Interview de Dr Duperray/Happy-Bien Être

Article dans le magazine Happy Bien-Être de février à avril 2021, reproduit avec l'aimable autorisation de l'éditeur.
Dr Bernard Duperray est l'auteur du livre "Dépistage du cancer du sein-la grande illusion", aux éditions Thierry Souccar

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Biographie de l'auteur

Le Dr. Bernard Duperray, médecin radiologue, a plus de 40 ans d'expérience hospitalière en sénologie. Il enseigne à la Faculté de Médecine Paris Descartes, au sein du diplôme inter-universitaire de pathologie mammaire. Le Dr. Duperray a participé comme conférencier à de nombreux enseignements en France et à l’international, ainsi qu’à l’encyclopédie dirigée par le professeur Fischgold au chapitre Sénologie du traité de radio-diagnostic. Responsable de l’organisation du dépistage du cancer du sein dans le département pilote de l’Oise, il démissionne en 1995 en avertissant les autorités de tutelle que les conditions d’une généralisation d’un dépistage de masse ne sont pas réunies et que les effets pervers peuvent l’emporter. Il est l’auteur du livre « Dépistage du cancer du sein, la grande illusion », publié en 2019, dans lequel il dresse le constat d’une mesure de santé publique mise en échec et tente d’en comprendre les raisons, parmi lesquelles figure le surdiagnostic.

Des extraits du livre peuvent être trouvés ici :

https://www.thierrysouccar.com/sante/info/cancer-du-sein-le-depistage-est-il-utile-5429

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Point de vue Cancer Rose dans le BMJ sur MyPEBS

La lettre 4-collectifs

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Concertation citoyenne sur le dépistage mammographique dans le JAMA

Viewpoint 

Less Is More

February 2018

Reforme du Programme de Dépistage Mammographique Français

Alexandra Barratt, MBBS, MPH, PhD1Karsten Juhl Jørgensen, MD2Philippe Autier, MD3

Un point de vue dans le JAMA Intern Med. 2018;178(2):177-178. doi:10.1001/jamainternmed.2017.5836

https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2659560

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Mammographie numérique

Résumé par Dr C.Bour 26/04/2021

Dans le Journal of The National Institute Volume 113, Numéro 1, janvier 2021, est édité un article de 2020 portant sur une importante méta-analyse. Celle-ci traite de l'apport de la mammographie numérique dans le dépistage du cancer du sein, publication que nous avions relayée ici : https://cancer-rose.fr/2020/06/28/la-mammographie-numerique-pas-plus-efficace-dans-la-reduction-des-cancers-les-plus-graves-selon-meta-analyse-australienne/

La mammographie numérique, approuvée en 2000 par la FDA américaine, est utilisée largement en France également. 
Des études suggéraient en effet que la nouvelle technologie était équivalente à l’ancienne technologie analogique sur film pour la détection du cancer.

Un peu de technique

La mammographie analogique produit une image imprimée directement sur un film argentique. 

La radiographie par capteur numérique (CR), qui a actuellement complètement remplacé l'analogique, est une technique de mammographie indirecte qui capte l’image sur une plaque réutilisable. Ce récepteur d’image contient un luminophore photostimulé, les rayons X entrainent une excitation des molécules luminescentes qui convertissent les rayons X en lumière. Un convertisseur analogique-numérique produit ensuite une image numérique qui peut être archivée.

La radiographie numérique directe (DR) n’emploie pas de plaques réutilisables. Des capteurs convertissent directement le flux de rayons X en un signal électrique qui sera par la suite numérisé et transféré à l'écran. L' image est visible et analysable sur écran directement par le radiologue. L’image est alors améliorable si elle est sur-ou sous-exposée pour un meilleur rendu. Ici aussi les images peuvent être stockées sous forme de fichiers numériques dans un système d’archivage informatique.

L'article

Dans l'article de la revue du National Institute les auteurs Otis W Brawley (oncologue et épidémiologiste à Baltimore USA) et Channing J Paller (oncologue et urologue à Baltimore, USA) rappellent tout d'abord les réultats de cette importante méta-analyse.

La mammographie numérique certes se justifie par un stockage et une manipulation plus aisés des images. Il existe également une possibilité de diagnostic assisté par ordinateur et une meilleure performance pour l'exploration des seins denses. La mammographie numérique présente aussi une exposition au rayonnement inférieure à celle de la mammographie sur film, si tant est qu'on ne multiplie pas le nombre de clichés de façon déraisonnable... Nous en reparlerons plus loin.

Pour un dépistage efficace rappellent les auteurs, trois objectifs doivent être atteints : davantage de tumeurs localisées trouvées en même temps qu'une diminution des cancers d'intervalle (tumeurs diagnostiquées entre deux dépistages), et une diminution de l’incidence des cancers avancés.

Malheureusement la méta-analyse australienne de Faber et col. (Ecole de santé publique de Sydney, Australie) confirme le problème du surdiagnostic accru par cette méthode permettant davantage de détection de petites lésions, notamment des carcinomes in situ dont la grande majorité n'impacte pas la vie de la femme diagnostiquée, en revanche il n'y a pas de différence sur les taux de détection des cancers invasifs.
L'étude suggère que 11% des cancers détectés par mammographie numérique sont des surdiagnostics. Mais d'autres analyses sont citées dans l'article, beaucoup plus pessimistes sur ces taux de surdiagnostics imputables au système numérique [1].

La technique numérique n'a aucun effet non plus sur les cancers d'intervalle qui ne s'en trouvent pas diminués.

Aux États-Unis, le taux d’incidence ( nouveaux diagnostics) du cancer du sein ajusté en fonction de l’âge a augmenté de plus de 30 % de 1975 à 2000, alors que l’incidence de cancer du sein avancé au moment du diagnostic était stable pour les 25 années, au lieu de décroître comme on l'attendait.[2]

Mais surtout on constate que le taux de rappel est nettement augmenté avec la technologie numérique en raison de l'augmentation des faux positifs, rendant fragile l'allégation d'une moindre irradiation grâce au numérique, puisque ces femmes rappelées en raison d'une fausse suspicion de cancer subiront, entre autres examens, de nouvelles radiographies.

Le plus de l'article

Deux points intéressants sont évoqués par Brawley et Channing par rapport aux résultats qu'on peut extraire de la méta-analyse australienne :

  1. La véritable mesure de la valeur d'un dépistage efficace au niveau de la population, c'est une réduction du taux de mortalité par cancer et des traitements inutiles. 
    Le dépistage ne devrait pas justifier son apparent succès par la découverte d'un plus en plus grand nombre de cancers, dont beaucoup sont des découvertes inutiles, mais plutôt sur la découverte d'un plus grand nombre de cancers qui sont importants à trouver car cliniquement dangereux pour les femmes qui en sont porteuses. Mais la mammographie numérique n'est pas plus discriminante pour ces formes-là et surdétecte bon nombre de cancers qui n'auraient pas portés à conséquence.
  2. Il est de nature humaine de penser que la nouvelle technologie est toujours la meilleure, et de nombreux experts ont estimé que la mammographie numérique conduirait à de meilleurs résultats pour la santé. 
    Parfois il faut se rendre à l'évidence que la vérité est différente de ce que des experts ont mis en avant. Ces résultats démontrent, selon les auteurs, l’importance de l’évaluation post-commercialisation et de l’ouverture d’esprit. 

    Ces résultats montrent également les variations biologiques du cancer du sein, et confirment une histoire naturelle de la pathologie non linéaire : certains cancers sont inutiles à trouver car régressent ou n'évoluent pas, d'autres sont d'emblée agressifs et se développent entre deux mammographies de dépistage sans qu'on puisse en enrayer leur survenue.

Notre commentaire

Nous invitons nos lecteurs à prendre connaissance des travaux de Bernard Junod et de Dr Bernard Duperray sur le surdiagnostic. L'histoire naturelle du cancer revêt une importance capitale, sans cette connaissance nous ne pourrons jamais comprendre le problème du surdiagnostic et celui des cancers d'intervalle.

https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2019/12/article-JunodDuperray-2006.pdf

Cliquez sur les images

https://cancer-rose.fr/2019/12/17/contributions-de-dr-b-duperray-sur-le-surdiagnostic-dans-le-cancer-du-sein/embed/

https://cancer-rose.fr/2021/02/24/diplo%cc%82me-interuniversitaire-senologie/embed/

Références

[1] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959804917313850

"Un tiers à la moitié des cancers du sein détectés par mammographie n'auraient pas été cliniques au cours de la vie (surdiagnostic)."

[2]Welch HG, Gorski DH, Albertsen PC. Trends in metastatic breast and prostate cancer–lessons in cancer dynamics. N Engl J Med. 2015;373(18):1685–1687.

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Nouvelle médiathèque bilingue

Cancer Rose, 3 mars 2021

Cancer Rose lance une nouvelle médiathèque bilingue

Cancer Rose lance une nouvelle médiathèque destinée au grand public et aux professionnels qui souhaitent en savoir plus sur le cancer du sein et son dépistage, ainsi que sur nos actions d’information et de formation. Vous la trouverez intégrée au menu parmi les autres catégories du site www.cancer-rose.fr.

La nouvelle conception de notre médiathèque bilingue permet une navigation améliorée pour aider nos visiteurs à trouver facilement les informations.  Les visiteurs peuvent parcourir aisément le contenu, consulter et télécharger tous les documents en libre accès, visionner les vidéos.

Pour le grand public la médiathèque propose des affiches, brochures, vidéos d’information, ainsi qu’un extrait du livre du Dr. Bernard Duperray « Dépistage du cancer du sein-la grande illusion »

Pour les professionnels, la médiathèque propose les cours du Dr. Bernard Duperray, enseignant à la Faculté de Médecine Paris Descartes, au sein du diplôme inter-universitaire de pathologie mammaire, ainsi qu'une bibliothèque de cas cliniques.

En outre, la médiathèque permet l’accès aux articles et communiqués de presse de Cancer Rose ainsi qu’aux présentations réalisées lors des différents événements et conférences en France et à l’international, depuis que l’association a été fondée.

Des liens vers les réseaux sociaux de Cancer Rose et la possibilité de partager tout contenu que vous souhaitez sur votre réseau social préféré, sont présents à tout moment de votre navigation sur la médiathèque.

Bonne visite sur https://cancer-rose.fr/mediatheque/ !

Le collectif Cancer Rose

Cancer Rose est une association à but non lucratif de droit français composée de médecins indépendants, un docteur en toxicologie et une représentante des patientes, dont l'objectif est de fournir aux femmes une information loyale, transparente et objective sur le dépistage de masse du cancer du sein, fondée sur des preuves scientifiques. Les membres de Cancer Rose ne bénéficient d'aucun parrainage, honoraires, soutien financier ou conflit d'intérêt provenant de sources commerciales. Ils consacrent bénévolement leur temps à cette activité. Les fonds nécessaires au fonctionnement de ce site web et à la production de matériel d'information (films éducatifs, brochures, affiches) sont générés par des dons individuels et les contributions des membres.

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Lancement du site Cancer Rose en anglais

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Couverture médiatique des dépistages


Couverture médiatique mondiale des avantages et des inconvénients des tests de détection précoce

Mary O’Keeffe, PhD1Alexandra Barratt, MD2Alice Fabbri, MD3,4Joshua R. Zadro, PhD1Giovanni E. Ferreira, PhD1Sweekriti Sharma, MPH1Ray N. Moynihan, PhD5
https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2778372

Synthèse Dr C.Bour 22 avril 2021

Cette "lettre de chercheurs" émane de scientifiques australiens dont Pr A.Barratt, professeur de santé publique à l'Université de Sydney et Dr. Ray Moynihan, chercheur à Bond University , et journaliste de santé, et porte sur la couverture médiatique des tests de dépistage. Elle a été publiée dans le JAMA le 5 avril 2021, les auteurs de la publication étudient la façon dont la balance bénéfices/préjudices de 5 tests sont traités dans les médias.

Les médias sont la clé de la promotion des tests envers des individus asymptomatiques dans la population, ils pourraient jouer un rôle important en encourageant la restitution réaliste des avantages et des inconvénients des dépistages, en incluant les diagnostics inutiles.
Mais les données suggèrent que la couverture médiatique médicale tend à exagérer les avantages, à minimiser les méfaits et à ignorer les conflits d’intérêts.

Méthodes

Les auteurs ont étudié toutes les narrations en anglais de 2016 à 2019 dans LexisNexis (société d'édition et d'information professionnelle), ProQuest (société mondiale fournissant des outils pour la recherche et la gestion de contenus, provenant de dissertations, thèses, livres, journaux, périodiques etc..) et Google News. 

Ont été inclus tous les types d’articles non fictifs des journaux, blogues, magazines, et transcriptions de diffusion dès lors qu'ils mentionnaient ou impliquaient un bénéfice ou un préjudice de tests médicaux, avec ou sans divulgation des conflits d’intérêts des narrateurs impliqués.

Les histoires ont été passées en revue selon qu'elles relataient des bénéfices sur la santé (traitements précoces, "sauvetage" de vies), ou au contraire des préjudices (faux positifs, surdiagnostics), et restituaient les points de vue exprimés par les commentateurs selon leur accord ou désaccord.

Cinq tests de détection précoce ont été ciblés par cet examen : les biopsies liquides, la tomosynthèse appelée aussi mammographie tri-dimensionnelle (dont nous avons parlé sur ce site [1] [2]), enregistrement de l'électrocardiogramme à l'aide de l'application Apple Watch Serie4, les biomarqueurs sanguins de la démence, et la technologie de l'intelligence artificielle dans la démence.

Résultats

Globalement la couverture médiatique met beaucoup plus l’accent sur les bénéfices des tests de détection précoce que sur les préjudices, et le risque de surdiagnostic était peu couvert.

Dans l’ensemble, 97 % des narrations ont rapporté les avantages, 37 % les inconvénients et seulement 34 % ont parlé à la fois des avantages et des inconvénients.

63 % des histoires ont indiqué uniquement les bénéfices, tandis que seulement 3 % relataient uniquement les inconvénients.

Le surdiagnostic n’a été mentionné que dans 57 des 432 des histoires, ce qui fait 13% seulement de tous les contenus qui mentionnaient des méfaits, soit 5 % des histoires de tout l’ensemble.

Au total

Cette étude confirme les résultats d'autres études analogues sur le sujet de la couverture médiatique en santé.[3] [4] [5]

Les auteurs suggèrent qu'une meilleure communication journalistique encouragerait un scepticisme plus sain sur les options en santé proposées aux populations, et réduirait le problème du surdiagnostic (ou surdétection).

Pour eux il est urgent d’adopter des stratégies afin d' améliorer la couverture médiatique pour que les professionnels, les patients et le public reçoivent des renseignements plus équilibrés sur les tests de détection précoce.

Commentaires

Nous nous sommes par le passé déjà maintes fois alarmés de la restitution biaisée des faits scientifiques dans les médias.

Concernant la mammographie de dépistage, les slogans faciles vont bon train, facilités par l'impossibilité pour les femmes de prendre une décision éclairée puisque fallacieusement informées, comme le montre une étude antérieure.[6]

Un commentaire publié à la suite de l'étude australienne dans le JAMA nous a particulièrement intéressés[7].

Il s'agit de celui de Dr Diamandis[8], biochimiste en chef de l'University Health Network et des 'Toronto Medical Laboratories' et aussi chef de division de biochimie clinique au département de pathobiologie de l'Université de Toronto en Ontario, Canada.

On se souvient en effet de l'engouement et de l'enthousiasme débridés de la part des médias, dès 2015, sur les "biopsies liquides"[9]. On présentait la "femme qui vaincrait le cancer", "l'héroïne des temps modernes" sur de nombreux plateaux télévisés et plusieurs médias plus ou moins glamour. Il s'agissait de Mme Patrizia Paterlini-Bréchot, scientifique ayant travaillé sur la mise au point des biopsies liquides. [10][11] [12] [13] [14] [15] [16] [17]

Mais des études et publications moins média-compatibles[18] [19] douchent cet enthousiasme sur la possibilité d'utiliser les biopsies liquides plus largement comme dépistages de routine systématiques en population.

En effet, en plus de son coût et de sa complexité élevés, ces tests sur l'ADN tumoral circulant semblent souffrir des mêmes problèmes de faible sensibilité et spécificité que les biomarqueurs traditionnels si on cherche en les utiliser pour un dépistage dans une population asymptomatique et a priori saine. Ce qui veut dire qu'on va au-devant de surdiagnostics, de faux positifs en grands nombres, avec affolement des populations et cascades d'examens somplémentaires pour les personnes testés positives (pour mieux comprendre ces notions, se reporter ici : https://cancer-rose.fr/2016/11/13/cancer-du-sein-un-peu-de-technique/).

Dans son commentaire à l'étude de l'équipe australienne, Dr Diamandis écrit ceci :

"Plus récemment, comme les auteurs l’ont souligné, nous avons vu une forte poussée de la part des chercheurs universitaires et des entreprises de tests d’ADN de tumeur en circulation pour la détection précoce du cancer. Cependant, nos calculs ont montré que ce test ne pourra détecter que de grandes tumeurs symptomatiques. Nous avons en outre souligné la nécessité pour les journaux de fournir un espace de débats sains sur des questions aussi controversées. Depuis :reportage biaisé favorisant la bonne nouvelle, mais pas les mauvaises nouvelles..."

Références


[1] https://cancer-rose.fr/2019/11/28/avis-de-la-haute-autorite-de-sante-sur-la-performance-de-la-mammographie-par-tomosynthese-dans-le-depistage-organise/

[2] https://cancer-rose.fr/2019/03/09/association-de-la-tomosynthese-versus-mammographie-numerique-dans-la-detection-des-cancers/

[3] MoynihanR,BeroL,Ross-DegnanD,etal.Coveragebythenewsmediaof the benefits and risks of medications. N Engl J Med. 2000;342(22):1645-1650.

[4] MoynihanRN,ClarkJ,AlbarqouniL.Mediacoverageofthebenefitsand harms of the 2017 expanded definition of high blood pressure. JAMA Intern Med. 2019;179(2):272-273.

[5] Walsh-ChildersK,BraddockJ,RabazaC,SchwitzerG.Onestepforward,one step back: changes in news coverage of medical interventions. Health Commun. 2018;33(2):174-187.

[6] https://cancer-rose.fr/2017/01/03/la-perception-et-la-realite/

[7] https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2778372

[8] https://www.aacc.org/community/merit-awards/hall-of-fame/bios/a-to-k/eleftherios-diamandis

[9] La biopsie liquide consiste, schématiquement, à prélever un échantillon sanguin pour détecter le plus précocément possible du matériel libéré dans le sang par des tumeurs cancéreuses. Trois outils peuvent être utilisés : la détection d’ADN tumoral circulant , d'ARN tumoral circulant , de cellules tumorales circulantes.

Pour l'instant on considère qu'il pourrait s'agir d'une piste intéressante pour la recherche. Mais une personne qui n’a pas de cancer et simplement inquiète pour sa santé ne peut pas, aujourd’hui, bénéficier de ce type de prise de sang.

[10] https://www.letemps.ch/sciences/biopsie-liquide-parade-inedite-contre-cancer

[11] https://www.marieclaire.fr/,focus-sur-patrizia-paterlini-brechot-la-femme-qui-va-nous-sauver-du-cancer,819617.asp

[12] https://www.notretemps.com/sante/actualites-sante/patrizia-paterlini-brechot-oncologue-court-cancer,i119711

[13] https://www.hachette.fr/interview/patrizia-paterlini-brechot-combattu-avec-la-tete-et-avec-le-coeur-pour-y-arriver

[14] https://www.elle.fr/Societe/News/Patrizia-Paterlini-Brechot-la-femme-qui-fait-reculer-le-cancer-2859710

[15] https://www.dailymotion.com/video/x43u007

[16] https://www.youtube.com/watch?v=5AwzQ77r258

[17] https://da-dk.facebook.com/franceinter/videos/patrizia-paterlini-br%C3%A9chot-est-linvit%C3%A9-de-patrick-cohen-du-19/1230781260290325/

[18] Fiala C, Diamandis EP. Utility of circulating tumor DNA in cancer diagnostics with emphasis on early detection. BMC Med. 2018 Oct 2;16(1):166. doi: 10.1186/s12916-018-1157-9. PMID: 30285732; PMCID: PMC6167864.

[19] https://www.edimark.fr/lettre-cancerologue/biopsie-liquide-avantages-limites

"L'utilisation des CTC ou de l'ADNtc comme outils de dépistage précoce d'une tumeur primitive ou d'une récidive reste un sujet de recherche clinique très actif, mais n'est pas, en l'absence de preuve clinique, utilisable en routine."

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Les méthodes d’influence du public pour l’inciter aux dépistages

Catégories d'influences systématiques appliquées pour augmenter la participation au dépistage du cancer : revue et analyse de la littérature

Joseph Rahbek, Christian P. Jauernik, Thomas Ploug, John Brodersen (en savoir plus sur les auteurs ==> voir au bas de l'article)

https://publichealth.ku.dk/staff/?pure=en%2Fpublications%2Fcategories-of-systematic-influences-applied-to-increase-cancer-screening-participation(2cfeab86-5b7c-47db-be7b-bdf04436a71f).html

https://academic.oup.com/eurpub/article-abstract/31/1/200/5902144?redirectedFrom=fulltext

20 avril 2021 ;
Résumé Dr C.Bour, avec l'aide de notre patiente référente Sophie

Sous ce titre les auteurs ont pour but d'analyser comment les autorités sanitaires peuvent influencer les citoyens de manière subtile pour les amener à participer à des programmes de dépistage du cancer.
Les chercheurs ont isolé et analysé plusieurs "catégories d'influence", c'est à dire plusieurs méthodes qui permettent de pousser le public à se soumettre aux dépistages.
Ils soulignent que lorsque les influences prennent trop d'importance, cela se fait aux dépens de la capacité des citoyens à faire un choix personnel.

Les méthodes de l'étude

Deux méthodes ont été choisies :

  • Une recherche documentaire systématique a été effectuée sur trois bases de données recensant articles scientifiques et publications qui sont : PubMed, Embase et PsycINFO. Mais il s'y est ajouté aussi un examen de la littérature dite "grise", c'est à dire des brochures d'information et de contenus de sites web émanant des autorités de contrôle et des organisations de patients ciblant les citoyens.
  • Des experts compétents ont été contactés via des listes d'adresses électroniques internationales et invités à fournir des exemples d'influences systématiques dans le domaine du dépistage du cancer. Ces experts font partie de collectifs indépendants et possèdent une expertise sur le cancer et dans le domaine des dommages collatéraux des dépistages.
    Il s'agit des groupes suivants : EuroPrev (18 membres)[1], du Nordic Risk Group (24 membres)[2], de Preventing Overdiagnosis (27 membres)[3], d'un groupe Google (breast-cancer-screening google group) s'intéressant particulièrement à la mammographie de dépistage (42 membres), et de Wiser Healthcare (21 membres)[4]

Les résultats

Les 19 articles inclus et l'enquête d'experts ont permis d'isoler six grandes catégories d'influence systématique: (a) présentation trompeuse des statistiques, (b) représentation déséquilibrée des dommages par rapport aux bénéfices,  (c) système d'opt-out,(qui consiste à considérer comme un consentement passif le fait qu'un patient sollicité ne s'oppose pas à l'invitation à faire le dépistage), (d) la recommandation de participation, (e) appel à la peur (f) influence sur les médecins généralistes et autres professionnels de santé. 

Les auteurs illustrent des exemples pour chaque catégorie

a) Présentation trompeuse des statistiques

Il s'agit de présenter les données de réduction de mortalité de façon enjolivée en utilisant des pourcentages de réduction relative du risque de décéder, au lieu de chiffres bruts.

NDLR ; par exemple dans le cas du dépistage du cancer du sein, un gain de mortalité de 20% est mis en avant. Il s'agit d'une réduction du risque de mourir lorsqu'on compare deux groupes, donc d'un groupe par rapport à un autre groupe.

Avec ce genre de présentation on pourrait penser que 20 personnes sur 100 dépistées en moins mourront du cancer. Il n'en est rien, explication :

Si sur 1 000 femmes dépistées 4 meurent d'un cancer du sein, et que sur un groupe de femmes non dépistées 5 meurent d'un cancer du sein, le passage de 5 à 4 constitue mathématiquement une réduction de 20% de mortalité, mais en chiffres absolus cela ne fait qu'une différence d'une seule femme... C'est pour cela qu'il convient de toujours exiger une présentation en données réelles, et non en pourcentage ce qui embellit la situation.
A ce propos lire ici une excellente explication : 
http://hippocrate-et-pindare.fr/2017/01/01/resolution-2017-non-au-risque-relatif-oui-au-risque-absolu/

Souvent médecins et patients ont une compréhension limitée des statistiques, et exposer les réductions de risque en chiffres relatifs est susceptible d'augmenter la participation surtout par le fait que les citoyens surestiment les avantages du dépistage.[5]

b) Représentation déséquilibrée des dommages par rapport aux bénéfices

Cette méthode d'influence peut se faire en présentant les bénéfices en chiffres relatifs, comme nous venons de le voir plus haut, et les dommages en revanche en chiffres absolus. Ou bien on peut minimiser et même omettre complètement certains types de dommages.

Les auteurs citent pour exemple une brochure d'information britannique sur le dépistage par mammographie dans laquelle la réduction de la mortalité du cancer du sein était soulignée, mais un dommage majeur comme le surtraitement était omis [6]. En outre, la même brochure britannique montrait le risque de surdiagnostic après un tour de dépistage, et la réduction cumulative de la mortalité après cinq tours de dépistage, minimisant ainsi les dommages tout en exagérant les bénéfices.

Le fait de ne pas informer correctement porte aussi sur l'omission des dommages tels que le surdiagnostic et le surtraitement.
NDLR : Nous allons détailler dans un paragraphe dédié les travers absolument identiques dans l'information donnée en France aux femmes, dénoncés d'ailleurs dans cette étude, travers mentionnés également lors de la concertation citoyenne sur le dépistage. Nous y reviendrons.

c) Systèmes opt-out

Cela consiste à d'attribuer aux citoyens un rendez-vous fixé à l'avance au moment de l'invitation. Si la personne ne souhaite pas participer elle doit se désengager activement. On considère de facto le non-refus du patient comme acceptation de participer.

NDLR : En France nous ne connaissons pas ce système de prise de rendez-vous imposé, en revanche le système de relance est largement utilisé si une patiente ne se présente pas au rendez-vous de mammographie de dépistage (relances par courriers et parfois sms).

d) Recommandations à participer

Une recommandation à se soumettre à un dispositif de santé ne fournit pas de données factuelles sur l'efficacité ou la pertinence ou encore le bienfait d'un programme de dépistage. Au contraire, elle fait passer une option (celle de participer) comme étant la plus intelligente ou la meilleure, en se fondant sur l'autorité de la source dont émane l'injonction. C'est l'argument d'autorité.[7]

La mise en scène de célébrités est aussi utilisée largement dans différents pays pour augmenter le taux de participation. Des exemples cocasses sont évoqués dans l'article de Brodersen et col. : "Dans une vidéo gouvernementale islandaise, après avoir examiné le rectum d'un citoyen, le médecin lui donne une claque sur le derrière et s'exclame : "Plus d'hommes devraient suivre votre exemple et prendre soin de leur derrière" - une recommandation, non accompagnée de données factuelles".

e)Appel à la peur

C'est un levier largement éprouvé. En s'appuyant sur l'incertitude de la vie et en mettant l'accent sur la peur de mourir, bien humaine, il est facile de convaincre.

Tous ces leviers précédemment énumérés sont illustrés de façon excellente et imagée dans l'article du média Cortecs : https://cortecs.org/2016/05/ (NDLR)

f) Influence sur les médecins généralistes et les autres professionnels de santé

La plus évidente est le système de récompense par rémunération lorsque le professionnel incite un patient à participer, appelé  P4P (Pay for performance) ou ROSP (rémunération sur les objectifs de santé publique) en France.

g)Autres

Elle n'a pas cours en France mais est en vigueur en Urugay, et elle a failli voir le jour en Allemagne : il s'agit de l'influence législative.

En Allemagne, en 2007, une proposition de loi suggérait que si un individu ne participait pas à un programme de dépistage du cancer et que l'on diagnostiquait ensuite le type de cancer pour lequel il avait été appelé à se faire dépister, cet individu devait alors payer le double de l'impôt sur la santé - proposition de loi qui fut finalement rejetée.

Au total

L' analyse des auteurs montre qu'il y a un point commun entre les six grandes catégories d'influence détaillées dans l'article : elles agissent par des biais psychologiques et la mise en avant des coûts supportés par le patient en cas de sa non-participation (en termes de temps et coûts financiers).

L'article ici se concentre essentiellement sur le « nudging » exercé sur les populations, ce terme désignant tout ce qui modifie de façon prévisible le comportement des gens en les poussant dans ce qu'on souhaite leur faire adopter, sans aucun scrupule, et jusqu'à aller même aux incitations financières.

Dans la mesure où l'autonomie du patient et son choix éclairé sont importants, disent les auteurs, le recours à ce type d'influences est éthiquement douteux dans les programmes de dépistage du cancer où le rapport bénéfices/dommages est complexe et scientifiquement contesté.

Selon eux, il est donc nécessaire de trouver de meilleurs moyens de faciliter la participation des citoyens qui le souhaitent, sans pour autant pousser les citoyens réticents à participer. Au lieu d'évaluer les programmes de dépistage du cancer sur la base du taux de participation, on devrait les évaluer sur les taux des décisions éclairées, indépendamment de la participation ou de la non-participation.

Pour résumer, les points-clés :

  •  Cette étude met en évidence six catégories d'influences systématiques appliquées pour augmenter la participation aux programmes nationaux de dépistage du cancer.
  • Les catégories d'influences agissent sur les individus par le biais de préjugés psychologiques et des coûts personnels qui seraient occasionnés par leur non-participation. Cela n'est pas compatible avec le choix éclairé des citoyens.
  • Il est nécessaire de mener des recherches sur la manière de mettre en œuvre correctement des modèles de décision éclairée pour les citoyens, sans compliquer la participation de citoyens qui seraient par ailleurs disposés à aller aux dépistages.

Les modes de pression et de manipulation des structures sanitaires en France, en particulier pour le dépistage du cancer du sein par mammographie

Nous allons reprendre les six méthodes d'influence décrites et en analyser l'application en France, spécifiquement concernant le dépistage du cancer du sein qui est notre sujet de préoccupation.

Les travers de l'information en France ont été très bien identifiés et décrits dans le rapport de la concertation citoyenne et scientifique sur le dépistage du cancer du sein (2015/2016) qui, rappelons-le, demandait l'arrêt de ce dépistage.[8] (constats des multiples manquements dans l'information donnée aux femmes)

Il faut souligner l'incroyable cynisme de l'Institut National du Cancer qui  se sert de cette même publication dans une optique d'amélioration du taux de participation au dépistage !

En effet, sur le site de l'institut, dans la rubrique destinée aux médecins (accès thématique "professionnels de santé") cette publication est citée comme base pour l'amélioration du taux de participation, faisant fi de la dénonciation du caractère non-éthique des techniques d'influence par les auteurs de l'étude : https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Veille-bibliographique/Nota-Bene-Cancer/Nota-Bene-Cancer-460/Categories-of-systematic-influences-applied-to-increase-cancer-screening-participation-a-literature-review-and-analysis
"Menée à partir d'une revue systématique de la littérature (19 articles) et à l'aide d'experts, cette étude identifie les différents types d'influence permettant d'améliorer le taux de participation aux programmes de dépistage".
Le caractère critique de l'étude Rahbek et al. n'est en aucun cas évoqué...

Examinons l'information donnée aux femmes à l'aune des 6 catégories d'influence analysés dans l'article.

a) Présentation trompeuse des statistiques

Rahbek et collaborateurs citent, dans le tableau 5 de la partie "suppléments" de leur étude (TABLE 5. GREY LITERATURE SEARCH RESULTS) justement le livret de l'INCa[9] comme exemple d'une information fallacieuse des données statistiques, et ils dénoncent la présentation faite par la brochure française de la mortalité en risques relatifs. En effet, dans le livret français la réduction du risque de décéder par cancer du sein, (ce soi-disant gain de mortalité) est annoncé par l'INCa entre 15 et 20%. Nous avions nous-mêmes également analysé ce livret et émis les mêmes constats sur cette information trompeuse et enjolivante concernant le gain de mortalité supposé du dépistage du cancer du sein [10].

Lorsqu'on se rend sur le site de l'INCa[11], censé garantir la bonne information des populations, nous tombons d'emblée sur le même travers dénoncé par la publication, ici : https://cancersdusein.e-cancer.fr/infos/pourquoi-les-autorites-de-sante-recommandent-de-realiser-un-depistage/ : "Les études internationales estiment que ces programmes permettent d’éviter entre 15 % et 21 % des décès par cancer du sein."

Même présentation retrouvée encore et toujours sur le site de l'Assurance Maladie, malgré les demandes citoyennes d'éviter cet écueil, superbement ignorées et méprisées par ces instances pourtant lourdement épinglées pour leurs manquements, comme on peut le constater sur le site ameli, ici : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/cancer-sein/depistage-gratuit-50-74-ans

b) Représentation déséquilibrée des dommages par rapport aux bénéfices

Sur le site de l'Assurance Maladie, il est impossible pour une patiente d'obtenir des renseignements sur surdiagnostic ou surtraitement. Dans la loupe de recherche il n'y a aucune occurrence.

Mais dans l'onglet "dépistage organisé du cancer du sein" vous trouverez une vidéo faite par l'INCa ainsi qu'un renvoi vers la page de l'Institut.

Les avantages, sur le site officiel de l'INCa, y sont largement développés, et les risques s'appellent ici pudiquement les "limites du dépistage". Dans le petit paragraphe 'LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT DE CANCERS PEU ÉVOLUTIFS' le surtraitement, concrétisation directe pour les femmes du surdiagnostic, n'est jamais évoqué.

Le surdiagnostic est indiqué à un pourcentage de 10 à 20%, chiffres complètement obsolètes et revus à la hausse depuis bien longtemps[12]

Apparaissent même des chiffres encore plus bas sur la page destinée aux professionnels : « Selon les études publiées, le surdiagnostic pourrait être de l'ordre de 1 à 10 %, voire 20 %. » https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Depistage-et-detection-precoce/Depistage-du-cancer-du-sein/Les-reponses-a-vos-questions


Même constat sur le site dédié au dépistage du cancer du sein (Prévention et dépistage du cancer du sein) ou vous trouvez exactement une rédaction identique.[13]
Nous avions réalisé nous-mêmes également une évaluation chiffrée de la valeur informative de ce site où l'incitation pour le dépistage est manifeste.[14]
On retrouve à nouveau citées les brochures françaises dans les "suppléments" de l'étude de Rahbek et al, item  'MISREPRESENTATION OF HARMS VS BENEFITS' (mauvaise représentation des bénéfices et risques) ; les auteurs dénoncent l'omission du surdiagnostic dans les brochures officielles. Pour être plus exact, le surdiagnostic est mentionné dans le livret mais très minimisé, et la description du surtraitement, corollaire du surdiagnostic, est complètement manquante.

Toujours dans la même rubrique, Rahbek et al. dénoncent l'omission par les brochures françaises officielles du risque d'exposition aux rayonnement ionisant. Nous avions également relevé ce point dans l'analyse du livret (référence 11). Mais en fait ce point est réellement évoqué page 12 du livret de l'INCa, qui indique que : "le risque de décès par cancer radio-induit est de l’ordre de 1 à 10 pour 100000 femmes ayant réalisé une mammographie tous les 2 ans pendant 10 ans."
C'est vrai mais il convient néanmoins de préciser que ce risque augmente avec la répétition des examens et des incidences. Rappelons que 3 mSv sont reçus en moyenne avec une mammographie (entre 2 et 3 clichés par sein selon les besoins), ce qui correspond à déjà 9 mois d'irradiation annuelle (laquelle est de 4,5 mSv par an pour un Français). 

c) Système opt-out

Comme nous le disions plus haut, ce système n'a pas cours en France, en revanche si la femme ne se présente pas au dépistage elle sera relancée plusieurs fois, parfois même par sms, donnant souvent aux femmes l'impression d'un caractère obligatoire de ce dépistage. Il n'en est rien et nous mettons en page d'accueil un formulaire pré-rempli que les femmes souhaitant se soustraire au dépistage mammographique peuvent renvoyer à leur structure départementale de dépistage.[15]

A la fin fin du livret de l'INCa, il est bien  indiqué «Vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas vous faire dépister. Remplissez le questionnaire figurant dans le courrier d’invitation et retournez-le à l’adresse indiquée. Sachez qu’il vous est possible à tout moment de revenir sur votre choix. »

d) Recommandations à participer

L'argument d'autorité est largement véhiculé par des leaders d'opinion, un radiologue prend la parole sur la page d'accueil du site "préventions et dépistage des cancers du sein".

En pleine pandémie Covid, nous avons vu un cancérologue de renom appeler les femmes à poursuivre leur dépistage, en les effrayant et en soutenant à cors et à cris que le cancer du sein tuerait davantage que la pandémie. Lorsqu'on lit que la barre des 100 00 décès par covid a été franchie en une année (le cancer du sein provoque 12 000 décès/an), on se rend compte à quel point ces comptabilités semblent sordides et surtout à quel point certains médecins médiatiques ne reculent devant aucune exagération pour véhiculer des messages incitatifs et angoissants.[16]

Les stars en France ne sont pas en reste, comme l'atteste l'émission "stars à nu" où des célébrités se dévoilent pour "la bonne cause" avec des messages indigents intellectuellement et insuffisants sur le plan de l'information scientifique.[17]

En 2011, Marie-Claire publiait de multiples photos de stars françaises qui se laissaient photographier dénudées pour "sensibiliser" au dépistage du cancer du sein, et permettant à ce média une considérable et profitable augmentation de ses ventes.[18]

e)Appel à la peur

L'association Ruban Rose, anciennement 'Cancer-du-Sein-Parlons-en' , diffusait un spot en 2015 fondé sur des messages relatifs à la mort (le cancer du sein, le plus fréquent, le plus meurtrier).[19]

L'INCa n'est pas en reste et en 2018 était éditée cette affichette : "Ce cancer est à la fois le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes. Pourtant s’il est détecté tôt, les traitements sont en général moins lourds et les chances de guérison plus importantes"

https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depistage-du-cancer-du-sein-2018-Affiche-sans-zone-de-repiquage

Le cancer est constamment associé à un verdict de mort, tellement les messages médicaux, sociétaux, médiatiques sont basés sur un jargon militaire et belliqueux : le cancer est un ennemi qui inexorablement va envahir l'organisme. Le malade vainc ou y succombe, malgré "l'arsenal thérapeutique" ou le "combat" mené par la patiente.

Dès qu'un cancer est diagnostiqué à la mammographie, la fébrilité que le médecin manifeste à engager pour sa patiente des prises de rendez-vous à d'autres examens et à la consultation chirurgicale renforce l’idée d’imminence de mort pour la patiente. Chaque nouvelle femme diagnostiquée se sent bannie du monde des "normales" et se sent menacée d’expulsion du corps social (travail, famille, assurance, banque..). Le stress manifesté par certaines femmes après une annonce est tel que certaines perdent tout contrôle de leur vie, professionnelle, affective, familiale. Et cela est très bien perçue par les autres femmes de l'entourage familial, amical ou professionnel.

f) Influence sur les médecins généralistes et les autres professionnels de santé

En France il s'agit du système de la ROSP (rémunération sur les objectifs de santé publique).[20]

Voir ici :

https://www.ameli.fr/seine-saint-denis/medecin/exercice-liberal/remuneration/remuneration-objectifs/medecin-traitant-adulte

Remarquons que sur le site dédié aux  professionnels [21], le risque de "mutilation inutile de femmes dépistées par excès" est bien reconnu, la controverse et la concertation de 2016 sont évoquées, néanmoins la prime est maintenue (selon page web du 29 décembre 2020)


Mais pire encore est l'incitation financière sur les femmes elles-mêmes. En effet en 2020 l'INCa organisait une mascarade de concertation[22] où un item a retenu notre attention, car il proposait de rémunérer cette fois les femmes afin de les amener au dépistage.

Une citoyenne s'en est d'ailleurs émue dans un article publié dans le JIM, dénonçant l'absence de considération éthique dans cette proposition de "participation tarifée".[23]

La manipulation des femmes est une thématique scientifique à part entière

A lire ici : https://cancer-rose.fr/2020/09/02/manipulation-de-linformation-sur-le-depistage-du-cancer-du-sein-comme-thematique-scientifique/

CONCLUSION

Rahbek et al ont parfaitement identifié les manquements de l'information délivrée au public sur les dépistages d'une manière générale, information qui reste globalement souvent incitative, ce qui va à l'encontre des objectifs d'éthique que l'on doit au patient.

Les lacunes et manquements des brochures officielles françaises sont relevés, y compris ceux de l'INCa, institut censé pourtant protéger le patient.
La brochure-livret de l'INca, déjà bien imparfaite, est envoyée aux femmes éligibles au dépistage une seule fois lors de leur première convocation quand elles ont 50 ans. En 2017 donc, date de la publication de ce livret, les femmes de 50 ans primo-convoquées l'ont reçues, mais les femmes au-delà de 50 ans de cette époque ne la recevront ainsi jamais.

Et que dire de la brochure multi-langues de l'INCa, encore plus succincte..?[24]

De notre point de vue on ne peut être qu'atterrés et affligés de constater à quel point les demandes des citoyennes françaises, qui avaient, lors de la concertation de 2016, identifié les mêmes problèmes, sont restées non entendues et méprisées par les autorités françaises.

ANNEXE :

Vous trouverez ici une la traduction du tableau mis en annexe avec la publication d'origine, faisant figurer les recherches de la littérature dite 'grise' (les brochures et les sites web d'information). Nous avons sélectionné pour présentation dans notre article seulement les exemples concernant le cancer du sein par mammographie.

Nous avons constaté que ces exemples représentaient environ 60% de la totalité des exemples pour tous les cancers confondus : prostate, sein, cervical et colorectal. On peut conclure sur une communication préférentielle, un matraquage autour du dépistage du cancer du sein, par rapport aux autres cancers.

Tableau ; https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2021/04/nouveau-tableau.pdf

A propos des auteurs

Thomas Ploug
Thomas Ploug est professeur d'éthique des TIC (technologies de l'information et de la communication) au département de communication et de psychologie de l'université Aalborg de Copenhague. Il est titulaire d'une maîtrise en philosophie de l'université de Copenhague et d'un doctorat en éthique des TIC de l'université du Danemark du Sud. Ses intérêts et projets de recherche portent sur des sujets couvrant différents domaines relevant de l'éthique appliquée, tels que l'éthique des TIC, l'éthique médicale et la bioéthique. Il participe actuellement à des projets sur le comportement de consentement en ligne et hors ligne dans le contexte de la santé, et le "nudging" dans le secteur de la santé. Il est chef du groupe de recherche sur la communication et les études de l'information, directeur du Centre d'éthique appliquée et de philosophie des sciences, membre du Conseil danois d'éthique et du comité d'éthique clinique du Rigshospitalet, à Copenhague.

Joseph Rahbek

Master student Department of Public Health, Section of General Practice
Research Unit for General Practice, Section of General Practice, Department of Public Health, University of Copenhagen, Copenhagen K, Denmark

Christian P. Jauernik

The Research Unit for General Practice, Section of General Practice, Department of Public Health, University of Copenhagen, Copenhagen K, Denmark

John Brodersen, Professor, Université de Copenhague
https://publichealth.ku.dk/staff/?pure=en%2Fpersons%2Fjohn-brodersen(0f06ffbd-c5c4-4560-aac7-f0bfdf8e86e7).html

John Brodersen, l'auteur sénior de cet article est médecin généraliste et possède plus de dix ans d'expérience en pratique clinique. Le Dr Brodersen est titulaire d'un doctorat en santé publique et en psychométrie et travaille en tant que professeur de recherche associé dans le domaine du dépistage médical à l'Université de Copenhague, au département de santé publique, à l'unité de recherche et à la section de médecine générale.
Ses travaux ont servi pour la rédaction du Guide de dépistage de l'OMS de 2020, qui s’appuie sur les documents de référence rédigés par John Brodersen pour la Consultation technique européenne 2019 de l’OMS sur le dépistage.
https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/330852/9789289054799-fre.pdf

Il est également co-auteur de la brochure Cochrane de 2012 sur le dépistage mammographique.https://www.cochrane.dk/sites/cochrane.dk/files/public/uploads/images/mammography/mammografi-fr.pdf

Il est membre du Board et Comité scientifique de l'organisation non-profit  "Preventing Overdiagnosis"https://www.preventingoverdiagnosis.net/?page_id=6

Ses recherches sont axées sur le développement et la validation de questionnaires destinés à mesurer les conséquences psychosociales des résultats de dépistage faussement positifs. Le Dr Brodersen a publié de nombreux articles dans des revues à comité de lecture.
En ce qui concerne l'autodiagnostic et le dépistage, le Dr Brodersen est spécialisé dans les domaines de la sensibilité, de la spécificité, des valeurs prédictives, du surdiagnostic, du consentement éclairé et des conséquences psychosociales pour les personnes en bonne santé lorsqu'elles subissent un test.
Il enseigne également au niveau national et international la médecine fondée sur les preuves.
Thèse de doctorat :Brodersen, J 2006 , Mesurer les conséquences psychosociales des résultats de dépistage faussement positifs - le cancer du sein comme exemple, thèse de doctorat, Månedsskrift for Praktisk Lægegerning, Département de médecine générale, Institut de santé publique, Faculté des sciences de la santé, Université de Copenhague. Copenhague


REFERENCES

[1] European Network for Prevention and Health Promotion in Family Medicine and General Practice. Available at: http://europrev.woncaeurope.org/

[2] Nordic Risk Group. Available at: http://nordicriskgroup.net/

[3] Preventing Overdiagnosis. Available at: http://www.preventingoverdiagnosis.net/

[4] Wiser Healthcare. Available at: http://wiserhealthcare.org.au/

[5] https://cancer-rose.fr/2017/01/03/la-perception-et-la-realite/

[6] Gotzsche PC, Hartling OJ, Nielsen M, et al. Breast screening: the facts–or maybe not. BMJ 2009;338:b86.

[7] https://cancer-rose.fr/2020/11/03/propagande-du-depistage/, voir la partie LEADERS D'OPINION ET MEDIAS

[8] http://www.concertation-depistage.fr/wp-content/uploads/2016/10/depistage-cancer-sein-rapport-concertation-sept-2016.pdf

  • page 125, le constat d'une information inadaptée.
  • page 57 : les incitations financières
  • pages 85, 92, 93, 115 : la communication "lacunaire" de l'INCa
  • pages 95, 96 jusqu'à 100 : la communication 'simpliste' de l'Assurance Maladie
  • page 133 : les deux scénarios proposés par le comité de pilotage pour l'arrêt du dépistage mammographique.

[9] https://cancersdusein.e-cancer.fr/infos/un-livret-sur-le-depistage-pour-sinformer-et-decider/ ou https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Livret-d-information-sur-le-depistage-organise-du-cancer-du-sein

[10] https://cancer-rose.fr/2017/09/17/analyse-critique-du-nouveau-livret-dinformation-de-linca/

[11] https://cancersdusein.e-cancer.fr/

[12] https://cancer-rose.fr/2019/09/06/le-depistage-mammographique-un-enjeu-majeur-en-medecine/

[13] https://cancersdusein.e-cancer.fr/infos/les-benefices-et-les-limites-du-depistage/

[14] https://cancer-rose.fr/2018/02/11/10552/

[15] https://cancer-rose.fr/wp-content/uploads/2019/07/Droit-dopposition_Mammos.pdf

[16] https://cancer-rose.fr/2020/11/03/propagande-du-depistage/

[17] https://cancer-rose.fr/2020/02/06/ah-mais-quelle-aubaine-ce-cancer/

[18] https://cortecs.org/wp-content/uploads/2016/03/CorteX_mammo_sophie_davant.png

[19] https://www.youtube.com/watch?v=y7widbIFUb8

[20] https://cancer-rose.fr/2020/04/20/la-nouvelle-rosp-quel-changement-pour-le-medecin-concernant-le-depistage-du-cancer-du-sein/

[21] https://www.ameli.fr/seine-saint-denis/medecin/exercice-liberal/remuneration/remuneration-objectifs/medecin-traitant-adulte

[22] https://cancer-rose.fr/2020/12/17/la-concertation-citoyenne-de-linca-sur-le-futur-plan-cancer-une-mascarade/

[23] https://cancer-rose.fr/2021/02/13/etre-paye-pour-se-faire-depister/

[24] https://www.e-cancer.fr/Expertises-et-publications/Catalogue-des-publications/Depliant-d-information-en-langues-etrangeres-sur-le-depistage-organise-du-cancer-du-sein

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Présentation pour les femmes

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NOUVELLE MEDIATHEQUE BILINGUE

Cancer Rose, 31 mars 2021

Cancer Rose lance une nouvelle médiathèque bilingue

Cancer Rose lance une nouvelle médiathèque destinée au grand public et aux professionnels qui souhaitent en savoir plus sur le cancer du sein et son dépistage, ainsi que sur nos actions d’information et de formation. Vous la trouverez intégrée au menu parmi les autres catégories du site www.cancer-rose.fr.

La nouvelle conception de notre médiathèque bilingue permet une navigation améliorée pour aider nos visiteurs à trouver facilement les informations.  Les visiteurs peuvent parcourir aisément le contenu, consulter et télécharger tous les documents en libre accès, visionner les vidéos.

Pour le grand public la médiathèque propose des affiches, brochures, vidéos d’information, ainsi qu’un extrait du livre du Dr. Bernard Duperray « Dépistage du cancer du sein-la grande illusion »

Pour les professionnels, la médiathèque propose les cours du Dr. Bernard Duperray, enseignant à la Faculté de Médecine Paris Descartes, au sein du diplôme inter-universitaire de pathologie mammaire, ainsi qu'une bibliothèque de cas cliniques.

En outre, la médiathèque permet l’accès aux articles et communiqués de presse de Cancer Rose ainsi qu’aux présentations réalisées lors des différents événements et conférences en France et à l’international, depuis que l’association a été fondée.

Des liens vers les réseaux sociaux de Cancer Rose et la possibilité de partager tout contenu que vous souhaitez sur votre réseau social préféré, sont présents à tout moment de votre navigation sur la médiathèque.

Bonne visite sur https://cancer-rose.fr/mediatheque/ !

Le collectif Cancer Rose

Cancer Rose est une association à but non lucratif de droit français composée de médecins indépendants, un docteur en toxicologie et une représentante des patientes, dont l'objectif est de fournir aux femmes une information loyale, transparente et objective sur le dépistage de masse du cancer du sein, fondée sur des preuves scientifiques. Les membres de Cancer Rose ne bénéficient d'aucun parrainage, honoraires, soutien financier ou conflit d'intérêt provenant de sources commerciales. Ils consacrent bénévolement leur temps à cette activité. Les fonds nécessaires au fonctionnement de ce site web et à la production de matériel d'information (films éducatifs, brochures, affiches) sont générés par des dons individuels et les contributions des membres.

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