04/11/depistage-du-cancer-du-sein-pas-de-reduction-des-stades-les-plus-avances/)
Ces cancers échappent au dépistage et constituent l’échec majeur de la détection mammographique, parce qu’ils sont soit non visibles sur les clichés, soit tellement rapidement évolutifs qu’ils se développent après une mammographie normale en peu de temps. Ils sont ce qu’on appelle des cancers d’intervalle.
L’augmentation du dépistage ne peut pas résoudre les différences sous-jacentes dans la biologie du cancer.
En voici des exemples-



Même si par un heureux hasard on tombe dessus lors d’une mammographie de dépistage, ces formes agressives, à caractéristiques biologiques intrinsèquement péjoratives, ont souvent déjà métastasé même si on ne voit pas encore ces essaimages à distance.
Dans la conclusion du rapport de la Cour des Comptes on lit aussi : » Au stade de la prévention, si le dépistage organisé peut être crédité d’une prise en charge plus précoce, et donc d’une mortalité plus faible et de soins moins lourds, la faible participation des femmes concernées constitue une source de préoccupation. «
Penchons-nous un peu plus sur la donnée de la mortalité.
Voici ce que nous avons présenté comme données lors de notre audition.
Lorsqu’un dépistage marche, on doit observer une réduction plus rapide de la mortalité par cancer du sein dans les pays (ou régions) où les programmes ont été généralisés précocement par rapport aux régions ou pays où le dépistage a été instauré plus tardivement.
Il n’existe pas de données en France permettant de juger de ces deux critères.
Mais dans les pays dotés de registres des cancers de bonne qualité, par exemple les Pays-Bas, les USA et la Norvège, on n’observe pas de réduction des cancers du sein de stade avancé (stades 2-4) depuis la mise en place du dépistage (Bleyer and Welch 2012, Lousdal, Kristiansen et al. 2016, Autier, Boniol et al. 2017).
On n’a jamais observé de réduction de la mortalité par cancer du sein plus rapide et plus forte dans les pays ou régions où le dépistage a été instauré plus tôt que dans d’autres (Autier, Boniol et al. 2011, Autier, Koechlin et al. 2012, Harding, Pompei et al. 2015).
Depuis les années 1990, les taux de mortalité par cancer du sein ont considérablement décru dans tous les pays à hauts revenus, même chez les femmes non dépistées, et même chez les jeunes femmes de moins de 50 ans qui ne sont généralement pas dépistées. La quasi-totalité de ces réductions de mortalité est due aux traitements efficaces qui se sont généralisés début des années 1990.
Les données mortalité indiquent que la réduction de mortalité en France est similaire à celle de pays voisins comme l’Allemagne ou l’Italie (DIA 16). Cette similarité montre que la prise en charge des femmes avec un cancer du sein est au moins aussi bonne en France qu’ailleurs.[i]
Alors on invoque aussi, dans le rapport, la donnée ‘survie’ qui grâce au dépistage serait de presque 90%.
Dans le cadre du dépistage, l’usage des statistiques de survie est à proscrire. Et ça aussi nous l’avons étayé. Tout d’abord, la survie des cancers de bon pronostic est en effet élevée, mais pas celle des cancers de haut stade de malignité, ceux que justement le dépistage rate, comme les triple négatifs, dont la survie à 5 ans n’est plus que de 20%…
Ensuite, avec le dépistage mammographique il se trouve qu’on détecte inutilement et en priorité des lésions qui de toute façon n’auraient jamais tué, (ce qu’on appelle du surdiagnostic), donc il est bien normal que la survie augmente de façon artificielle et fallacieuse.
(Lire ici : https://cancer-rose.fr/2021/10/18/quest-ce-que-la-survie/)-
L’accroissement de survie est dû à l’amélioration des traitements et au surdiagnostic. Les femmes avec un cancer du sein surdiagnostiqué n’en meurent pas. Donc, plus on dépiste des femmes qui ne seraient pas décédées de leur cancer, plus on a l’illusion que la détection précoce fonctionne car la survie s’accroît.
Les véritables indicateurs d’un dépistage réussi sont la diminution drastique et perceptible de la mortalité globale, la diminution des formes graves et la diminution des traitements lourds ; AUCUNE de ces trois conditions n’a été atteinte.
Des Don Quichotte…
Mais, tels des Don Quichotte combattant des moulins à vent nous persistons infatigablement depuis 30 ans dans un effort risible à détruire en masse des lésions du sein qui n’auraient jamais nui à personne (surdiagnostic), mais qui engendrent un surtraitement délétère aux femmes, tout contents que nous sommes de « faire » quelque chose, serait-ce vain. Le dépistage est vraiment un cas d’école d’une concentration d’efforts dans un processus qui n’a jamais pu prouver qu’il marche, et pour paraphraser Peter Drucker (1909-2005) auteur et théoricien,professeur de science politique et de management) : «Il n’y a rien de plus inutile que de faire efficacement ce qui n’aurait jamais dû être fait du tout. »
Tout d’abord nous relevons cette confusion largement entretenue, à dessein, entre dépister et prévention. Dépister n’évite pas le cancer, ne le prévient pas, le cancer dépisté est déjà là ! Alors pourquoi cette confusion si têtue entre les mots dépistage et prévention, de la part des médecins et de la part des institutions, des autorités sanitaires, répétée à l’envi lors de la campagne propagandiste et mercantile d’octobre rose ? Inattention? Que nenni, plutôt une volonté, par la fusion des vocables, de maîtriser les esprits et insuffler des notions trompeuses, et quoi de mieux qu’une répétition inlassable d’une contre-vérité outrancière
On rabâche au public exactement ce qu’il a envie ou besoin de croire. C’est une conspiration de l’espoir comme Renée Pellerin, journaliste d’investigation canadienne le titrait pour son ouvrage sur le dépistage mammographie : (https://cancer-rose.fr/2021/06/20/interviews-tv-de-renee-pellerin/)
On aimerait croire et on essaie de faire croire aux femmes que le dépistage empêche ou évite le cancer, et ce n’est qu’un des mille et un mensonges autour du dépistage mammographique. (Lire : https://cancer-rose.fr/2017/01/03/mensonges-et-tromperies/)
Le problème causé par le surdiagnostic est qu’il est identifiable en population mais pas à l’échelle individuelle. De plus en plus de femmes sont déclarées guéries d’un cancer qui ne les aurait jamais rendues malades et ne les aurait jamais tuées.
Mais qui sont-elles ? On ne le sait pas, ce qu’on sait en revanche c’est que ces femmes surdiagnostiquées n’auraient jamais été malades sans le dépistage, et que ces femmes vont traverser le parcours du cancer, même inutilement.
Et pendant ce temps on ne réduit pas le taux des vrais cancers, ceux qui tuent.
…Aux Cassandre
Qui sont ces gens qui contestent le dépistage et émettent des notions complètement contrintuitives ? Il est tellement plus facile de croire que tout cancer non trouvé va forcément faire mourir, que trouver un tas de petits cancers cela va éviter d’avoir de gros cancers qui tuent et qu’on sauvera des vies.
Ces trouble-fêtes, ces Cassandre maudites que personne ne veut entendre ni croire sont bien gênantes; elles empêchent d’espérer, de croire, détruisent la foi en la religion du dépistage, ces personnes sont taxées d’irresponsables, de misogynes, de pessimistes, d’opposants à la cause des femmes, ennemis du progrès médical et tueurs de femmes.
Et puis un autre argument voit récemment le jour : le dépistage c’est la justice sociale, c’est la réduction des inégalités, même si l’égalité obtenue c’est celle du désastre de la surmédicalisation conduisant à la paupérisation, à des conséquences physiques et psychiques d’un diagnostic de cancer qu’on n’aurait jamais dû avoir, à la dégradation de la qualité de vie des femmes concernées. Elle n’est pas très enviable, cette égalité….
(Lire https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2023/09/EFFETS-INDESIRABLES.pdf)
Et puis vient la question inévitable « alors qu’est-ce qu’on fait à la place ? »
À la place on pourrait déjà ne pas nuire, car ici c’est bien la médecine qui induit un excès de maladie. Or le primum non nocere est un pilier de la médecine. Accepter l’incertitude de la médecine et l’impuissance de certains dispositifs comme le dépistage mammographique n’est pas envisageable dans une société moderne qui exige réponse à tout. Plutôt trop que pas assez, même si on précipite toute une population féminine vers un précipice dont elles ne sont pas informées. Car ça aussi reste un problème, la non-information des femmes dont nous parlons souvent au travers du site, et que nous essayons de corriger par un site d’outils d’aide à la décision.
La médecine, les médecins, les autorités sanitaires devraient avoir l’humilité de reconnaître que ce dépistage ne tordra jamais le cou au cancer, la balle n’est hélas pas dans le camp de l’imagerie, mais dans celui de la génétique, de la recherche fondamentale, de l’amélioration de l’environnement et de l’hygiène de vie, nous voilà revenus à la vraie prévention.
Faire à tout prix- un tonneau des Danaïdes
Après trois décennies, les faits sont là :
Le dépistage a des effets pervers majeurs sans apporter de bénéfice prouvé : le rapport bénéfices/risques est défavorable.
Le dépistage de masse organisé s’avère non seulement inutile mais délétère, avec des effets adverses qui sont une réalité comptable (fausses alertes, surdiagnostics, irradiations inutiles). Le dépistage ne sauve pas des cancers les plus graves mais peut projeter une femme saine dans un parcours de malade qu’elle n’aurait jamais connu sans lui.
Ceci est lourd de conséquences : le surtraitement lié au surdiagnostic est intolérable pour des femmes, coûteux en vies et en ressources de la santé.
Les effets délétères de la chimiothérapie, de la radiothérapie à court et long terme sont majeurs et peuvent être responsables de complications cardiaques, respiratoires, cutanées et provoquer des cancers secondaires radio-induits, de pronostic défavorable, difficiles à traiter, des hémopathies etc….
Même s’ils sont rares, ils existent néanmoins, et concernent à 100% la femme touchée, pourvoyeurs de dépenses supplémentaires en soins oncologiques.
Le dépistage fait monter le niveau d’angoisse dans la population, et de façon transgénérationnelle. Il est pourvoyeur d’illusions et à l’origine d’une désinformation continue.
La concertation citoyenne sur le dépistage mammographique, confisquée aux femmes et mise sous le boisseau, avait de ce fait préconisé, dans son rapport (page 6 et page 133), « l’arrêt du dépistage organisé » dans ses deux scénarios.
Le dépistage mamographique est un tonneau percé, un gaspillage de moyens humains et matériels considérable, ce dispositif est en plus une entrave au progrès et à la recherche fondamentale, un obstacle à une meilleure prise en charge des patientes vraiment malades ayant un cancer du sein évolutif, c’est un gâchis au profit de populations saines, qui ne se plaignent de rien, au détriment de personnes réellement malades.
Il y a un projet en faveur de rajeunir l’âge de début du dépistage alors que la balance bénéfice-risques est encore plus mauvaise au jeune âge, on passera d’abord à 45 ans, mais très vite et devant l’inanité prévisible de la mesure on le réduira à 40, puis à 38 ans, puis pourquoi pas commencer à 30 ans… Le cancer se portera toujours très bien, l’incidence du cancer ne fera que croître bien sûr, le problème des cancers avancés restera entier puisqu’ils constituent l’échec du dépistage, les coûts portés par la collectivité seront monstrueux…
La Cour des Comptes pointe encore les travers suivants :
Les délais : Dans certains territoires, les délais pour un rendez-vous dans le cadre du dépistage organisé dépasseraient un an. Nous avions expliqué lors de notre audition que cela n’avait aucune importance. Le dépistage mammographique concerne des femmes saines, qui ne se plaignent de rien et il n’y a donc aucune urgence, mais vraiment aucune, à ne pas être dépistées pile poil au bout de deux années révolues.
Une des explications possibles de l’allongement des délais ce sont les surtraitements associés aux surdiagnostics.
En effet, comme le dépistage conduit dans 30% à 52% selon les auteurs à la sur-découverte de lésions cancéreuses de petites tailles ou peu évolutives, qui seraient restées asymptomatiques durant toute la vie de la patiente, mais que par précaution toutes ces lésions sont traitées, l’augmentation générale des délais est une conséquence logique, à la fois de la prise en charge thérapeutique mais aussi dans les cabinets de radiologie dont les plannings sont engorgés de mammographies de recontrôles annuels après traitement.
Même si les délais s’allongent, il n’y a aucune pertinence à faire du dépistage mammographique une « urgence » ; d’abord ce n’est pas possible en raison de l’engorgement des cabinets de radiologie, de la pénurie chirurgicale, des délais pour les résultats des biopsies. Et les femmes convoquées n’ont pas de symptôme clinique et peuvent donc attendre sans problème.
Les radiologues : Ensuite la Cour des Comptes charge bien sûr les radiologues de l’incurie de ce système : une part importante des cabinets de radiologie privés refuserait de participer au dépistage organisé, jugé moins rentable. En somme, radiologues absents d’où système bloqué–
Nous avons de cet état de fait une autre analyse : le système du dépistage par convocation des femmes est chronophage pour la patiente, la manipulatrice radio et le radiologue, il faut remplir le formulaire-réponse à envoyer à la structure de dépistage départementale, ce qui prend du temps. La deuxième lecture est pourvoyeuse de retours en raison de pseudo-images que le deuxième lecteur juge critiques, ce qui fait augmenter le taux des fausses alertes. La patiente doit revenir au cabinet de radiologie où la mammographie initiale a été réalisée, souvent dans un sentiment de grande angoisse, pour refaire d’autres clichés ou une échographie supplémentaire, augmentant encore le nombre d’examens et aggravant le caractère chronophage de la procédure, souvent pour rien du tout… Ce qui répond à la définition de la fausse alerte.
Personnellement, en tant que radiologue, je pense que beaucoup de mes confrères se rendent eux-mêmes compte à quel point le dépistage mammographique a fait long feu et n’a pas rempli les attentes qu’on en avait. Tout ça pour ça, ça ne donne pas envie de poursuivre.
Retard numérique : La Cour des Comptes invoque ensuite un retard numérique, à savoir trop de dossiers en format papier qui circulent entre les centres de radiologie et les centres de lecture. La Cour des Comptes est favorable au développement de l’IA, avec supervision humaine, évaluation continue et intégration claire dans le dispositif existant. L’avenir nous dira si l’idée est bonne.
Explosion des dépenses : la Cour des Comptes constate que la prévention stagne tandis que les dépenses de santé explosent. En huit ans, dit-elle dans le rapport, le coût de la prise en charge du cancer du sein est passé de 2,8 à 4,7 milliards d’euros, soit une hausse de 65 %, alors que le nombre de patientes n’a progressé que de 7 %.
Ceci est principalement lié aux médicaments innovants et aux hospitalisations, et la Cour pose une question cruciale : comment continuer à financer des traitements toujours plus coûteux si l’on échoue à prévenir et à diagnostiquer plus tôt ?
Nous poserions la question dans ce sens : ne serait-ce pas pertinent de continuer à financer des médicaments qui marchent bien contre le cancer du sein en cessant de relancer toujours plus de dépistage ; ainsi s’économiser les surdiagnostics et les surtraitements inutiles très coûteux, en réorientant les ressources financières vers la vraie prévention justement et la recherche fondamentale pour comprendre la mécanique complexe de l’évolution cancéreuse ?
Un registre national du cancer : Enfin une bonne idée, pour l’instant nous ne disposons que de registres partiels. Les chiffres
d’incidence proviennent de données recueillies dans 14 registres généraux métropolitains qui sont extrapolées à la France entière.
Ces 14 registres couvrent uniquement 19 départements français, à savoir environ 24 % de la population. Ces extrapolations
négligent les différences qui existent selon les régions et qui rendent les populations peu comparables (répartition des tranches d’âge
différentes selon les contrées).
Le rapport annonce : « … une base nationale commune à l’assurance maladie et à Santé publique France (chargée de l’évaluation du programme) est en cours de constitution au sein du système national des données de santé (SNDS). Cette base de données permettra une centralisation des informations au niveau national et un appariement de l’ensemble des données du dépistage et de son suivi (de l’invitation à la prise en charge), y compris médicales. Un versement de ces données pourra à terme être envisagé dans le registre national des cancers, porté par l’INCa. »
Un risque inégal dans la prise en charge chirurgicale : être opérée dans un établissement avec un volume élevé d’interventions améliore la survie pour la femme atteinte de cancer du sein. Or, en France, le seuil minimal d’activité a longtemps été fixé très en deçà des recommandations européennes. La Cour plaide donc en faveur de la concentration des actes chirurgicaux dans des centres dits experts… Reste à savoir si ces centres pourront faire face au volume des interventions.
L’après-cancer : Financièrement, le reste à charge dépasse en moyenne 1 500 euros après la phase aiguë, notamment pour les soins de support. L’assemblée nationale a voté une loi améliorant la prise en charge des soins et des dispositifs liés au cancer du sein, notamment le remboursement intégral du renouvellement des prothèses mammaires, du tatouage médical ou des sous-vêtements adaptés. Elle prévoit aussi l’encadrement des dépassements d’honoraires pour les reconstructions. Pour l’instant, en l’absence de décret d’application il ne se passe rien et de plus cette loi a soulevé plusieurs points d’achoppement.
https://cancer-rose.fr/2025/02/04/lassemblee-enterine-une-loi-pour-ameliorer-la-prise-en-charge-financiere-des-soins-chez-les-femmes-atteintes-de-cancer-du-sein/
Nos réponses à toutes les questions posées par la Cour des Comptes dans le document ci-dessous
Conclusion :
La conclusion tient en une image pour laquelle j’ai fait appel à l’IA, parce que l’intelligence humaine, même chez des hauts fonctionnaires, est décidément trop empreinte de biais cognitifs.

[i] Autier, P. and M. Boniol (2011). « Caution needed for country-specific cancer survival. » The Lancet 377(9760): 99-101.
Autier, P., M. Boniol, A. Gavin and L. J. Vatten (2011). « Breast cancer mortality in neighbouring European countries with different levels of screening but similar access to treatment: trend analysis of WHO mortality database. » BMJ 343: d4411.
Autier, P., M. Boniol, C. Héry, E. Masuyer and J. Ferlay (2007). « Cancer survival statistics should be viewed with caution. » The Lancet Oncology 8(12): 1050-1052.
Autier, P., M. Boniol, A. Koechlin, C. Pizot and M. Boniol (2017). « Effectiveness of and overdiagnosis from mammography screening in the Netherlands: population based study. » Bmj 359: j5224.
Autier, P., A. Koechlin, M. Smans, L. Vatten and M. Boniol (2012). « Mammography screening and breast cancer mortality in Sweden. » J Natl Cancer Inst 104(14): 1080-1093.
Barratt, A., K. J. Jorgensen and P. Autier (2018). « Reform of the National Screening Mammography Program in France. » JAMA Intern Med 178(2): 177-178.
Biller-Andorno, N. and P. Juni (2014). « Abolishing mammography screening programs? A view from the Swiss Medical Board. » N Engl J Med 370(21): 1965-1967.
Bleyer, A. and H. G. Welch (2012). « Effect of three decades of screening mammography on breast-cancer incidence. » N Engl J Med 367(21): 1998-2005.
Cho, H., A. B. Mariotto, L. M. Schwartz, J. Luo and S. Woloshin (2014). « When do changes in cancer survival mean progress? The insight from population incidence and mortality. » J Natl Cancer Inst Monogr 2014(49): 187- 197.
Gøtzsche, P. C. and O. Olsen (2000). « Is screening for breast cancer with mammography justifiable? » Lancet 355(9198): 129-134.
Harding, C., F. Pompei, D. Burmistrov, H. G. Welch, R. Abebe and R. Wilson (2015). « Breast Cancer Screening, Incidence, and Mortality Across US Counties. » JAMA Intern Med.
Junod, B., P. H. Zahl, R. M. Kaplan, J. Olsen and S. Greenland (2011). « An investigation of the apparent breast cancer epidemic in France: screening and incidence trends in birth cohorts. » BMC Cancer 11: 401.
Lousdal, M. L., I. S. Kristiansen, B. Moller and H. Stovring (2016). « Effect of organised mammography screening on stage-specific incidence in Norway: population study. » Br J Cancer.
The independent UK panel on breast cancer screening (2012). The Benefits and Harms of Breast Cancer Screening: An Independent Review.
Vainio, H. and F. Bianchini, Eds. (2002). IARC Handbooks of cancer prevention. Volume 7. Breast cancer screening. Lyon, IARC Press.
Rapport complet de la Cour des Comptes
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